Une question de maturité

"Selon moi, ils vont longtemps lutter pour le titre", déclare Andy De Smet, le scout belge d'Everton, dont les fils jouent en équipes d'âge de Gand. "Leur noyau leur permet certainement de poser des problèmes au Club Bruges et à Anderlecht. Matz Sels va devenir un des grands gardiens de Belgique. Laurent Depoitre est un attaquant qui pèse énormément sur les défenses. Elles ont toutes des problèmes avec lui. Il y a encore la vitesse de Bento Raman, la créativité et la technique de frappe de Danijel Milicevic, l'engagement de Christophe Lepoint. Au Club, Sven Kums était absent mais Brecht Dejaegere l'a brillamment remplacé et sur le banc, il y avait encore Yaya Soumahoro, Hannes Van der Bruggen, David Pollet, qui peut apporter un plus à la transition... Gand est bien armé à plusieurs postes cruciaux mais l'équipe doit encore apprendre à traduire efficacement sa domination, si elle veut vraiment rester dans le peloton de tête. C'est cet aspect qu'elle doit améliorer, de même qu'elle doit prolonger la durée de sa domination. En fait, elle doit acquérir plus de maturité.

Le noyau ne manquait pas de talent les années précédentes non plus mais le staff technique n'a plus été aussi bon depuis des années. La tactique de Hein Vanhaezebrouck est importante. Il essaie d'exploiter le moindre détail. Le Club Bruges est fragile à gauche et défend trop statiquement dans le rectangle, ce qui l'expose quand les arrières latéraux adverses montent. Eh bien, Gand a exploité ces failles. Hein est très fort en la matière : il s'appuie sur la force de son équipe tout en adaptant des détails en fonction de l'adversaire. Toutefois, je ne vois pas Gand devenir champion."

Ne pas oublier Lokeren

"Gand va certainement rester longtemps en lice mais je ne sais pas si cette formation est suffisamment costaude pour tenir jusqu'au bout", commente Gertjan De Mets, le médian de Courtrai, qui réside à Gand. "Le noyau est étoffé et recèle du talent, les positions sont doublées et Hein Vanhaezebrouck est un fin tacticien."

Il connaît bien l'entraîneur ainsi que de nombreux joueurs, ceux qui ont transité par Courtrai, qui a d'ailleurs chipé la victoire à Gand cette saison. "Hein étudie son adversaire dans les moindres détails. Il tente d'exploiter la moindre de ses failles. Il a également l'art de former un groupe et de lui exposer ce qu'il veut", témoigne De Mets. "Chacun sait très clairement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire. Jouer à trois derrière est très tendance mais ce système à lui tout seul ne permet pas d'aller très loin. Ce qui compte, c'est comment on le gère. Par exemple, où et comment exercer la pression ? Il varie ses systèmes, même en cours de match. Seules quelques grandes lignes reviennent en filigrane. Je pense que son approche apporte un plus réel. Cette saison, le classement est très serré. Je crois donc que la chance, les blessures et les suspensions vont jouer un rôle important. Anderlecht et un Club Bruges manifestement renforcé sont sans doute un rien supérieurs mais je ne place pas Gand au-dessus de Genk, du Standard et surtout pas de Lokeren, qui est une excellente équipe, dirigée par un entraîneur qui a fait ses preuves. N'oubliez pas Lokeren ! Le fait de ne pas jouer en Coupe d'Europe peut constituer un avantage pour Gand comme pour Genk."

Un pas en avant

"Etre le principal concurrent d'Anderlecht et du Club Bruges n'est certainement pas un objectif en soi", précise Peter Balette, le premier assistant de Hein Vanhaezebrouck. "Cette saison, nous voulons accomplir un pas en avant. En début d'exercice, le président et l'entraîneur ont souligné que les PO1 constituaient un de leurs objectifs majeurs. Nous n'allons pas en dévier parce que nous avons livré un bon match au Club Bruges, d'autant que nous n'avons pas gagné."

L'ancien entraîneur adjoint du Club Bruges et du Standard sait par expérience ce qu'il faut faire pour émarger à l'élite. "N'oubliez pas que ce match était notre quatrième nul d'affilée", insiste-t-il. "Si nous sommes sous un éclairage aussi positif, c'est parce que les autres n'ont pas fait beaucoup mieux. Je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Nous avons commis des erreurs dans notre match à Bruges et nous devons les gommer de notre jeu pour réussir. Je prône donc le réalisme : restons les pieds sur terre. Nous progressons, certes, mais le classement est serré et il va falloir confirmer, sans plus connaître de trop longues séries de nuls ou de défaites."

