"Je n'avais jamais été blessé pendant un mois et il a fallu que ça m'arrive l'année où je voulais vivre une saison tranquille, afin de bien me préparer pour la Coupe du monde. Cette blessure n'a pas servi mes intérêts, ni à Anderlecht, ni en équipe nationale. C'était aussi la première fois que je connaissais le limogeage d'un entraîneur. Je m'entendais bien avec John van den Brom et ce ne fut donc pas facile à vivre. Par la suite, je me suis retrouvé sur le banc et je n'ai pas été sélectionné pour la Coupe du monde. Le seul point positif, c'est le titre. Sans quoi on aurait pu parler de saison catastrophique.

Van den Brom avait confiance en moi, sans quoi il ne m'aurait pas nommé capitaine. C'était nouveau pour moi mais c'est arrivé à un bon moment: j'avais 30 ans. Ce n'est certainement pas à cause de ce brassard que je n'ai pas toujours bien joué. Si vous posez la question aux gens d'Anderlecht, je crois qu'ils vous diront qu'ils étaient contents de moi en tant que capitaine. Ce brassard n'a pas fait de moi un autre homme ou un joueur différent. Il n'est pas non plus la cause de ma non-sélection ou de mon départ. Mais quand, après ma blessure, le public a commencé à réclamer Anthony Vanden Borre, ce fut difficile."

Quand il parle de Van den Brom, Gillet pèse chacun de ses mots. "Nous avons beaucoup parlé. Surtout après les mauvais matches. Et la plupart du temps, la semaine suivante, nous jouions bien. C'était très étrange. Quand ça n'allait pas, tout le monde évoluait en dessous de son niveau: les joueurs, qu'ils soient jeunes ou anciens, et le coach. Les plus âgés - Silvio (Proto, ndlr), Ollie (Deschacht, ndlr), Sacha (Kljestan, ndlr) et moi, on s'entendait bien avec Van den Brom. Il était généreux mais aussi trop gentil avec ce jeune groupe. Besnik a compris et il a tout de suite redressé la barre. Nous avons travaillé bien davantage et il s'est montré plus strict. Le groupe en avait besoin. Avec Van den Brom, tout le monde en prenait trop à son aise. Quand les résultats n'ont plus suivi, il aurait dû être plus sévère, mettre fin aux jours de congés et aux week-ends libres.

Des joueurs trop cool A nous, les anciens, ces temps libres nous faisaient du bien. Nous n'allions pas dire que nous voulions nous entraîner. Mais pour les jeunes, c'était trop confortable. En principe, à Anderlecht, il faut travailler dur pour gagner sa place. Ici, tout était trop facile. L'entraîneur n'intervenait pas suffisamment. Il appartenait aussi aux anciens de remettre les jeunes à leur place mais nous aussi, nous avons été trop gentils. Besnik l'a bien compris. Heureusement qu'il a rétabli le régime de deux entraînements par jour. La mentalité a tout de suite changé et nous avons recommencé à gagner certains matches même en jouant mal."

A Neerpede, on en a conclu que ce n'étaient pas les jeunes mais les anciens qui avaient échoué. Au cours de l'hiver, pourtant, dans une interview, Gillet avait fustigé le laxisme de la classe-biberon. Cela ne lui a pas valu que des amis. "Ce n'était pas une critique", dit-il. "Mais je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que nous jouions mal parce que les anciens n'encadraient pas assez les jeunes. Je suis très content d'avoir joué avec eux, il n'y a jamais eu de dispute. Simplement: ils n'avaient jamais connu de moments difficiles et restaient très cool."

Et cela l'énervait. "Je déteste perdre. Or, nous perdions souvent. Nous étions critiqués mais en interne, tout était calme. Trop calme. Normalement, quand Anderlecht perd aussi souvent, la crise éclate. Avant, le président descendait parfois au vestiaire. Ici, jamais."

Gillet a 30 ans. S'il voulait partir, c'était le moment ou jamais. "J'ai toujours dit que ce serait fantastique de terminer ma carrière à Anderlecht mais, au plus profond de moi, j'aspirais à autre chose. Je n'aurais pas voulu regretter de ne pas avoir essayé."

Par Jan Hauspie Retrouvez l'intégralité de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine.

