Aux précédents championnats du monde, par sa propre faute il avait rangé ses spikes, la 22e place finale en bandoulière. "Mais là-bas, je n'avais plus envie de courir après mon record de Belgique et une blessure." Le Jumetois est demeuré cette saison assez loin de sa marque de référence (3:33.70 en 2017) en raison d'une solide blessure à l'aine (enthésopathie pubienne) qui aurait sans doute pu être évitée. Négligée au début, elle n'a fait qu'empirer jusqu'à l'obliger d'interrompre sa saison. "C'est de l'amateurisme, je ne le ferai plus jamais." S'il s'est approché de 26/100es du critère de sélection (3:36.00) des ces Mondiaux de Doha, le 1er septembre à Berlin, il lui a fallu attendre l'invitation de l'IAAF pour pouvoir disputer les deuxièmes championnats du monde de sa carrière, à 29 ans. Neuf ans après ses débuts tardifs dans l'athlétisme. "J'ai effectué une bonne préparation de quinze jours après le Mémorial Van Damme. Pour essayer de monter le niveau. Je manquais encore de rythme à l'époque." Debjani se sent mieux qu'il y a un mois, pas au point d'être en mesure de battre son record sur la piste du stade Khalifa. "Je ne pense pas que j'ai 3:33 dans les jambes". En revanche, les minima pour les JO de Tokyo (3:35.00) pourraient être envisageables en séries. "Pas en demies, on n'aura eu moins de 24 heures pour récupérer entre les deux courses." "J'aimerais me qualifier pour les demies, mais j'attends de voir la composition des séries. Je prie pour ne pas avoir trop de ténors." Debjani compte rester sur cette distance du 1500m jusqu'aux Jeux de Tokyo (3:35.00 ou via le ranking). "Je veux faire une bonne saison sans blessure et battre mes records avant de monter sur 5000m après quatre ans sur 1500m", en vue des JO de Paris en 2024. "Je n'aime pas trop la routine". Et puis il se lancera sur le marathon. Il aura alors 34 ans. Mis à part sa disqualification en séries pour "obstruction" à l'Euro de Glasgow en mars 2019 - "j'y ai perdu une médaille" selon l'intéressé -, dans les grands championnats, l'athlète de Christophe Dumont au CABW reste sur une 8e place à l'Euro de Berlin l'an dernier. Témoignage des progrès de ce coureur atypique, totalement décontracté, qui avait fini à la 11e place lors de ses débuts européens en 2016 à Amsterdam, suivie de son élimination l'année suivante aux Mondiaux de Londres où il s'était relevé beaucoup trop tôt et avait laissé échapper une qualification promise. "Ici je ne me relâcherai plus." (Belga)