Tu es au courant des réactions dans le vestiaire d'Anderlecht depuis ton départ ? Silvio Proto, par exemple, n'est pas content du tout. Ce n'est pas à toi qu'il en veut mais à la direction.

GILLET : Avec les années, Silvio Proto et Olivier Deschacht sont devenus des amis. Me voir revenir, puis repartir six mois plus tard, ce n'est pas facile pour eux. C'est vrai que pendant les six mois de mon retour, j'ai ramené de la rage de vaincre, un état d'esprit. Je pense que je faisais du bien à ce groupe jeune. Mais bon, tout le monde au club était au courant que la direction m'avait promis de ne pas me mettre de bâtons dans les roues en janvier.

Tu peux dire pourquoi Anderlecht n'était pas en tête à la fin décembre ?

GILLET : A cause d'un manque de constance et d'un gros problème de mentalité dans certains matches. C'est fini, le temps où le talent suffisait à faire la différence dans les matches entre guillemets faciles. Cette saison, tous les matches ont été difficiles, même à domicile, même contre Beveren ou Malines. On ne gagnait jamais sur des gros scores. C'était sur un but d'écart, ou on ne gagnait même pas. On met le doigt sur la mentalité. Contre Bruges, Tottenham ou Monaco, tu vois un Anderlecht qui est bien. Contre Malines, Beveren ou Mouscron, tu ne vois plus du tout le même état d'esprit.

On croirait entendre Silvio Proto. Lui aussi, il a du mal avec la mentalité des jeunes, surtout.

GILLET : Les anciens, on sait qu'un match entre guillemets banal, il faut le prendre de la bonne façon, sans quoi ça risque de mal se terminer. A mon avis, les jeunes ne voient pas les choses comme ça. A Anderlecht, c'est devenu trop facile pour les jeunes parce qu'ils savent qu'ils sont sûrs de rester dans l'équipe, quoi qu'il arrive. Ils n'ont plus du tout la même façon de vivre et de voir les choses que les jeunes d'il y a dix ans. Dans le vestiaire, ils sont relax. J'ai parlé devant tout le groupe, pas longtemps avant de partir. J'ai dit : -Celui qui joue ici deux ou trois ans et qui n'est pas champion au moins une fois, c'est scandaleux. Quand tu joues à Anderlecht, tu dois vouloir étriller l'adversaire, chaque week-end. Tu dois vouloir être champion.

Besnik Hasi n'a pas l'air convaincu d'avoir le matériel pour jouer le titre. Encore moins depuis ton départ. Tu le suis ?

GILLET : Point de vue qualité, Anderlecht a la meilleure équipe. Mais on vient de parler de la mentalité... Hasi travaille beaucoup là-dessus, mais si ça ne rentre pas dans la tête des joueurs, qu'est-ce qu'il peut faire d'autre ? Tous les joueurs doivent prendre conscience de ça. Et comprendre qu'il n'y a plus des individualités capables de faire la différence comme Lucas Biglia, Dieumerci Mbokani ou Milan Jovanovic. Cette saison, c'est plus un collectif qui doit le faire !

Tu sens Hasi sous pression ?

GILLET : Anderlecht joue toujours la tête du classement et continue en Europa League en étant sorti d'un groupe très compliqué, donc on ne peut pas dire que l'équipe soit en retard sur le planning. Le problème, c'est que plusieurs résultats restent en travers de la gorge de pas mal de gens. Des matches nuls à domicile, normalement, quand tu es Anderlecht, ça n'arrive pas. Il y a eu trop de hauts et de bas, ça retombe tout de suite sur le coach. Maintenant, Hasi sait que ce club ne change pas d'entraîneur comme de chemise.

On a l'impression que tout le club vit mal l'ascension de Gand...

GILLET : A Anderlecht, c'est clair qu'ils sont surpris. Tout le monde est un peu jaloux de la réussite de Gand. Mais il faut voir les choses autrement. On doit se réjouir qu'il y ait une grande pointure en plus dans le foot belge. Ça ne peut qu'améliorer le niveau. Je sais que c'est difficile à faire comprendre. C'est difficile de se réjouir de l'ascension d'un rival. Mais ça va obliger Anderlecht et les autres à travailler plus et mieux.

