Anderlecht

Jeudi dernier, on a trouvé quelques voitures sur le parking du centre d'entraînement. Dont celles de quelques ouvriers soignant les terrains. Un peu plus loin, vers les étangs, on distinguait des joggeurs et des promeneurs.
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Jeudi dernier, on a trouvé quelques voitures sur le parking du centre d'entraînement. Dont celles de quelques ouvriers soignant les terrains. Un peu plus loin, vers les étangs, on distinguait des joggeurs et des promeneurs. Anderlecht a été le premier club belge à renvoyer ses joueurs, sur proposition de Vincent Kompany et Franky Vercauteren. Ils se sont entraînés en petits groupes et en utilisant des vestiaires séparés jusqu'au 14 mars. Entre-temps, quelques étrangers sont retournés au pays, d'autres n'ont pas pu passer les frontières. Ils ont tous reçu un programme individuel, mais pas de paquets nourriture. Au début de cette semaine, une grande partie du personnel a été mise en chômage économique. Un accord était en discussion avec les joueurs et la direction. David Steegen, le responsable de la communication, travaille depuis son domicile. " Il y a chaque jour des réunions par vidéoconférence ou sur des groupes WhatsApp. " Il reste en contact avec les supporters via le site officiel du RSCA. Au Bosuil, il n'est pas encore question de chômage économique. Le travail ne manque pas, avec l'aménagement d'une nouvelle tribune. Il y a aussi de nouveaux accords commerciaux à finaliser. À l'Antwerp, on se veut philosophe quand on signale que le mois de juin, qui est traditionnellement la période sans rentrées, est avancé au mois d'avril. Et personne ne peut prédire comment ça va se passer en mai. On s'est rendu au Jan Breydel mercredi dernier, dix jours après le dernier match à domicile. Un ouvrier de la ville était occupé à vider les poubelles. Là aussi, tout s'est arrêté subitement après l'officialisation du sauvetage en D1A. Sauf les négociations concernant une prolongation de Bernd Storck. Le 13 mars, tous les joueurs du noyau pro et les Espoirs ont été renvoyés chez eux après la contamination au coronavirus d'un membre du staff médical. Miguel Van Damme, le gardien touché par un cancer qui passait beaucoup de temps à la salle de fitness du club, a été prié de rester chez lui. Une éclaircie dans la grisaille ambiante pour lui : il a reçu un nouveau contrat. Les grilles du centre d'entraînement à Marcinelle sont fermées. Il n'y a plus qu'une personne dans le stade : Nadine, la concierge, qui y vit à temps plein. Les joueurs suivent leur programme individualisé chez eux. Certains s'entraînent dans la rue, comme le jeune Ken Nkuba, qui a posté ses entraînements à intervalles sur Instagram. À Knokke, où se trouve le centre d'entraînement, le lockdown a été imposé plus tôt que partout ailleurs par le bourgmestre. Mais en début de semaine passée, des joueurs du Club continuaient à s'y entraîner - uniquement les joueurs directement concernés par l'équipe première. Des entraînements à huis-clos, sans qu'aucun repas ne soit préparé. Ceux qui le souhaitaient pouvaient commander un repas et le reprendre à la maison. Le bourgmestre aurait voulu interdire ces entraînements, mais le Club interprétait le règlement autrement : il ne s'agissait pas d'une activité récréative, mais d'une activité professionnelle. Puis, mercredi passé, tout le monde a été renvoyé à la maison. On en profite pour travailler sur des dossiers en cours : des partenariats à renouveler, des budgets à ficeler, un nouveau site web. Dans la mesure du possible, le personnel travaille à domicile. Un bureau est disponible dans le centre-ville. Au stade, il n'y a que la personne chargée de l'entretien du terrain. Les joueurs étrangers ne peuvent pas quitter la Belgique. Les entraîneurs d'équipes d'âge et une partie du personnel administratif sont en chômage économique. Après l'entraînement du vendredi 13, les joueurs ont reçu une semaine de congé. C'était de toute façon prévu, indépendamment du coronavirus. La priorité est de maintenir l'emploi des 110 employés. Tout le monde fait du télétravail, il n'y a personne au club. La cuisine aussi est fermée, les joueurs doivent se débrouiller pour leurs repas. On a demandé aux étrangers de rester en Belgique. Il n'est pas compliqué pour les pros de trouver des endroits pour courir ou faire du vélo, pas très loin du stade. Il y a des forêts et les Hautes Fagnes toutes proches. Le site de la Ghelamco Arena est désert, à part au point d'enlèvement du magasin Albert Heijn. Par contre, à l'intérieur du commerce, c'est très calme. Le personnel d'entretien du terrain continue à travailler. La dernière réunion s'est tenue mercredi passé. Entre-temps, près de quarante des 120 employés ont été mis au chômage technique. Le reste du