Tu as été encensé quand Romelu jouait au Sporting mais le ton a changé après son départ. Pourquoi ?

Parce que le football, c'est du business. Je n'ai pu rejoindre le Lierse et Anderlecht que parce qu'ils voulaient Romelu. Je n'ai pas une mauvaise opinion de moi-même mais je dis les choses telles qu'elles sont. Celui qui voulait Romelu devait prendre Jordan aussi. C'est un peu comme acheter un Bic et recevoir un crayon en plus. Je l'ai rapidement compris.

Ce n'était pas un problème avec les jeunes du Lierse mais j'ai calé en U13 d'Anderlecht. Je n'étais pas assez bon. J'ai été ridiculisé lors du premier entraînement. Le rythme était trop soutenu, je n'étais nulle part sur le plan technique. A douze ans, c'est très démoralisant. Les autres ont rigolé de moi. En plus, l'équipe était bonne : Junior Malanda, Adnan Januzaj, Seydina Diarra, Tika Musonda et Lumanza Lembi, qui joue à Saint-Trond mais qui était alors considéré comme le plus grand talent d'Anderlecht. On parlait plus de Lumanza que de Romelu mais nous avions l'avantage d'être encadrés de manière fantastique, par nos parents, par Peter Smeets, du projet Purple Talents, par le club...

Quand as-tu eu le sentiment d'être assez bon ?

À la fin de la première saison, nous avons gagné la finale du tournoi de Bierbeek, notamment grâce à un beau solo de ma part. J'ai gagné en assurance et j'ai progressé. J'ai compris à 14 ans que je pouvais réussir en football. Avant, je pensais ne pas être suffisamment bon pour devenir professionnel.

Aurais-tu joué à Anderlecht si tu t'étais appelé Vandenbroucke ?
Non. Mieux même : je ne voulais pas jouer. La plupart des enfants commencent à cinq ou six ans, moi j'ai débuté à huit ans. Le football ne m'intéressait pas : je voulais devenir coureur de fond. Ma mère croyait en moi et sans elle, je ne jouerais sans doute plus. Je n'ai pas pu rester au Lierse. J'ai dû accompagner Romelu à Anderlecht. C'est peut-être de là que vient mon attitude nonchalante : "Vous ne me voulez pas, c'est Romelu que vous voulez. Donc, peu importe ce que je fais." Je l'ai senti. Quand j'ai compris que je pouvais réussir, j'ai abandonné l'école. Je dois dire que mes parents n'en étaient absolument pas enchantés.

L'intégralité des confessions de Jordan Lukaku dans votre Sport/Foot Mag.

Tu as été encensé quand Romelu jouait au Sporting mais le ton a changé après son départ. Pourquoi ? Parce que le football, c'est du business. Je n'ai pu rejoindre le Lierse et Anderlecht que parce qu'ils voulaient Romelu. Je n'ai pas une mauvaise opinion de moi-même mais je dis les choses telles qu'elles sont. Celui qui voulait Romelu devait prendre Jordan aussi. C'est un peu comme acheter un Bic et recevoir un crayon en plus. Je l'ai rapidement compris. Ce n'était pas un problème avec les jeunes du Lierse mais j'ai calé en U13 d'Anderlecht. Je n'étais pas assez bon. J'ai été ridiculisé lors du premier entraînement. Le rythme était trop soutenu, je n'étais nulle part sur le plan technique. A douze ans, c'est très démoralisant. Les autres ont rigolé de moi. En plus, l'équipe était bonne : Junior Malanda, Adnan Januzaj, Seydina Diarra, Tika Musonda et Lumanza Lembi, qui joue à Saint-Trond mais qui était alors considéré comme le plus grand talent d'Anderlecht. On parlait plus de Lumanza que de Romelu mais nous avions l'avantage d'être encadrés de manière fantastique, par nos parents, par Peter Smeets, du projet Purple Talents, par le club... Quand as-tu eu le sentiment d'être assez bon ? À la fin de la première saison, nous avons gagné la finale du tournoi de Bierbeek, notamment grâce à un beau solo de ma part. J'ai gagné en assurance et j'ai progressé. J'ai compris à 14 ans que je pouvais réussir en football. Avant, je pensais ne pas être suffisamment bon pour devenir professionnel. Aurais-tu joué à Anderlecht si tu t'étais appelé Vandenbroucke ? Non. Mieux même : je ne voulais pas jouer. La plupart des enfants commencent à cinq ou six ans, moi j'ai débuté à huit ans. Le football ne m'intéressait pas : je voulais devenir coureur de fond. Ma mère croyait en moi et sans elle, je ne jouerais sans doute plus. Je n'ai pas pu rester au Lierse. J'ai dû accompagner Romelu à Anderlecht. C'est peut-être de là que vient mon attitude nonchalante : "Vous ne me voulez pas, c'est Romelu que vous voulez. Donc, peu importe ce que je fais." Je l'ai senti. Quand j'ai compris que je pouvais réussir, j'ai abandonné l'école. Je dois dire que mes parents n'en étaient absolument pas enchantés. L'intégralité des confessions de Jordan Lukaku dans votre Sport/Foot Mag.