Il a de l'expérience en bâtiment. Hein Vanhaezebrouck a dessiné les plans de sa villa de même que ceux du complexe d'entraînement d'Oostakker, chambres comprises. Il transpose aussi ses talents de bâtisseur sur le terrain, puisque l'ancien défenseur (57 ans) a conduit les Buffalos à leur premier titre en 2015, dès sa première saison à Gand.
...

Il a de l'expérience en bâtiment. Hein Vanhaezebrouck a dessiné les plans de sa villa de même que ceux du complexe d'entraînement d'Oostakker, chambres comprises. Il transpose aussi ses talents de bâtisseur sur le terrain, puisque l'ancien défenseur (57 ans) a conduit les Buffalos à leur premier titre en 2015, dès sa première saison à Gand. Il doit maintenant concocter un plan pour ramener l'équipe parmi l'élite belge. Le président Ivan De Witte, très affecté par la crise sportive en cours, jalonnée par les renvois de Jess Thorup, Laszlo Bölöni et Wim De Decker, les mauvais résultats et un catastrophique zéro sur 18 en Europa League, a reconnu avoir agi dans la précipitation. De Witte est conscient que Vanhaezebrouck est the right man at the right place. Mi-février, le patron de Hudson Belgium a accordé une interview, après des mois de silence. " Michel Louwagie et moi avons perdu notre sang-froid, en raison de notre ambition. Nous voulions défier le Club Bruges. Nous avons commis une ou deux erreurs. La saison prochaine, Hein tiendra le gouvernail. Ce seront son mercato, sa préparation, ses accents." Bref, l'entraîneur et le manager sportif Tim Matthys vont avoir énormément de responsabilités. Ça n'effraie pas le coach. Au contraire. Vanhaezebrouck a déjà réalisé l'inventaire de son noyau et l'état des lieux du fonctionnement du club. Le T1, sous contrat jusqu'en 2022, refuse actuellement d'accorder de longues interviewes. Il préfère approfondir ses analyses durant les conférences de presse d'avant et d'après-match. Il continue à visionner d'autres matches, pour y puiser l'inspiration. Par exemple, la semaine dernière, il a expliqué à la chaîne Play4 pourquoi Kylian Mbappé et ses coéquipiers l'avaient impressionné lors du match Barcelone-PSG. "Bouger sans ballon devient de plus en plus important dans le football contemporain." C'est le football que veut développer La Gantoise au niveau belge. Mais auparavant, Hein Vanhaezebrouck, qui vient d'engranger 21 points sur 39 en treize matches de championnat, doit effectuer quelques travaux de rénovation. Gand veut disputer les PO2 et espère arracher un ticket européen grâce à la Coupe, bien qu'il dispute un match traître en déplacement à Eupen, le 3 mars. De plus, à cause du coronavirus et de blessures, l'entraîneur est privé de Michael Ngadeu, Elisha Owusu, Sulayman Marreh et Laurent Depoitre, des joueurs très importants pour lui. Il s'est donc d'abord attelé à stabiliser la défense, afin de diminuer le nombre de buts encaissés. Il a mis en place un 3-5-2, confiant à Ngadeu et à Dino Arslanagic la tâche d'organiser l'axe. Núrio Fortuna, transféré pour six millions de Charleroi, doit penser en termes défensifs à l'arrière gauche, Milad Mohammadi étant plus productif un cran plus haut. Malheureusement, l'Angolais de 25 ans a été engagé pour sa profondeur et ses raids sur l'aile. Il ne reste qu'un défenseur gaucher, le consciencieux Bruno Godeau. C'est peu. "C'est La Gantoise qui compte, pas le nombre de points que nous gagnons sous ma direction", répète Vanhaezebrouck. "Nous cherchons des solutions à nos problèmes. Nous avons déjà progressé: nous sommes moins fragiles sur le plan défensif. Mais je veux tendre vers la perfection." Après le 1-1 à Malines, Sinan Bolat n'a signé que quatre clean sheets sur treize. C'est encore trop peu pour revendiquer une place dans le second peloton. Gand vient de prêter Jordan Botaka (Charleroi) et Tim Kleindienst (Heidenheim), jugés insuffisants. Vanhaezebrouck veut remonter la barre. Il a déjà revu les normes physiques à la hausse. Malgré leur sursaut, Igor Plastun et Roman Bezus sont sur des sièges éjectables. Ils ne restent à Gand que parce qu'ils ont davantage de chances d'être sélectionnés pour l'EURO s'ils restent en Belgique. La cellule de scouting doit aussi trouver un successeur à Roman Yaremchuk, puisque la direction du club lui a promis qu'il pourrait partir au terme de la saison s'il recevait une offre attrayante. De bonnes statistiques, lisez de nombreux buts, seraient très utiles. Tarik Tissoudali, qui n'est pas complètement rétabli d'une opération au genou, a été le lien manquant à plusieurs reprises. Il a rempli le rôle occupé la saison passée par Jonathan David dans les 25 derniers mètres, grâce à son bagage technique, ses dribbles, sa mobilité et son opportunisme. Tissoudali doit devenir un pilier, une fois qu'il aura recouvré la plénitude de ses moyens, de même que le capitaine, Vadis Odjidja. Le médian de 32 ans reste un régal pour l'oeil, par sa lecture du jeu et sa touche de balle. Il trouve aisément Yaremchuk et Tissoudali et leur permet de mieux jouer, mais son corps lui joue encore trop souvent des tours. SvenKums est le relais de Vanhaezebrouck, qui exige plus de leadership de ses joueurs. Niklas Dorsch et Andreas Hanche Olsen n'en sont pas dénués, mais l'entraîneur veut que d'autres joueurs se fassent entendre. Il a en tout cas apporté plus de dynamique au club. Le Flandrien est omniprésent, il consulte de nombreuses personnes, veille à la bonne organisation générale et insuffle confiance à ses proches collaborateurs. Le premier critère: la qualité. "Nous progressons", a-t-il déclaré à l'issue du match nul à Malines, le septième match d'affilée sans défaite. "Mais nous ne parvenons pas encore à dominer la totalité d'un match, à imposer notre volonté à l'adversaire et à l'acculer."