L'académie qui t'a appris à jouer s'appelle The right to dream. Que penses-tu de ce genre de formations ? Permettent-elles de réaliser des rêves ?

KAMAL SOWAH : J'y ai connu de bons jours, mais aussi des mauvais. Difficiles. Je figurais parmi les cinq joueurs qui avaient réussi la procédure de sélection entre des milliers de footballeurs. C'était le bon côté. Le revers, c'est que les propriétaires m'ont fait subir des choses difficilement acceptables. Elles allaient à l'encontre de mes valeurs. Il y a aussi un côté sombre à cette vie. Tu es encore un enfant et si tu n'as pas développé un solide instinct de survie et que tu ne conserves pas ton focus, tu risques de dérailler. Je n'oserais pas dire qu'ils m'ont aidé à arriver là j'en suis. Beaucoup de gens ne connaissent pas ce côté sombre, la manière dont nous sommes parfois traités, les punitions. On nous interdisait de nous servir du téléphone en semaine et je ne pouvais donc pas appeler à la maison. Parfois, nous étions battus. Je n'étais pas le plus facile, je n'hésitais pas à dire non, à m'opposer à eux, ce qui m'a valu des problèmes.

L'académie est maintenant aux mains du groupe de City, ai-je lu.

SOWAH : Non. L'accord de collaboration a été rompu depuis. Le propriétaire de l'académie possède un club danois, Nordsjaelland.

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Beaucoup de footballeurs ghanéens émigrent en Scandinavie. Vous pousse-t-on dans cette direction ?

SOWAH : Oui. C'était d'ailleurs leur plan. Un certain temps, ils n'ont plus cru en moi. J'ai ensuite joué quelques tournois et ils ont changé d'avis. Ils m'ont ensuite obligé à signer un contrat avant que je me produise pour l'équipe nationale U17. J'ai dit non, je n'ai pas besoin de contrat pour jouer en équipe nationale. Les problèmes ont commencé. Ils ont voulu me caser à Nordjsaelland. J'ai refusé. Ils m'ont menacé : si je n'acceptais pas, nous ne pouvions pas poursuivre notre collaboration. J'ai été suspendu un certain temps et n'ai plus pu m'entraîner avec le groupe. Heureusement, des délégués de Leicester, contre lequel nous avions joué en Angleterre, m'avaient remarqué et tout s'est arrangé. D'autre part, la formation était vraiment très bonne. Et on ne m'abat pas facilement. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants et j'estime que leurs méthodes ne sont pas acceptables avec des enfants de huit ou dix ans.

Imagine que tu ne sois pas devenu footballeur. Quels étaient les projets de ta mère pour toi ?

SOWAH : Médecin ou quelque chose du genre. Elle voulait que j'aille aux États-Unis pour y étudier, mais c'était bien la dernière chose à laquelle je pensais. Je voulais devenir footballeur. À l'époque, le Barça était mon club préféré.

L'académie qui t'a appris à jouer s'appelle The right to dream. Que penses-tu de ce genre de formations ? Permettent-elles de réaliser des rêves ?KAMAL SOWAH : J'y ai connu de bons jours, mais aussi des mauvais. Difficiles. Je figurais parmi les cinq joueurs qui avaient réussi la procédure de sélection entre des milliers de footballeurs. C'était le bon côté. Le revers, c'est que les propriétaires m'ont fait subir des choses difficilement acceptables. Elles allaient à l'encontre de mes valeurs. Il y a aussi un côté sombre à cette vie. Tu es encore un enfant et si tu n'as pas développé un solide instinct de survie et que tu ne conserves pas ton focus, tu risques de dérailler. Je n'oserais pas dire qu'ils m'ont aidé à arriver là j'en suis. Beaucoup de gens ne connaissent pas ce côté sombre, la manière dont nous sommes parfois traités, les punitions. On nous interdisait de nous servir du téléphone en semaine et je ne pouvais donc pas appeler à la maison. Parfois, nous étions battus. Je n'étais pas le plus facile, je n'hésitais pas à dire non, à m'opposer à eux, ce qui m'a valu des problèmes.L'académie est maintenant aux mains du groupe de City, ai-je lu.SOWAH : Non. L'accord de collaboration a été rompu depuis. Le propriétaire de l'académie possède un club danois, Nordsjaelland.Beaucoup de footballeurs ghanéens émigrent en Scandinavie. Vous pousse-t-on dans cette direction ?SOWAH : Oui. C'était d'ailleurs leur plan. Un certain temps, ils n'ont plus cru en moi. J'ai ensuite joué quelques tournois et ils ont changé d'avis. Ils m'ont ensuite obligé à signer un contrat avant que je me produise pour l'équipe nationale U17. J'ai dit non, je n'ai pas besoin de contrat pour jouer en équipe nationale. Les problèmes ont commencé. Ils ont voulu me caser à Nordjsaelland. J'ai refusé. Ils m'ont menacé : si je n'acceptais pas, nous ne pouvions pas poursuivre notre collaboration. J'ai été suspendu un certain temps et n'ai plus pu m'entraîner avec le groupe. Heureusement, des délégués de Leicester, contre lequel nous avions joué en Angleterre, m'avaient remarqué et tout s'est arrangé. D'autre part, la formation était vraiment très bonne. Et on ne m'abat pas facilement. Mais ce n'est pas le cas de tous les enfants et j'estime que leurs méthodes ne sont pas acceptables avec des enfants de huit ou dix ans.Imagine que tu ne sois pas devenu footballeur. Quels étaient les projets de ta mère pour toi ?SOWAH : Médecin ou quelque chose du genre. Elle voulait que j'aille aux États-Unis pour y étudier, mais c'était bien la dernière chose à laquelle je pensais. Je voulais devenir footballeur. À l'époque, le Barça était mon club préféré.