Rattrapées par leur réalité, mais porteuses d'un certain espoir. Telles apparaissaient les Red Flames au soir d'une défaite face à l'Allemagne, fin février. Une rencontre amicale, certes, mais qui avaient confirmé l'écart qui sépare encore une nation ancrée dans le subtop européen du gratin continental : trop courtes physiquement, techniquement et mentalement, les Belges étaient revenues dans leurs pénates la tête basse, mais avec des enseignements plein le cerveau.

Moins de deux mois plus tard, c'est la redoutable Norvège, sixième meilleure nation européenne au classement FIFA et quart de finaliste au Mondial 2019, qui s'apprête à déposer ses valises en Belgique pour livrer bataille au stade Roi Baudouin. Un pays qui rappelle de bons souvenirs aux Belges, qui avaient gratté leur première victoire en tournoi international, à l'EURO 2017, en battant les Scandinaves 2-0 à Breda.

Si elle a perdu de sa superbe (championne du monde 95, double championne d'Europe en 87 et 93), la Norvège n'en reste pas moins un grand nom du foot féminin. Et ce même en l'absence de la défenseuse et capitaine Maren Mjelde (Chelsea, blessée) et d'Ada Hegerberg, première Ballon d'Or de l'histoire. Toujours en convalescence, l'attaquante de Lyon boycottera la sélection tant que le traitement ne sera pas totalement égalitaire entre les hommes et les femmes (et on ne parle par que des primes, qui sont équivalentes entre les équipes féminines et masculines).

"On a vu qu'il y a encore un gros écart avec les grandes nations. C'est pour ça qu'on a voulu jouer contre la Norvège. Plus on joue des matches de ce genre, plus on acquiert ce rythme."

Ives Serneels, sélectionneur des Red Flames

"La Norvège se situe à un niveau intermédiaire entre nous et les Pays-Bas et l'Allemagne", explique de son côté Ives Serneels, qui vient d'entamer ses dix ans à la tête de l'équipe nationale. "Physiquement, ce sont des joueuses de taille, fortes et présentes dans les duels. Mais il y a aussi des possibilités dans le jeu pour réaliser quelque chose. Je suis surtout curieux de voir comment on va réagir quand on sera mis sous pression."

C'est notamment au niveau physique que l'on attend les Red Flames, car c'est entre autres sur ce point que la différence avait été criante lors des derniers matches internationaux. "Le rythme est évidemment différent quand on voit dans quels clubs magnifiques les Norvégiennes évoluent (Barcelone, Chelsea, Manchester United, etc., ndlr)", confirme Serneels. "On est dixièmes au ranking FIFA au niveau européen, on a les qualités pour gagner. Mais on a vu qu'il y a encore un gros écart avec les grandes nations. C'est pour ça qu'on a voulu jouer contre la Norvège. Plus on joue des matches de ce genre, plus on acquiert ce rythme."

La clé se situera aussi en attaque, où il s'agira de se montrer plus concrètes face à une défense qui n'a pris qu'un petit but en huit matches éliminatoires pour l'EURO 2022.

Une agent infiltrée

"C'est une équipe qui est meilleure que nous sur papier, soit typiquement le genre de pays que l'on va rencontrer à l'EURO. C'est donc important de l'affronter pour se préparer à cette échéance", complète Justine Vanhaevermaet, qui évolue à Lillestrom, près d'Oslo, depuis 2019.

"C'est vraiment une très belle équipe, avec d'excellentes joueuses. Mais je pense que collectivement, on est plus fortes qu'elles."

Justine Vanhaevermaet

La milieu de terrain de 28 ans, revenue mi-mars en Belgique, n'avait vu que de loin ses équipières se faire douloureusement ramener "les pieds sur terre" (dixit Janice Cayman) par les Néerlandaises et les Allemandes en février dernier. Bloquée en Norvège, très stricte en matière de mesures corona, la joueuse du LSK Kvinner n'a disputé que six rencontres en 2021, dont un huitième de finale aller-retour de Ligue des Champions, perdu contre Wolfsburg. "J'espère compenser avec ma faim de terrain", explique avec le sourire celle qui a suivi un entraînement physique costaud malgré l'absence de compétition. "Je me réjouis vraiment de les affronter en tout cas ! Je suis ces joueuses d'un peu plus près. Là, je vais me mesurer à deux de mes équipières et d'autres contre lesquelles j'ai déjà joué. C'est toujours chouette de rencontrer des amies."

Pas question cependant de faire dans le sentiment dans le chef d'une internationale qui compte bien donner quelques conseils aux autres Flames pour contrecarrer les plans norvégiens. "C'est vraiment une très belle équipe, avec d'excellentes joueuses", poursuit JVH. "Mais je pense que collectivement, on est plus fortes qu'elles. Je pense que si on développe un bon plan de jeu, on a une chance de faire un "truc". On doit toutefois se montrer plus réalistes, plus prudentes, sans pour autant bétonner derrière. On a vu contre la Suisse, une autre belle équipe, qu'on en était capables."

Ça tombe bien, le temps qui sévit actuellement en Belgique est de nature à rappeler cette belle soirée de décembre...

La Norvège, ce lièvre idéal

Autant il est difficile de se comparer à l'Allemagne, la France ou l'Angleterre et leurs dizaines de millions d'habitants, autant il est presque frustrant de voir la Norvège, pays peuplé de 5,5 millions de personnes à peine, avoir autant d'avance sur la Belgique. "C'est un pays plus sensible à l'égalité hommes-femmes, déjà, mais c'est d'abord leur histoire et leur culture du foot féminin qui font qu'ils ont cette avance", explique Justine Vanhaevermaet. "Ils ont eu de super résultats il y a une vingtaine d'années. À ce moment-là, plein de jeunes filles s'y sont mises. Là-bas, c'est normal pour les fillettes de cinq ou six ans de jouer au foot. Ça commence seulement à venir en Belgique."

