Vince The Prince est de retour dans la maison mauve, sa maison. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la nouvelle a surpris tout le monde. Si l'on savait l'avenir de Kompany incertain du côté de City, aucune information n'avait fuité dans la presse, aussi bien francophone que néerlandophone, quant à un éventuel retour au Parc Astrid, et encore moins sous cette forme.

Le timing parfait

L'annonce tombe à pic pour redorer un blason mauve bien pâle. On en oublierait presque que le Sporting ne disputera pas de compétition européenne l'année prochaine. Une première depuis... 55 ans. Une catastrophe sportive camouflée par le retour tonitruant de l'enfant prodige : le timing choisi par Coucke est tout simplement parfait.

Un secret bien gardé

Le premier succès de Marc Coucke réside déjà dans ceci : avoir réussi à concrétiser ce retour trois étoiles dans le secret le plus total. Outre l'effet d'annonce qui pourrait réconcilier le président et ses supporters, Coucke et sa direction ont eu le temps de bâtir un projet en coulisse, sans aucune perturbation extérieure. "On a travaillé de façon très intense pendant des mois. On a parlé entre nous, avec Vincent. On a un projet très clair en tête. On y croit énormément. Vincent y croit énormément, sinon il ne serait pas revenu. Il faudra maintenant transférer cette théorie en pratique", déclarait le président anderlechtois au micro de la Pro League. Ce n'est donc pas qu'un coup de génie marketing, mais aussi, à en croire Marc Coucke et Michael Verschueren, un vrai projet à long terme.

Un rôle qui interpelle

Reste à savoir comment ce rôle de "joueur-entraîneur" va se mettre en place. "Il déterminera la tactique de l'équipe, il déterminera ceux qui jouent", expliquait Michael Verschueren. "Mais quand il est sur le terrain, il fera appel à un entraîneur qui vient avec lui et qui fait le coaching. C'est un peu 'out of the box' mais je pense que le Sporting a besoin de se renouveler et c'est le premier pas. Il a le sang mauve, il a envie que ce club redevienne ce qu'il était avant". Pour les détails et la pratique, on repassera. "Au moment venu, les responsables sportifs, avec Vincent, donneront leurs explications", tempérait Marc Coucke.

Ce qui est sûr, c'est que ce rôle, rarissime dans le milieu professionnel, risque d'interloquer toute la planète foot. Et c'est peut-être sur ce point qu'Anderlecht ne s'est pas facilité la tâche. Le retour de Kompany, super star mondiale, dans le "petit" championnat belge aurait déjà fait du bruit en tant que simple joueur. Avec cette fonction supplémentaire de manager, la direction anderlechtoise, qui faisait déjà face à des soucis de clarté dans son organigramme, sera clairement attendue au tournant. Le désormais ancien capitaine de City n'a lui non plus pas choisi la simplicité en acceptant ce défi. "On peut vraiment le remercier", insistait Marc Coucke. "D'autres pistes plus simples se présentaient à lui". Le challenge est de fait immense pour Kompany, lui qui aurait pu arrêter au sommet à Manchester. Au lieu de ça, il revient en force à Anderlecht, avec un double-rôle inédit. Et sera forcément scruté de toutes parts.

Qui pour être T1?

Vincent Kompany sera donc accompagné d'un T1 "classique". Certains fans fantasment sur une arrivée de Thierry Henry. On jugera la piste très peu probable. Plus réaliste : une information de la Dh évoque la signature de Simon Davies, 45 ans et actuel responsable du coaching à l'Académie de Manchester City. On peut en tout cas supposer que la direction anderlechtoise annoncera le futur T1 aussitôt que possible.

Car la réjouissance des supporters bruxellois fait tout doucement place à plusieurs interrogations sur le rôle concret qu'occupera Kompany. A quels niveaux de pouvoirs se placera-t-il par rapport à son T1, son T2, voire son T3. Aura-t-il son mot à dire dans la direction sportive ? Les rôles de Zetterberg et Arnesen vont-ils être bousculés ? Le plan de la maison mauve semble défini en coulisse. On attend la pratique.