Bernd Storck à propos...

...de ses premières impressions à Mouscron : "J'ai eu la confirmation qu'il y avait du boulot. Hard work. Des journaux ont écrit que Storck allait devoir faire un miracle. Oui, je sais que ce sera difficile. Mais j'ai une certitude : cette équipe, on va la sauver. Dès le premier jour, j'ai tout changé dans le club ! J'ai voulu améliorer l'environnement des joueurs, leur cadre de vie. Je voulais un vestiaire plus professionnel. J'ai commencé par virer du matériel et toutes les paires de chaussures des joueurs. On a trouvé un autre local pour les stocker. Ce sont des petits exemples, il y en a d'autres. Je réorganise aussi mon bureau. Si j'y passe neuf heures par jour, il faut que je m'y sente bien, il faut que ce soit mon cocon. Avant notre premier match, contre Courtrai, j'ai emmené les joueurs au vert dans un hôtel, pour la nuit. Ils étaient surpris. Moi, j'étais surtout étonné que ça ne se soit jamais fait avant."

...de professionnalisation : "Ce n'était pas assez professionnel, ça c'est sûr. Dans la manière de penser des joueurs, il y a aussi un gros travail à faire pour qu'ils deviennent beaucoup plus pros. Vous trouvez normal qu'ils soient incapables de parler du prochain adversaire ? Ils savent contre quel club ils vont jouer, ils savent citer les principaux joueurs, ça s'arrête pour ainsi dire là. Ils ne savent rien dire sur son style de jeu, ils n'ont aucune idée des caractéristiques de leur opposant direct sur le terrain. Ils doivent apprendre à se préparer de façon plus professionnelle pour le match à venir. Ils doivent connaître les joueurs qu'ils vont affronter, leurs forces, leurs faiblesses. J'ai un groupe jeune, on avait une moyenne d'âge de 23 ans quand on a joué à Lokeren. Ils ont des choses à apprendre, cette moyenne d'âge peut être une excuse, mais pas pour tout. "

...de son éducation allemande : "J'ai horreur de l'improvisation. Tout doit être pensé, préparé. L'improvisation n'a pas sa place dans le foot professionnel. Vous devez être prêt à réagir, à tout moment, aux situations qui se présentent à vous pendant un match. Vous n'avez pas le droit d'être surpris, et si vous avez bien travaillé durant la semaine, il y a peu de chances que vous le soyez. Je prends l'exemple du match contre Courtrai. Ça ne marchait pas trop pour nous au début. Subitement, on est passés à autre chose et ça n'a pas posé de problèmes à mes joueurs parce que tout avait été réglé aux entraînements. Ils n'ont pas eu besoin d'un temps d'adaptation pour appliquer un autre concept. Si votre équipe a été bien préparée en semaine, ça se voit le week-end, toujours. Je suis un peu extrême. Mais c'est une des clés de mon succès. Vous savez, j'ai entraîné pas mal d'équipes difficiles. En fait, toute ma vie est difficile..."

...de Logan Bailly : "Je n'ai pas trop envie de parler de Logan Bailly. Je sais où je veux aller. Et c'est sans lui. Je le lui ai dit. Pas en fuyant mes responsabilités parce que ce n'est pas mon genre. Je l'ai pris à part, on a parlé entre hommes, je lui ai expliqué que j'avais mes gardiens, que je ne voulais pas travailler avec lui, que je le versais dans le noyau des Espoirs. It's not an issue for me. Je dois être honnête avec tout le monde, j'ai une autre vision."

Par Pierre Danvoye

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