Par Pierre Danvoye, à Nantes

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Guillaume Gillet dans votre Sport/Foot Magazine

Tu es au courant des réactions dans le vestiaire d'Anderlecht depuis ton départ ? Silvio Proto, par exemple, n'est pas content du tout. Ce n'est pas à toi qu'il en veut mais à la direction.GILLET : Avec les années, Silvio Proto et Olivier Deschacht sont devenus des amis. Me voir revenir, puis repartir six mois plus tard, ce n'est pas facile pour eux. C'est vrai que pendant les six mois de mon retour, j'ai ramené de la rage de vaincre, un état d'esprit. Je pense que je faisais du bien à ce groupe jeune. Mais bon, tout le monde au club était au courant que la direction m'avait promis de ne pas me mettre de bâtons dans les roues en janvier.Tu peux dire pourquoi Anderlecht n'était pas en tête à la fin décembre ?GILLET : A cause d'un manque de constance et d'un gros problème de mentalité dans certains matches. C'est fini, le temps où le talent suffisait à faire la différence dans les matches entre guillemets faciles. Cette saison, tous les matches ont été difficiles, même à domicile, même contre Beveren ou Malines. On ne gagnait jamais sur des gros scores. C'était sur un but d'écart, ou on ne gagnait même pas. On met le doigt sur la mentalité. Contre Bruges, Tottenham ou Monaco, tu vois un Anderlecht qui est bien. Contre Malines, Beveren ou Mouscron, tu ne vois plus du tout le même état d'esprit.On croirait entendre Silvio Proto. Lui aussi, il a du mal avec la mentalité des jeunes, surtout.GILLET : Les anciens, on sait qu'un match entre guillemets banal, il faut le prendre de la bonne façon, sans quoi ça risque de mal se terminer. A mon avis, les jeunes ne voient pas les choses comme ça. A Anderlecht, c'est devenu trop facile pour les jeunes parce qu'ils savent qu'ils sont sûrs de rester dans l'équipe, quoi qu'il arrive. Ils n'ont plus du tout la même façon de vivre et de voir les choses que les jeunes d'il y a dix ans. Dans le vestiaire, ils sont relax. J'ai parlé devant tout le groupe, pas longtemps avant de partir. J'ai dit : -Celui qui joue ici deux ou trois ans et qui n'est pas champion au moins une fois, c'est scandaleux. Quand tu joues à Anderlecht, tu dois vouloir étriller l'adversaire, chaque week-end. Tu dois vouloir être champion.Besnik Hasi n'a pas l'air convaincu d'avoir le matériel pour jouer le titre. Encore moins depuis ton départ. Tu le suis ?GILLET : Point de vue qualité, Anderlecht a la meilleure équipe. Mais on vient de parler de la mentalité... Hasi travaille beaucoup là-dessus, mais si ça ne rentre pas dans la tête des joueurs, qu'est-ce qu'il peut faire d'autre ? Tous les joueurs doivent prendre conscience de ça. Et comprendre qu'il n'y a plus des individualités capables de faire la différence comme Lucas Biglia, Dieumerci Mbokani ou Milan Jovanovic. Cette saison, c'est plus un collectif qui doit le faire !Tu sens Hasi sous pression ?GILLET : Anderlecht joue toujours la tête du classement et continue en Europa League en étant sorti d'un groupe très compliqué, donc on ne peut pas dire que l'équipe soit en retard sur le planning. Le problème, c'est que plusieurs résultats restent en travers de la gorge de pas mal de gens. Des matches nuls à domicile, normalement, quand tu es Anderlecht, ça n'arrive pas. Il y a eu trop de hauts et de bas, ça retombe tout de suite sur le coach. Maintenant, Hasi sait que ce club ne change pas d'entraîneur comme de chemise.On a l'impression que tout le club vit mal l'ascension de Gand...GILLET : A Anderlecht, c'est clair qu'ils sont surpris. Tout le monde est un peu jaloux de la réussite de Gand. Mais il faut voir les choses autrement. On doit se réjouir qu'il y ait une grande pointure en plus dans le foot belge. Ça ne peut qu'améliorer le niveau. Je sais que c'est difficile à faire comprendre. C'est difficile de se réjouir de l'ascension d'un rival. Mais ça va obliger Anderlecht et les autres à travailler plus et mieux.Par Pierre Danvoye, à NantesRetrouvez l'intégralité de l'interview de Guillaume Gillet dans votre Sport/Foot Magazine