Annoncée dans la presse samedi matin, la candidature tardive de Mehdi Bayat, administrateur-général et actionnaire du RSC Charleroi, a été confirmée par l'intéressé en séance, après concertation avec Philippe Godin. "Le règlement autorisait une candidature de dernière minute", a expliqué après coup le 12e président de l'Union belge. "Je ne voulais en aucun cas jouer un jeu politique. Une élection est souvent un peu polluée par quelques tumultes autour, et il fallait donc à mes yeux que tout soit clarifié à l'avance..."

Bayat, de nationalité française mais d'origine iranienne - il est né à Téhéran - devient ainsi également le premier président étranger de l'URBSFA. Mais il est pour ainsi dire né dans le football belge, où il se sent par conséquent aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau. "Oui, je suis un enfant du football belge", a-t-il d'ailleurs lui même confirmé. "C'est même ce que j'ai dit au Comité exécutif lorsque je lui ai soumis ma candidature. Cela fait dix-sept ans que j'ai mis les pieds à Charleroi. J'y ai appris le métier sans brûler les étapes. Je n'ai sauté aucune marche. J'ai aussi pris mes responsabilités à la Ligue Pro, à l'Union belge et auprès de l'équipe nationale. Je me suis toujours bien entendu avec tout le monde. Mon sens de la diplomatie est connu..."

Le nouveau président a déjà les mains dans le cambouis, puisque la plus grosse fédération sportive du pays va profondément se réformer, et qu'il sera donc le guide de cette transformation. "Oui, ce sera en effet ma première tâche", a confirmé Bayat. "Les nouveaux statuts ont été approuvés par l'assemblée générale de ce (samedi, ndlr) matin. C'est une nouvelle dynamique qui doit être mise en marche. Je ferai le maximum pour aider et soutenir le mieux possible le management et Peter Bossaert (le CEO, ndlr), qui va poursuivre son brillant travail. Je souhaite aussi une transparence aussi forte que possible entre les différentes ailes de la fédération. Aujourd'hui j'étais le candidat de la Pro League mais dès maintenant, je suis le président de tout le monde, à la tête d'un ensemble où je veux être au service des sections qui le composent..."

Mehdi Bayat a par ailleurs brièvement évoqué l'ombre de son frère Mogi, impliqué dans le "Footgate". "Je ne peux effectivement pas nier qu'on a les mêmes parents", a-t-il ainsi reconnnu. "Je ne vais pas en dire davantage ou très peu, mais quand même ceci. Premièrement, inculpé ne veut pas dire coupable et deuxièmement, je suis une autre personne. Ce qui en démocratie, me vaut de ne pas être concerné, ni éclaboussé, par ce dossier. Je n'ai du reste jamais été entendu par les enquêteurs, et Charleroi non plus..."

Enfin le nouveau président a promis de faire l'effort d'apprendre le néerlandais. "J'ai passé ma jeunesse en France mais maintenant je me sens Belge", a-t-il dit. "Je vais m'inscrire à un cours dès que j'en aurai le temps. Je pense que ce n'est pas une langue très difficile par rapport au persan (il rit, ndlr). Mais je tiens à rappeler dès à présent, que je me suis toujours parfaitement entendu avec tous mes collègues néerlandophones. Ils n'ont jamais considéré comme un problème que je leur parle en français. Mais c'est promis, je vais apprendre..."

Gilbert Timmermans à nouveau battu: "je m'y attendais un peu"

"Je m'y attendais un peu", a réagi samedi Gilbert Timmermans, apparemment pas trop déçu, après sa deuxième - et dernière - défaite en deux ans lors de l'élection à la présidence de l'Union Royale belge de football (URBSFA). Après Gérard Linard en 2017, c'est en effet Mehdi Bayat, à une écrasante majorité de 15 voix contre 7 (les sept néerlandophones de Voetbal Vlaanderen dont il était le candidat), qui lui a brûlé la politesse.

Bayat a lui récolté les huit voix de la Ligue pro, et les sept des amateurs francophones de l'ACFF (Association des Clubs Francophones de Football) dont le candidat, l'avocat de Herstal Philippe Godin, 53 ans, a retiré sa candidature avant le premier tour de scrutin. "J'avais bien senti depuis plusieurs jours que quelque chose dans ce genre était en train de se préparer", a poursuivi Timmermans.

"C'est évidemment toujours dans l'espoir de gagner qu'on se présente à une élection. Je ne vais donc certainement pas sauter de joie. D'autant que c'est la deuxième fois, et selon le même scénario d'une coalition entre les pros et les amateurs francophones. Il n'y a par conséquent, à l'évidence, pas de solidarité entre les ligues amateures. Mais bon c'est comme ça..." A 74 ans, et donc à un an de la limite d'âge où il devra renoncer à la fonction, Timmermans devient néanmoins vice-président de l'Union belge. "Je vais bien sûr prendre les choses très au sérieux à ce poste", dit-il. "Je vais même pour preuve, renoncer à la présidence de Voetbal Vlaanderen..."