personnel du club travaille à domicile, joueurs compris. " Cinq ou six personnes viennent chaque jour pour une demi-journée, seulement des personnes qui ont des responsabilités importantes ", dit Michel Louwagie. " On travaille dans des bureaux séparés. Le but est que le club continue à tourner. " Les joueurs étrangers sont restés en Belgique, tout le monde a reçu un programme individuel. Le dernier comité de direction s'est tenu le lundi 16 mars. Huit personnes dans une grande salle, séparées par des distances respectables. Entre-temps, tout le monde est passé au télétravail. Le club a interdit aux joueurs étrangers de rentrer chez eux. Mais ils sont accompagnés par un coach mental et peuvent commander des plateaux repas au stade. Depuis cette semaine, une partie du personnel est en chômage économique. Mais pas les joueurs. Les bureaux sont fermés, chaque joueur a reçu un programme. Le club a proposé des plateaux repas mais peu de joueurs y ont recours. Les Néerlandais sont rentrés chez eux, les Français Clément Tainmont et Thibaut Peyre sont restés ici. " La plus grande partie du personnel administratif - sept ou huit personnes - a été mise au chômage ", nous dit Paul Allaerts, qui fait aussi du télétravail. " Chaque jour, il y a une personne présente au stade pour assurer une permanence, réceptionner le courrier notamment. Les joueurs étrangers ont reçu la permission de rentrer chez eux. Ce n'est pas un souci pour ceux qui sont originaires de l'espace Schengen. Les entraîneurs sont retournés en Allemagne, Jean Butez est reparti à Lille. Ils doivent simplement veiller à pouvoir revenir dès que les entraînements reprendront. Ceux qui n'avaient pas la garantie de pouvoir le faire ont dû rester en Belgique. Pour le moment, les contrats des joueurs continuent à courir normalement. On attend des instructions de la Pro League. " Il y a, au stade, une permanence assurée par deux personnes. Le reste du personnel fait du télétravail. Le fanshop est fermé, mais il est possible de commander en ligne, avec une ristourne de 20 %. Au centre d'entraînement, c'est le calme plat. Les entreprises installées sur le site du stade sont en service minimum. Tous les employés du club travaillent depuis leur domicile. " Le numéro de téléphone général a été désactivé, ce qui permet de ne pas devoir mettre quelqu'un au secrétariat ", nous explique le responsable de la communication, Fiorenzo Mostien. " On répond aux demandes par mail. On a demandé aux joueurs étrangers de rester ici. Par exemple, Pol Garcia aurait voulu rentrer en Espagne, mais ce n'était pas une bonne idée. Il faut se protéger soi-même mais aussi protéger les autres. " Les joueurs ont reçu un programme individuel, contrôlé de près par le staff technique. " On voit facilement qui s'entraîne ou pas. " Les joueurs ont reçu un programme individuel mercredi dernier. Les joueurs étrangers restent en Belgique. Plusieurs joueurs ont tourné un clip qui a été mis sur les médias sociaux du club, avec le message Stay at home. Dès le début de la semaine passée, une bonne partie du personnel a été mis au chômage. Le Job Day prévu le 27 mars a été reprogrammé au 13 novembre. Les employés (à l'exception des joueurs) ont été avertis par le président mardi de la semaine passée qu'ils étaient mis au chômage technique. À l'heure de boucler ce dossier, le club s'interrogeait sur la possibilité d'étendre la mesure aux joueurs. Les étrangers qui en avaient la possibilité ont reçu la permission de regagner leur pays. Ceux qui viennent des Balkans ont décliné après avoir appris que s'ils repartaient, ils devraient d'abord passer par une période de quarantaine. Alexis Gamboa est rentré au Costa Rica. Après le dernier entraînement mardi passé en groupes de six, le club a renvoyé tout le monde, un jour avant l'obligation. De nombreux étrangers sont vite repartis chez eux. Les Français ont réussi à passer la frontière avant la fermeture. Cyle Larin est rentré au Canada avec sa copine enceinte, Saido Berahino est reparti en Angleterre, Omar Govea au Mexique, Nikos Kainourgios en Grèce, Gideon Mensah au Ghana, et Eike Bansen en Allemagne. Ils ont, pour la plupart, réglé eux-mêmes leur voyage. Le club a adapté les whereabouts des joueurs en signalant que les entraînements étaient suspendus et que les étrangers n'étaient plus ici. Le préparateur physique suit chaque jour les joueurs à distance, via un programme en ligne. Il est aussi en relation avec eux via WhatsApp et leur donne des conseils alimentaires. Presque tous les membres du personnel sont au chômage, staff compris. Les boissons qui avaient été commandées pour le match contre le Standard (on attendait 10.000 personnes) ont été renvoyées au fournisseur. Tous les appareils électriques du stade ont été mis à l'arrêt, par mesure d'économie.