On n'ira pas en justice dans l'affaire Alexis de Sart (22 ans), passé de Saint-Trond à l'Antwerp en juin dernier : le club limbourgeois sera indemnisé. " Nous toucherons environ la moitié de ce à quoi nous aurions pu prétendre en cas de transfert normal ", dit le président David Meekers.
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On n'ira pas en justice dans l'affaire Alexis de Sart (22 ans), passé de Saint-Trond à l'Antwerp en juin dernier : le club limbourgeois sera indemnisé. " Nous toucherons environ la moitié de ce à quoi nous aurions pu prétendre en cas de transfert normal ", dit le président David Meekers. L'hiver dernier, déjà, l'Antwerp s'était intéressé à de Sart. Mais à l'époque, il n'avait pas trouvé d'accord avec Saint-Trond. De Sart ne se tracassait toutefois pas : en principe, son contrat avec le club limbourgeois expirait en juin 2019. Mais en 2017, il avait demandé qu'on insère une option d'un an supplémentaire à l'accord. Il avait ainsi donné à Saint-Trond l'occasion de décider de la prolongation ou non du contrat en 2019. Comme d'habitude, ce n'était pas le joueur qui avait le dernier mot quant à l'application ou non de l'option. Ce choix incombait au club. Fin mars, le STVV saisissait cette opportunité et envoyait une lettre à de Sart pour l'en informer. Un peu plus tard, la bombe éclatait : quand une option est levée, le salaire doit être adapté et le clan de Sart prétendait que les choses n'avaient pas été faites dans les règles. Il contestait également l'usage de la langue dans laquelle la lettre avait été rédigée. Selon le clan de Sart, celle-ci aurait dû être écrite en néerlandais car le siège social de Saint-Trond se trouve en région flamande. Or, pour une meilleure compréhension de la part du joueur, dont la langue maternelle est le français, la lettre avait été rédigée dans la langue de Molière. Le clan de Sart avait saisi cette opportunité pour dire que la levée d'option n'avait aucune valeur juridique et que le contrat prenait donc fin le 30 juin, ce qui signifiait qu'Alexis était libre à dater du 1er juillet. Quelques jours plus tard, De Sart rejoignait l'Antwerp. Le club du Bosuil héritait donc gratuitement d'un joueur qui, quelques mois plus tôt, lui aurait coûté très cher. Beaucoup pensent que le départ forcé de de Sart a été négocié secrètement avec l'Antwerp mais Sven Jaecques, secrétaire général du Matricule 1, dément : " Si on nous attaquait officiellement sur ce point, nous n'aurions aucune difficulté à nous défendre. Nous sommes droits dans nos bottes. " Ce n'est pas la première fois qu'en Belgique, un joueur pro fait fi de son contrat en invoquant des arguments tirés par les cheveux et en sachant qu'un autre club l'attend. C'est même légal. Mais à chaque fois que ça se produit, le système des transferts est remis en cause. Car même s'il obtient une indemnité par le biais d'un recours en justice, le club qui perd le joueur touche toujours moins d'argent que si le transfert s'était fait à la régulière. Même quand les deux clubs finissent par se mettre d'accord, comme l'Antwerp et Saint-Trond l'ont fait. Mais le club acheteur qui a économisé de l'argent peut être victime du même procédé par la suite. Selon Meekers, le président de Saint-Trond, mieux vaut donc que chacun s'abstienne d'avoir recours à de telles pratiques. " Car la plupart des clubs belges sont déficitaires sur le plan structurel et survivent grâce à l'argent des transferts. Nous devons respecter la loi mais nous devons nous montrer raisonnables. " C'est ainsi que les clubs professionnels ont conclu un gentlemen's agreement selon lequel ils n'engageraient plus de joueurs ayant rompu leur contrat sans raison impérieuse. Il s'agit des joueurs faisant appel à la fameuse " loi de 78 ". Mais à plusieurs reprises, on a fait en sorte que des joueurs aient une bonne raison ou semblent avoir une bonne raison de rompre leur contrat. C'est tout un art car le club suivant peut alors dire qu'il n'y est pour rien si le club précédent a commis une erreur et si le joueur est désormais libre. C'est l'attitude qu'adopte l'Antwerp. " Nous avons appelé la fédération ", dit Jaecques. " Elle nous a dit que de Sart était libre et que la discussion concernant cette liberté ne concernait que Saint-Trond et le joueur mais que l'Antwerp ne risquait rien. Si nous ne l'avions pas transféré, un autre club l'aurait fait. " L'été dernier, le gardien Michaël Verrips a également quitté Malines alors qu'il était toujours sous contrat. Il a invoqué la condamnation du club pour corruption comme " raison impérieuse ". À la fin du mois d'août, il y a eu une troisième histoire : celle de Faïz Selemani, à qui des agents de sécurité avaient refusé l'entrée des installations de l'Union Saint-Gilloise lors de l'entraînement du noyau A. " Raison impérieuse ", avait dit le clan Selemani. Quelques jours plus tard, le joueur signait à Courtrai, qui affirmait avoir engagé un joueur libre. Ce n'était pas du goût de l'Union dont le CEO, Philippe Bormans, siège au Conseil d'Administration de la Pro League, l'organe qui rassemble les clubs professionnels. Selon Bormans, Selemani a été téléguidé par Courtrai. Le CEO a demandé à la Pro League comment il pouvait expliquer la situation à Tony Bloom, le propriétaire de l'Union et de Brighton & Hove Albion, qui a versé une somme énorme à Genk pour le transfert de Leandro Trossard. Pourquoi Bloom continuerait-il à investir si les bons joueurs de l'Union peuvent quitter le club gratuitement ? Pourquoi n'utiliserait-il pas les mêmes méthodes pour transférer ? Une question pertinente pour les grands clubs belges qui craignent de perdre leurs joueurs. La Pro League a donc appelé Courtrai et l'Union d'une part, l'Antwerp et Saint-Trond d'autre part à se mettre à table. En acceptant d'indemniser Saint-Trond, l'Antwerp donne l'impression de reconnaître ses torts. Mais selon Jaecques, il s'agit d'une conclusion erronée. " Nous faisons cela dans l'intérêt général. Le football belge a beaucoup souffert l'année dernière. Nous devons nous unir et présenter une image positive. Nous sommes tristes qu'on nous présente comme les mauvais dans cette histoire alors que nous avons été hyper-corrects. Bien plus corrects qu'il le fallait, même. "