Désormais dans son élément au Stade Rennais, Super Bibou revient sur ses années belges. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça déménage!

A Charleroi, il était comment le vestiaire?

Habib Habibou : "C'était la loi du plus fort avec beaucoup de joueurs de caractère. Il y avait même un grand du quartier de Montreuil qui nous a rejoints, Oumar Bakari. Lui, il a complètement tourné le vestiaire. Mais il n'est pas resté longtemps. Il faut dire que Jacky Mathijssen savait nous gérer et pour ça, il fallait des couilles".

T'as pas l'impression que ça ressemblait à la banlieue parisienne qui débarque à Charleroi?

"C'était ça. Quand tu jouais pas, tu mettais la pression sur tes équipiers. On avait beau être soudés, il y avait les Christ, Théréau, Camus d'un côté, moi, Geoffrey (ndlr Mujangi-Bia), Pelé (ndlr Mboyo) de l'autre et sur le terrain on préférait donner le ballon à ses potes. C'était une période particulière. On s'en foutait de l'argent, on jouait, on mangeait mal, on buvait des jus bizarres dans le centre, mais ça nous dérangeait pas. On en parle encore ensemble quand je revois d'anciens coéquipiers. Et quand, je revenais à Montreuil, eh bien j'étais tout calme (il rit). En fin de compte, ce sont mes meilleurs moments en Belgique".

Zulte Waregem a été l'étape suivante. Pourquoi ce choix?

"Je n'ai pas eu mon mot à dire dans le transfert. C'était soit ça, soit je restais à Charleroi où on m'avait prévenu que je n'allais pas beaucoup jouer. Waregem, c'était un pas en avant, c'était la Flandre, une mentalité plus professionnelle".

Après être parti, tu as clamé dans la presse que Mogi te devait 80.000 euros suite au transfert. Comment ça s'est terminé?

"Je devais recevoir une commission de 10% sur le transfert, ce qui correspondait à 80.000 euros. Quelque temps après avoir signé, j'ai rappelé à Mogi de ne pas oublier de me verser cette commission. A ce moment-là, je m'entendais encore bien avec lui. Quand j'ai vu qu'il avait été viré de Charleroi, je l'ai appelé pour savoir où ça en était. Il m'a répondu qu'il n'était plus directeur général de Charleroi et qu'il ne me devait plus rien. J'étais énervé mais je me suis dit que j'allais récupérer cet argent sur le tard. J'ai encore une nouvelle fois été naïf dans cette histoire".

En retour, Mogi n'a pas hésité à salir ta réputation en renforçant cette image de bad boy qui t'a collé à la peau en Belgique...

"Je suis arrogant parce que je veux montrer qu'on ne me marche pas dessus. Et si tu n'es pas mon coach, tu n'as pas à me dire ce que je dois faire. Mogi ne supportait pas, par exemple, de ne pas avoir de contrôle sur moi. Mais avec le temps, on a discuté. Quand il est venu faire signer Oussalah à Gand, on a discuté, je lui ai même serré la main. Le passé, c'est le passé, j'ai tiré un trait depuis un petit temps, même s'il a lancé des choses ridicules sur moi. Comme quand il a affirmé que j'étais poursuivi par Interpol pour avoir volé une Audi Q7 en Roumanie. Je pense que si ça avait été vrai, Interpol n'aurait pas eu beaucoup de mal à me retrouver (il rit). Si j'avais voulu que ça se passe autrement avec Mogi, je n'aurais eu qu'à claquer des doigts et envoyer mes gars. Si j'avais gardé la même mentalité qu'à mon arrivée à Charleroi, la suite aurait été totalement différente. Mais j'ai grandi, j'ai évolué".

Par Stéphane Pauwels, à Rennes

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Habib Habibou dans votre Sport/Foot Magazine

Désormais dans son élément au Stade Rennais, Super Bibou revient sur ses années belges. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça déménage!A Charleroi, il était comment le vestiaire?Habib Habibou : "C'était la loi du plus fort avec beaucoup de joueurs de caractère. Il y avait même un grand du quartier de Montreuil qui nous a rejoints, Oumar Bakari. Lui, il a complètement tourné le vestiaire. Mais il n'est pas resté longtemps. Il faut dire que Jacky Mathijssen savait nous gérer et pour ça, il fallait des couilles".T'as pas l'impression que ça ressemblait à la banlieue parisienne qui débarque à Charleroi?"C'était ça. Quand tu jouais pas, tu mettais la pression sur tes équipiers. On avait beau être soudés, il y avait les Christ, Théréau, Camus d'un côté, moi, Geoffrey (ndlr Mujangi-Bia), Pelé (ndlr Mboyo) de l'autre et sur le terrain on préférait donner le ballon à ses potes. C'était une période particulière. On s'en foutait de l'argent, on jouait, on mangeait mal, on buvait des jus bizarres dans le centre, mais ça nous dérangeait pas. On en parle encore ensemble quand je revois d'anciens coéquipiers. Et quand, je revenais à Montreuil, eh bien j'étais tout calme (il rit). En fin de compte, ce sont mes meilleurs moments en Belgique".Zulte Waregem a été l'étape suivante. Pourquoi ce choix?"Je n'ai pas eu mon mot à dire dans le transfert. C'était soit ça, soit je restais à Charleroi où on m'avait prévenu que je n'allais pas beaucoup jouer. Waregem, c'était un pas en avant, c'était la Flandre, une mentalité plus professionnelle".Après être parti, tu as clamé dans la presse que Mogi te devait 80.000 euros suite au transfert. Comment ça s'est terminé?"Je devais recevoir une commission de 10% sur le transfert, ce qui correspondait à 80.000 euros. Quelque temps après avoir signé, j'ai rappelé à Mogi de ne pas oublier de me verser cette commission. A ce moment-là, je m'entendais encore bien avec lui. Quand j'ai vu qu'il avait été viré de Charleroi, je l'ai appelé pour savoir où ça en était. Il m'a répondu qu'il n'était plus directeur général de Charleroi et qu'il ne me devait plus rien. J'étais énervé mais je me suis dit que j'allais récupérer cet argent sur le tard. J'ai encore une nouvelle fois été naïf dans cette histoire".En retour, Mogi n'a pas hésité à salir ta réputation en renforçant cette image de bad boy qui t'a collé à la peau en Belgique..."Je suis arrogant parce que je veux montrer qu'on ne me marche pas dessus. Et si tu n'es pas mon coach, tu n'as pas à me dire ce que je dois faire. Mogi ne supportait pas, par exemple, de ne pas avoir de contrôle sur moi. Mais avec le temps, on a discuté. Quand il est venu faire signer Oussalah à Gand, on a discuté, je lui ai même serré la main. Le passé, c'est le passé, j'ai tiré un trait depuis un petit temps, même s'il a lancé des choses ridicules sur moi. Comme quand il a affirmé que j'étais poursuivi par Interpol pour avoir volé une Audi Q7 en Roumanie. Je pense que si ça avait été vrai, Interpol n'aurait pas eu beaucoup de mal à me retrouver (il rit). Si j'avais voulu que ça se passe autrement avec Mogi, je n'aurais eu qu'à claquer des doigts et envoyer mes gars. Si j'avais gardé la même mentalité qu'à mon arrivée à Charleroi, la suite aurait été totalement différente. Mais j'ai grandi, j'ai évolué".Par Stéphane Pauwels, à RennesRetrouvez l'intégralité de l'interview de Habib Habibou dans votre Sport/Foot Magazine