Les six meilleures formations entament les PO1 après un seul dimanche d'interruption. Les années précédentes, elles disposaient de deux semaines de répit, la finale de la coupe s'ajoutant aux matches de l'équipe nationale au terme du championnat régulier. Le G5 est au rendez-vous tandis que l'Antwerp est l'invité spécial, bien qu'on puisse sans doute parler d'un G6.
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Les six meilleures formations entament les PO1 après un seul dimanche d'interruption. Les années précédentes, elles disposaient de deux semaines de répit, la finale de la coupe s'ajoutant aux matches de l'équipe nationale au terme du championnat régulier. Le G5 est au rendez-vous tandis que l'Antwerp est l'invité spécial, bien qu'on puisse sans doute parler d'un G6. Avec un budget de 25 millions, le Great Old est un cran en dessous des ténors, qui disposent d'une enveloppe de 35 à 50 millions, mais il les rattrape à grandes enjambées et il sera encore plus rapide s'il obtient les permis de bâtir nécessaires pour la poursuite des travaux de rénovation du Bosuil cette année. Il pourra alors porter sa capacité à 25.000 places et augmenter son pactole transferts. Jusqu'à présent, l'Antwerp a surtout compté sur la science de Luciano D'Onofrio. À son retour en D1A, il a dépensé environ 2,5 millions en transferts et, cette saison, 3,5 millions. À titre de comparaison, le Club Bruges a dépensé davantage rien que pour l'Iranien KavehRezaei. Le transfert de Dieumerci Mbokani est un exemple de l'art de D'Onofrio. Le 12 juillet, Marc Coucke a twitté une photo de lui avec l'avant, en fin de contrat au Dynamo Kiev. En 2013, Anderlecht avait vendu Dieu aux Ukrainiens. Allait-il revenir à l'écurie ? Non, a démenti le Sporting. Coucke avait croisé Mbokani par hasard à Monaco, sans plus. Six mois plus tard, Fabio Baglio, l'agent de Mbokani, a déclaré qu'en fait, Anderlecht avait refusé Mbokani, libre de transfert. Luc Devroe avait transmis son nom à Hein Vanhaezebrouck mais celui-ci estimait l'avant, âgé de 33 ans, en fin de parcours. Anderlecht s'est rabattu sur IvanSantini. Mbokani a dû être déçu car Anderlecht, avec lequel il a été champion trois fois, est son club, bien plus que le Standard. Et Bruxelles est sa ville. Ses deux enfants y jouent au football et sa famille y est restée quand il était à l'étranger. Les supporters des Rouches le savent, d'ailleurs. Début novembre, quand l'Antwerp a joué à Sclessin, ils ont hué le Congolais à chaque touche de balle, alors qu'ils réservent toujours un bon accueil à JelleVan Damme et à Sinan Bolat. L'avant s'est vengé en forçant un penalty et a lancé Didier Lamkel Ze vers le 0-2. En début d'été, Mbokani, qui avait pris la peine de visiter le club, était encore trop cher pour l'Antwerp. D'Onofrio a patienté. Il cherchait un avant-centre, Mbokani cherchait une équipe, donc ils allaient finir par se mettre d'accord. Le 25 août, un journaliste a vu Mbokani sur le parking du Bosuil, à l'issue du match contre le Cercle. L'avant n'avait pas le temps d'accorder une interview mais il a confirmé avoir trouvé un accord. Il a signé pour un an, devenant le joueur le plus cher du noyau. C'était risqué. Son dernier match à Kiev, une entrée au jeu en finale de la coupe, datait du 9 mai et il n'avait plus été titulaire depuis le 26 novembre 2017. Les doutes d'Hein étaient justifiés. En été, Dieu s'était entraîné avec un préparateur personnel, qui avait mis l'accent sur les efforts brefs et la musculation, deux aspects qui n'étaient pas indispensables. L'Antwerp l'a soumis à un régime d'endurance. Il l'a aligné progressivement et ne l'a titularisé que fin septembre, contre Gand. Mbokani a d'emblée marqué. Il avait changé. Après cinq années à l'étranger, à Kiev mais aussi à Norwich et à Hull, il n'avait plus ou pas encore assez de vitesse pour jouer en profondeur. Poser un diagnostic précis n'est pas évident. Si on passe sa saison en revue, entraînements y compris, on relève surtout beaucoup d'absences. Une maladie, une blessure au genou, des problèmes administratifs, il y a toujours eu quelque chose. Pourtant, il est subitement devenu crucial. Comme... passeur. C'est que les alternatives avaient échoué. Jonathan Bolingi, son compatriote, a joué en pointe lors des huit premiers matches. L'ancien avant de Mouscron, travailleur, avait inscrit six buts en huit matches dans le Hainaut mais à l'Antwerp, il n'a plus trouvé le chemin des filets. Bilan : zéro but, un assist. Il a achevé le championnat régulier avec deux buts. Mbokani a marqué, certes moins qu'au Standard et à Anderlecht, mais il a aussi délivré des assists : respectivement huit et sept. À une certaine période, il a été impliqué dans tous les buts de l'Antwerp mais en conservant le ballon plutôt qu'en marquant, permettant ainsi aux autres de s'infiltrer. Patrick Goots assiste quasiment à tous les matches de l'Antwerp. L'ancien avant anversois qualifie Mbokani et LiorRefaelov de meilleurs joueurs de l'Antwerp cette saison. " Parce que Mbokani a un rôle difficile. Il est souvent isolé. Les flancs ne l'approvisionnent pas car ils travaillent beaucoup et se replient très bas. " Goots pense que Mbokani présenterait de meilleures statistiques si les flancs étaient plus offensifs. " IvoRodrigues devrait pouvoir lui délivrer de bonnes passes. Pour le moment, elles viennent surtout de SimenJuklerod, qui m'a paru fatigué ces derniers temps, comme Refaelov. Je comprends d'ailleurs pourquoi l'Antwerp a cherché des ailiers rapides en hiver. " Si l'Antwerp veut réaliser quelque chose en PO1 - le Bosuil rêve de l'Europe -, il dépendra de Mbokani. " En mars, je serai à 100% ", a répété celui-ci tout l'automne. Malheureusement, une blessure au genou le handicape depuis des semaines. Il a été convoqué en équipe nationale la semaine dernière, pour la première fois depuis janvier 2017, mais il est resté chez lui. Le staff médical l'a obligé à se reposer et à effectuer sa revalidation. Donc, vendredi, il ne sera pas à 100%. Il ne disputera pas non plus de duels avec Christian Luyindama, comme en novembre, puisque celui-ci est en Turquie, un pays avec lequel Mbokani flirte régulièrement. Les huées le laisseront indifférent. Dieu répond toujours présent aux grands rendez-vous. Sclessin est prévenu. Goots : " Si l'Antwerp veut représenter quelque chose, Mbokani devra faire la différence car il n'y a personne d'autre. " Et ensuite ? L'Antwerp souhaite qu'il prolonge son contrat mais Mbokani attend. Il aime Bruxelles comme le projet de l'Antwerp mais réussir un ultime gros transfert à 33 ans est toujours intéressant.