"Je n'avais jamais été blessé pendant un mois et il a fallu que ça m'arrive l'année où je voulais vivre une saison tranquille, afin de bien me préparer pour la Coupe du monde. Cette blessure n'a pas servi mes intérêts, ni à Anderlecht, ni en équipe nationale. C'était aussi la première fois que je connaissais le limogeage d'un entraîneur. Je m'entendais bien avec John van den Brom et ce ne fut donc pas facile à vivre. Par la suite, je me suis retrouvé sur le banc et je n'ai pas été sélectionné pour la Coupe du monde. Le seul point positif, c'est le titre. Sans quoi on aurait pu parler de saison catastrophique. Van den Brom avait confiance en moi, sans quoi il ne m'aurait pas nommé capitaine. C'était nouveau pour moi mais c'est arrivé à un bon moment: j'avais 30 ans. Ce n'est certainement pas à cause de ce brassard que je n'ai pas toujours bien joué. Si vous posez la question aux gens d'Anderlecht, je crois qu'ils vous diront qu'ils étaient contents de moi en tant que capitaine. Ce brassard n'a pas fait de moi un autre homme ou un joueur différent. Il n'est pas non plus la cause de ma non-sélection ou de mon départ. Mais quand, après ma blessure, le public a commencé à réclamer Anthony Vanden Borre, ce fut difficile." Quand il parle de Van den Brom, Gillet pèse chacun de ses mots. "Nous avons beaucoup parlé. Surtout après les mauvais matches. Et la plupart du temps, la semaine suivante, nous jouions bien. C'était très étrange. Quand ça n'allait pas, tout le monde évoluait en dessous de son niveau: les joueurs, qu'ils soient jeunes ou anciens, et le coach. Les plus âgés - Silvio (Proto, ndlr), Ollie (Deschacht, ndlr), Sacha (Kljestan, ndlr) et moi, on s'entendait bien avec Van den Brom. Il était généreux mais aussi trop gentil avec ce jeune groupe. Besnik a compris et il a tout de suite redressé la barre. Nous avons travaillé bien davantage et il s'est montré plus strict. Le groupe en avait besoin. Avec Van den Brom, tout le monde en prenait trop à son aise. Quand les résultats n'ont plus suivi, il aurait dû être plus sévère, mettre fin aux jours de congés et aux week-ends libres. Des joueurs trop cool A nous, les anciens, ces temps libres nous faisaient du bien. Nous n'allions pas dire que nous voulions nous entraîner. Mais pour les jeunes, c'était trop confortable. En principe, à Anderlecht, il faut travailler dur pour gagner sa place. Ici, tout était trop facile. L'entraîneur n'intervenait pas suffisamment. Il appartenait aussi aux anciens de remettre les jeunes à leur place mais nous aussi, nous avons été trop gentils. Besnik l'a bien compris. Heureusement qu'il a rétabli le régime de deux entraînements par jour. La mentalité a tout de suite changé et nous avons recommencé à gagner certains matches même en jouant mal." A Neerpede, on en a conclu que ce n'étaient pas les jeunes mais les anciens qui avaient échoué. Au cours de l'hiver, pourtant, dans une interview, Gillet avait fustigé le laxisme de la classe-biberon. Cela ne lui a pas valu que des amis. "Ce n'était pas une critique", dit-il. "Mais je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que nous jouions mal parce que les anciens n'encadraient pas assez les jeunes. Je suis très content d'avoir joué avec eux, il n'y a jamais eu de dispute. Simplement: ils n'avaient jamais connu de moments difficiles et restaient très cool." Et cela l'énervait. "Je déteste perdre. Or, nous perdions souvent. Nous étions critiqués mais en interne, tout était calme. Trop calme. Normalement, quand Anderlecht perd aussi souvent, la crise éclate. Avant, le président descendait parfois au vestiaire. Ici, jamais." Gillet a 30 ans. S'il voulait partir, c'était le moment ou jamais. "J'ai toujours dit que ce serait fantastique de terminer ma carrière à Anderlecht mais, au plus profond de moi, j'aspirais à autre chose. Je n'aurais pas voulu regretter de ne pas avoir essayé." Par Jan Hauspie Retrouvez l'intégralité de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine.