Après toutes ces années, tu es immunisé contre les critiques des fans?

LUKAKU: Je m'en fiche complètement. Ce qui me dérange le plus, c'est que des jeunes comme moi doivent servir de modèles dans une société où, normalement, personne ne prend exemple sur des jeunes de 25 ans. Et en même temps, on nous prend pour des imbéciles. C'est étrange, non?

On attend aussi des joueurs qu'ils ne parlent pas de choses qui n'ont rien à voir avec le football.

LUKAKU: Tout le monde peut parler de tout, mais un joueur doit se taire et courir derrière le ballon. Heureusement, de plus en plus de footballeurs et d'athlètes osent donner leur avis. Ils apportent ainsi quelque chose à la société.

Partons du principe que tu vas encore jouer dix ans au plus haut niveau. Que veux-tu encore atteindre?

LUKAKU: Je veux retrouver le niveau que j'avais à la Lazio avant mes deux blessures. Ça veut dire que je dois rattraper deux ans. Et c'est difficile. Je me fixe donc des objectifs à court terme. J'ai arrêté de rêver avant même de devenir professionnel. Je voulais être the people's champion, le joueur que les supporters neutres apprécient. J'ai compris comment le monde du football fonctionnait quand mon frère s'est fait démolir après avoir exprimé ses ambitions. Qu'y a-t-il de mal au fait qu'un ado dise qu'il veut être le meilleur? On n'arrête pas de nous dire qu'on doit être ambitieux dans la vie, mais quand on se fixe un objectif, ça pose problème. Tout ça m'a rendu amer.

À part tes parents, qui sont tes exemples?

LUKAKU: ( Long silence) Allen Iverson est un de mes athlètes préférés. Et dans le monde du football, j'aimais bien Nicolas Anelka, parce qu'il ne suivait pas la meute. Il disait: "Je suis comme je suis". Mais c'est aussi en référence à lui que je dis que les footballeurs doivent être forts mentalement. L'Équipe a menti au sujet de ce qu'Anelka aurait dit à Raymond Domenech lors de la Coupe du monde 2010 (fils de pute, ndlr). Le journal a-t-il présenté ses excuses? Non. Les médias ont sali son image alors qu'il était innocent. Pour moi, c'est de la diffamation. Mais Anelka est resté fidèle à lui-même et il est rare de rencontrer des gens pareils dans le monde du football. Beaucoup portent un masque lorsqu'ils sont au travail et l'enlèvent une fois de retour chez eux. Je ne joue pas à ça. Je ne suis pas un garçon difficile, je peux m'entendre avec tout le monde, mais en Belgique, les gens ont une autre image de moi. Je vis ma vie, je m'entraîne dur, j'essaye de m'amuser sur le terrain et, surtout, je veux gagner. Mais ce que je dis n'est pas toujours politiquement correct. Et dans le monde du foot, on n'aime pas ça. It is what it is.

En 2016, tu as opté pour la Lazio, un club dont les fans sont réputés proches de l'extrême droite. Ça ne te dérangeait pas?

LUKAKU: Je le savais, mais la Lazio n'est pas le seul club italien qui connaisse ce genre de problème. Avant le coup d'envoi de mon premier derby romain, Antonio Rüdiger est venu me voir et m'a dit de mon concentrer sur le match, pas sur ce que j'allais entendre. Je ne comprenais pas de quoi il voulait parler. L'AS Rome jouait à domicile, et, à chaque fois que je touchais le ballon, j'entendais des cris de singe. Rüdiger était mon adversaire direct et, quand il avait le ballon, on n'entendait plus rien. Pourtant, il est noir aussi... La fédération italienne ne fait pratiquement rien pour contrer ce genre d'incidents. De tous les grands championnats, la Serie A est la plus larguée en matière de lutte contre le racisme. C'est un championnat formidable, avec des fans passionnés, mais le racisme fait tache.

Après toutes ces années, tu es immunisé contre les critiques des fans?LUKAKU: Je m'en fiche complètement. Ce qui me dérange le plus, c'est que des jeunes comme moi doivent servir de modèles dans une société où, normalement, personne ne prend exemple sur des jeunes de 25 ans. Et en même temps, on nous prend pour des imbéciles. C'est étrange, non?On attend aussi des joueurs qu'ils ne parlent pas de choses qui n'ont rien à voir avec le football.LUKAKU: Tout le monde peut parler de tout, mais un joueur doit se taire et courir derrière le ballon. Heureusement, de plus en plus de footballeurs et d'athlètes osent donner leur avis. Ils apportent ainsi quelque chose à la société.Partons du principe que tu vas encore jouer dix ans au plus haut niveau. Que veux-tu encore atteindre?LUKAKU: Je veux retrouver le niveau que j'avais à la Lazio avant mes deux blessures. Ça veut dire que je dois rattraper deux ans. Et c'est difficile. Je me fixe donc des objectifs à court terme. J'ai arrêté de rêver avant même de devenir professionnel. Je voulais être the people's champion, le joueur que les supporters neutres apprécient. J'ai compris comment le monde du football fonctionnait quand mon frère s'est fait démolir après avoir exprimé ses ambitions. Qu'y a-t-il de mal au fait qu'un ado dise qu'il veut être le meilleur? On n'arrête pas de nous dire qu'on doit être ambitieux dans la vie, mais quand on se fixe un objectif, ça pose problème. Tout ça m'a rendu amer.À part tes parents, qui sont tes exemples?LUKAKU: ( Long silence) Allen Iverson est un de mes athlètes préférés. Et dans le monde du football, j'aimais bien Nicolas Anelka, parce qu'il ne suivait pas la meute. Il disait: "Je suis comme je suis". Mais c'est aussi en référence à lui que je dis que les footballeurs doivent être forts mentalement. L'Équipe a menti au sujet de ce qu'Anelka aurait dit à Raymond Domenech lors de la Coupe du monde 2010 (fils de pute, ndlr). Le journal a-t-il présenté ses excuses? Non. Les médias ont sali son image alors qu'il était innocent. Pour moi, c'est de la diffamation. Mais Anelka est resté fidèle à lui-même et il est rare de rencontrer des gens pareils dans le monde du football. Beaucoup portent un masque lorsqu'ils sont au travail et l'enlèvent une fois de retour chez eux. Je ne joue pas à ça. Je ne suis pas un garçon difficile, je peux m'entendre avec tout le monde, mais en Belgique, les gens ont une autre image de moi. Je vis ma vie, je m'entraîne dur, j'essaye de m'amuser sur le terrain et, surtout, je veux gagner. Mais ce que je dis n'est pas toujours politiquement correct. Et dans le monde du foot, on n'aime pas ça. It is what it is.En 2016, tu as opté pour la Lazio, un club dont les fans sont réputés proches de l'extrême droite. Ça ne te dérangeait pas?LUKAKU: Je le savais, mais la Lazio n'est pas le seul club italien qui connaisse ce genre de problème. Avant le coup d'envoi de mon premier derby romain, Antonio Rüdiger est venu me voir et m'a dit de mon concentrer sur le match, pas sur ce que j'allais entendre. Je ne comprenais pas de quoi il voulait parler. L'AS Rome jouait à domicile, et, à chaque fois que je touchais le ballon, j'entendais des cris de singe. Rüdiger était mon adversaire direct et, quand il avait le ballon, on n'entendait plus rien. Pourtant, il est noir aussi... La fédération italienne ne fait pratiquement rien pour contrer ce genre d'incidents. De tous les grands championnats, la Serie A est la plus larguée en matière de lutte contre le racisme. C'est un championnat formidable, avec des fans passionnés, mais le racisme fait tache.