SVEN VANDENBROECK | 40 ans | Entraîneur Simba SC (D1 tanzanienne)

Début avril, la Tanzanie déplorait seulement vingt citoyens contaminés par le coronavirus. " Les cas se déclarent par-ci, par-là sans aucune logique, ça ne correspond pas à la courbe d'évolution qu'ont connue tous les autres pays ", estime toutefois Sven Vandenbroeck, l'entraîneur du Simba SC depuis décembre dernier. "D'après moi, il y a deux explications : premièrement, les gens n'ont pas l'argent pour aller chez le médecin, donc quand ils sont malades, ils restent chez eux. Deuxièmement, il est impossible de se faire une idée exacte du nombre de contaminés puisque le matériel médical a été envoyé par la Chine début avril seulement."

Une troisième hypothèse prétend que le gouvernement ne dit pas toute la vérité et cacherait les chiffres pour préserver son image et éviter d'instaurer la peur au sein de la population. L'attitude du président John Magufuli a en tout cas de quoi glacer le sang. Ce dernier estime que ce virus "satanique" ne peut pas survivre dans les lieux sacrés et encourage donc sa population à se rendre à l'église. Seules les écoles et les activités sportives de grande ampleur ont été mises en pause par le gouvernement. Les gens se promènent donc sur les plages et sont parfois une quarantaine à disputer une partie de foot dans la rue. "Ébola est encore dans toutes les têtes", explique toutefois l'entraîneur de Simba. "Du coup, beaucoup refusent de croire ce que raconte le président et travaillent à domicile, évitent les places avec beaucoup de monde... Ils se confinent par eux-mêmes !"

L'ancien milieu de terrain du KV Malines ne donne plus entraînement depuis le 18 mars. Tous les jours, il convoque un joueur de son noyau au club pour filmer intégralement une séance que le reste de l'équipe doit reproduire. "La vidéo est plus efficace à suivre qu'un programme : tous les joueurs n'ont pas de chrono ou de montre..." Alors qu'il reste théoriquement dix matches à disputer en Ligi Kuu Bara, Sven Vandenbroeck prépare déjà la saison prochaine. "Je regarde quels sont les joueurs dont nous avons besoin pour nous renforcer et je suis occupé à trouver un stage de présaison à l'étranger. Et puis je cours tous les jours une heure en soirée pour me tenir en forme."

Avec 17 points d'avance sur son plus proche poursuivant, le Simba SC devrait prématurément valider son billet pour la Ligue des Champions africaine. Sauf si le championnat reprend ses droits... ce dont le coach doute. "Les hôpitaux ne sont pas prêts, il n'y a pas suffisamment d'appareils d'assistance respiratoire, donc dès que la crise va prendre une dimension énorme à la fin du mois d'avril, ça va être une catastrophe." Une prévision qui n'empêche pas certains décideurs d'envisager certaines solutions totalement aberrantes. "On parle de tester les 400 joueurs du championnat, de placer les "négatifs" dans vingt hôtels différents en quarantaine pour qu'ils puissent disputer les matches sans public. Cela ne se fera peut-être pas, mais je crains que le matériel médical reste uniquement destiné à une certaine sphère de la société et pas aux gens de la rue."

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SVEN VANDENBROECK | 40 ans | Entraîneur Simba SC (D1 tanzanienne) Début avril, la Tanzanie déplorait seulement vingt citoyens contaminés par le coronavirus. " Les cas se déclarent par-ci, par-là sans aucune logique, ça ne correspond pas à la courbe d'évolution qu'ont connue tous les autres pays ", estime toutefois Sven Vandenbroeck, l'entraîneur du Simba SC depuis décembre dernier. "D'après moi, il y a deux explications : premièrement, les gens n'ont pas l'argent pour aller chez le médecin, donc quand ils sont malades, ils restent chez eux. Deuxièmement, il est impossible de se faire une idée exacte du nombre de contaminés puisque le matériel médical a été envoyé par la Chine début avril seulement." Une troisième hypothèse prétend que le gouvernement ne dit pas toute la vérité et cacherait les chiffres pour préserver son image et éviter d'instaurer la peur au sein de la population. L'attitude du président John Magufuli a en tout cas de quoi glacer le sang. Ce dernier estime que ce virus "satanique" ne peut pas survivre dans les lieux sacrés et encourage donc sa population à se rendre à l'église. Seules les écoles et les activités sportives de grande ampleur ont été mises en pause par le gouvernement. Les gens se promènent donc sur les plages et sont parfois une quarantaine à disputer une partie de foot dans la rue. "Ébola est encore dans toutes les têtes", explique toutefois l'entraîneur de Simba. "Du coup, beaucoup refusent de croire ce que raconte le président et travaillent à domicile, évitent les places avec beaucoup de monde... Ils se confinent par eux-mêmes !" L'ancien milieu de terrain du KV Malines ne donne plus entraînement depuis le 18 mars. Tous les jours, il convoque un joueur de son noyau au club pour filmer intégralement une séance que le reste de l'équipe doit reproduire. "La vidéo est plus efficace à suivre qu'un programme : tous les joueurs n'ont pas de chrono ou de montre..." Alors qu'il reste théoriquement dix matches à disputer en Ligi Kuu Bara, Sven Vandenbroeck prépare déjà la saison prochaine. "Je regarde quels sont les joueurs dont nous avons besoin pour nous renforcer et je suis occupé à trouver un stage de présaison à l'étranger. Et puis je cours tous les jours une heure en soirée pour me tenir en forme." Avec 17 points d'avance sur son plus proche poursuivant, le Simba SC devrait prématurément valider son billet pour la Ligue des Champions africaine. Sauf si le championnat reprend ses droits... ce dont le coach doute. "Les hôpitaux ne sont pas prêts, il n'y a pas suffisamment d'appareils d'assistance respiratoire, donc dès que la crise va prendre une dimension énorme à la fin du mois d'avril, ça va être une catastrophe." Une prévision qui n'empêche pas certains décideurs d'envisager certaines solutions totalement aberrantes. "On parle de tester les 400 joueurs du championnat, de placer les "négatifs" dans vingt hôtels différents en quarantaine pour qu'ils puissent disputer les matches sans public. Cela ne se fera peut-être pas, mais je crains que le matériel médical reste uniquement destiné à une certaine sphère de la société et pas aux gens de la rue."Retrouvez l'intégralité des témoignages dans votre Sport/Foot Magazine