Au lendemain du 17e titre du Club Bruges, acquis sur la pelouse d'Anderlecht, ses dirigeants sont revenus à l'ordre du jour. C'est comme ça, au Club: on ne s'attarde jamais trop longtemps sur le passé, on préfère préparer l'avenir. Une question va dominer les prochaines semaines: Philippe Clement va-t-il rester? Le coach lui-même affirme que Bruges est le club de son coeur, mais il est préférable de nuancer ce genre de déclarations. Les entraîneurs aussi pensent à eux et aux opportunités qui se présentent.
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Au lendemain du 17e titre du Club Bruges, acquis sur la pelouse d'Anderlecht, ses dirigeants sont revenus à l'ordre du jour. C'est comme ça, au Club: on ne s'attarde jamais trop longtemps sur le passé, on préfère préparer l'avenir. Une question va dominer les prochaines semaines: Philippe Clement va-t-il rester? Le coach lui-même affirme que Bruges est le club de son coeur, mais il est préférable de nuancer ce genre de déclarations. Les entraîneurs aussi pensent à eux et aux opportunités qui se présentent. Cette saison, Clement a eu une part importante dans le succès du Club. Il a préservé la sérénité du groupe, y compris ces dernières semaines, quand des frictions sont apparues dans le vestiaire. Il a opéré les bons choix tactiques. Comme le fait de reléguer provisoirement Hans Vanaken sur le banc, par exemple. Beaucoup n'ont pas compris cette manoeuvre, mais elle a eu le don de chatouiller l'orgueil du médian. Clement a ensuite refusé qu'on lui donne raison, affichant ainsi sa modestie habituelle. Même sans lui, le Club ne va pas s'effondrer. Moins d'une demi-heure après le coup de sifflet final à Anderlecht, le président Bart Verhaeghe, interrogé à ce propos, a rétorqué qu'il serait champion avec un autre coach aussi. C'est là que réside la force du Club Bruges: il a mis en place une telle structure que nul n'est irremplaçable. Y compris sur le terrain. On ne parle déjà plus du départ de Krepin Diatta, notamment parce que le Club avait déjà réalisé le transfert de l'année avec Noa Lang. Jeudi soir, le Club a fêté son titre comme une délivrance, ce qui prouve qu'il a vécu les semaines précédentes sous un stress intense. La tension était palpable à tous les étages. Il n'en est pas moins impardonnable qu'au beau milieu des festivités, les joueurs aient comme beaucoup de supporters bafoué les mesures Covid, alors que le Club en a justement payé le prix fort. C'est en effet la pandémie qui a cassé son rythme et mis plusieurs joueurs sur la touche. Comme Noa Lang, qui s'est égaré dans l'euphorie de la victoire et a proféré des propos intolérables. Un comportement qui ne convient pas à un club qui s'attache toujours à adopter une attitude digne. Ce championnat s'est donc achevé dimanche soir. Son fil rouge? Un interminable feuilleton dont les entraîneurs ont été les principaux acteurs. Genk a mérité sa deuxième place. C'est lui qui a développé le meilleur football durant ces play-offs, sous la direction d'un John van den Brom qui pense toujours en termes offensifs, mais qui va sans doute bientôt devoir revoir ses schémas, s'il perd son meilleur buteur, Paul Onachu. C'est le lot de tous les coaches. La Belgique reste une étape intermédiaire, encore plus pour les joueurs étrangers. Genk a la chance de pouvoir compter sur Dimitri de Condé, un homme qui a l'art de repérer les talents aux quatre coins du globe. Anderlecht a également besoin de renforts s'il veut poursuivre son développement, et se retrouvera probablement privé d'un Lukas Nmecha dont le prêt arrive à son terme. Vincent Kompany, qui a souvent fait impression par la clarté de ses analyses à l'issue des matches, a certainement beaucoup appris ces dernières semaines et revu ses copies parfois trop romantiques. Quel sera l'avenir de l'Antwerp, après le départ de Luciano D'Onofrio? Frank Vercauteren et son football ultra-réaliste sont-ils compatibles avec l'ambition du club? L'été footballistique sera relativement court. Plusieurs clubs de l'élite auront repris du collier au moment du coup d'envoi de l'EURO. Le grand manège ne s'arrête jamais vraiment. Y compris pour la rédaction de votre magazine préféré, qui vous proposera un numéro Spécial EURO de 156 pages la semaine prochaine. Le guide d'un tournoi durant lequel les Diables rouges vont tenter d'écrire une page d'histoire.