Résultat, le pays dispose aujourd'hui d'un championnat de bonne facture où certaines équipes, dont le LSK de Vanhaevermaet, sont 100% pros et d'une présence respectable en Ligue des Champions féminine. "La Norvège, c'est une étape idéale avant une compétition comme l'Angleterre ou l'Espagne", sourit l'ambitieuse médiane. "Et je pense que d'ici quelques années, on va les dépasser. Je suis très confiante à ce propos. Car l'organisation avec la fédération est meilleure que la leur." Ambitieuse, écrivions-nous donc...

Rattrapées par leur réalité, mais porteuses d'un certain espoir. Telles apparaissaient les Red Flames au soir d'une défaite face à l'Allemagne, fin février. Une rencontre amicale, certes, mais qui avaient confirmé l'écart qui sépare encore une nation ancrée dans le subtop européen du gratin continental : trop courtes physiquement, techniquement et mentalement, les Belges étaient revenues dans leurs pénates la tête basse, mais avec des enseignements plein le cerveau. Moins de deux mois plus tard, c'est la redoutable Norvège, sixième meilleure nation européenne au classement FIFA et quart de finaliste au Mondial 2019, qui s'apprête à déposer ses valises en Belgique pour livrer bataille au stade Roi Baudouin. Un pays qui rappelle de bons souvenirs aux Belges, qui avaient gratté leur première victoire en tournoi international, à l'EURO 2017, en battant les Scandinaves 2-0 à Breda.Si elle a perdu de sa superbe (championne du monde 95, double championne d'Europe en 87 et 93), la Norvège n'en reste pas moins un grand nom du foot féminin. Et ce même en l'absence de la défenseuse et capitaine Maren Mjelde (Chelsea, blessée) et d'Ada Hegerberg, première Ballon d'Or de l'histoire. Toujours en convalescence, l'attaquante de Lyon boycottera la sélection tant que le traitement ne sera pas totalement égalitaire entre les hommes et les femmes (et on ne parle par que des primes, qui sont équivalentes entre les équipes féminines et masculines). "La Norvège se situe à un niveau intermédiaire entre nous et les Pays-Bas et l'Allemagne", explique de son côté Ives Serneels, qui vient d'entamer ses dix ans à la tête de l'équipe nationale. "Physiquement, ce sont des joueuses de taille, fortes et présentes dans les duels. Mais il y a aussi des possibilités dans le jeu pour réaliser quelque chose. Je suis surtout curieux de voir comment on va réagir quand on sera mis sous pression."C'est notamment au niveau physique que l'on attend les Red Flames, car c'est entre autres sur ce point que la différence avait été criante lors des derniers matches internationaux. "Le rythme est évidemment différent quand on voit dans quels clubs magnifiques les Norvégiennes évoluent (Barcelone, Chelsea, Manchester United, etc., ndlr)", confirme Serneels. "On est dixièmes au ranking FIFA au niveau européen, on a les qualités pour gagner. Mais on a vu qu'il y a encore un gros écart avec les grandes nations. C'est pour ça qu'on a voulu jouer contre la Norvège. Plus on joue des matches de ce genre, plus on acquiert ce rythme." La clé se situera aussi en attaque, où il s'agira de se montrer plus concrètes face à une défense qui n'a pris qu'un petit but en huit matches éliminatoires pour l'EURO 2022."C'est une équipe qui est meilleure que nous sur papier, soit typiquement le genre de pays que l'on va rencontrer à l'EURO. C'est donc important de l'affronter pour se préparer à cette échéance", complète Justine Vanhaevermaet, qui évolue à Lillestrom, près d'Oslo, depuis 2019. La milieu de terrain de 28 ans, revenue mi-mars en Belgique, n'avait vu que de loin ses équipières se faire douloureusement ramener "les pieds sur terre" (dixit Janice Cayman) par les Néerlandaises et les Allemandes en février dernier. Bloquée en Norvège, très stricte en matière de mesures corona, la joueuse du LSK Kvinner n'a disputé que six rencontres en 2021, dont un huitième de finale aller-retour de Ligue des Champions, perdu contre Wolfsburg. "J'espère compenser avec ma faim de terrain", explique avec le sourire celle qui a suivi un entraînement physique costaud malgré l'absence de compétition. "Je me réjouis vraiment de les affronter en tout cas ! Je suis ces joueuses d'un peu plus près. Là, je vais me mesurer à deux de mes équipières et d'autres contre lesquelles j'ai déjà joué. C'est toujours chouette de rencontrer des amies."Pas question cependant de faire dans le sentiment dans le chef d'une internationale qui compte bien donner quelques conseils aux autres Flames pour contrecarrer les plans norvégiens. "C'est vraiment une très belle équipe, avec d'excellentes joueuses", poursuit JVH. "Mais je pense que collectivement, on est plus fortes qu'elles. Je pense que si on développe un bon plan de jeu, on a une chance de faire un "truc". On doit toutefois se montrer plus réalistes, plus prudentes, sans pour autant bétonner derrière. On a vu contre la Suisse, une autre belle équipe, qu'on en était capables."Ça tombe bien, le temps qui sévit actuellement en Belgique est de nature à rappeler cette belle soirée de décembre...