Les PO1, une certitude

"Pour le moment, il est difficile de prédire comment le championnat va se dérouler", déclare Wim De Coninck, Gantois, analyste et ancien gardien des Buffalos. "On se dirige apparemment vers un top six traditionnel et nous savons qu'en play-offs, tout est possible. Une chose est claire : cette fois, Gand en sera. L'équipe a encore une large marge de progression mais c'est aussi le cas de ses concurrents.

Hein Vanhaezebrouck a enfin mis son système en place, les joueurs l'ont assimilé et surtout, il a placé les bonnes personnes à la bonne position. Il évolue vers une sorte d'équipe-type tout en gardant la possibilité d'effectuer des corrections si nécessaire. Le meilleur transfert de Gand, c'est son entraîneur. Il peut aussi espérer que Pollet, son unique véritable buteur, refasse surface. Heureusement, Depoitre est en mesure de trouver le chemin des filets dans le système offensif de Gand et on sent que Raman va éclater. Gand pourrait devenir le principal concurrent des favoris mais je pense qu'il sera déjà très heureux s'il sent qu'il a définitivement rejoint les équipes des PO1. Gand dispose d'un noyau étoffé, qui offre de nombreuses possibilités de remplacement en cas de blessures et de suspensions. Cela va peut-être l'aider à être fraîche au moment des PO1."

"Selon moi, ils vont longtemps lutter pour le titre", déclare Andy De Smet, le scout belge d'Everton, dont les fils jouent en équipes d'âge de Gand. "Leur noyau leur permet certainement de poser des problèmes au Club Bruges et à Anderlecht. Matz Sels va devenir un des grands gardiens de Belgique. Laurent Depoitre est un attaquant qui pèse énormément sur les défenses. Elles ont toutes des problèmes avec lui. Il y a encore la vitesse de Bento Raman, la créativité et la technique de frappe de Danijel Milicevic, l'engagement de Christophe Lepoint. Au Club, Sven Kums était absent mais Brecht Dejaegere l'a brillamment remplacé et sur le banc, il y avait encore Yaya Soumahoro, Hannes Van der Bruggen, David Pollet, qui peut apporter un plus à la transition... Gand est bien armé à plusieurs postes cruciaux mais l'équipe doit encore apprendre à traduire efficacement sa domination, si elle veut vraiment rester dans le peloton de tête. C'est cet aspect qu'elle doit améliorer, de même qu'elle doit prolonger la durée de sa domination. En fait, elle doit acquérir plus de maturité.Le noyau ne manquait pas de talent les années précédentes non plus mais le staff technique n'a plus été aussi bon depuis des années. La tactique de Hein Vanhaezebrouck est importante. Il essaie d'exploiter le moindre détail. Le Club Bruges est fragile à gauche et défend trop statiquement dans le rectangle, ce qui l'expose quand les arrières latéraux adverses montent. Eh bien, Gand a exploité ces failles. Hein est très fort en la matière : il s'appuie sur la force de son équipe tout en adaptant des détails en fonction de l'adversaire. Toutefois, je ne vois pas Gand devenir champion.""Gand va certainement rester longtemps en lice mais je ne sais pas si cette formation est suffisamment costaude pour tenir jusqu'au bout", commente Gertjan De Mets, le médian de Courtrai, qui réside à Gand. "Le noyau est étoffé et recèle du talent, les positions sont doublées et Hein Vanhaezebrouck est un fin tacticien."Il connaît bien l'entraîneur ainsi que de nombreux joueurs, ceux qui ont transité par Courtrai, qui a d'ailleurs chipé la victoire à Gand cette saison. "Hein étudie son adversaire dans les moindres détails. Il tente d'exploiter la moindre de ses failles. Il a également l'art de former un groupe et de lui exposer ce qu'il veut", témoigne De Mets. "Chacun sait très clairement ce qu'il doit faire et ce qu'il ne peut pas faire. Jouer à trois derrière est très tendance mais ce système à lui tout seul ne permet pas d'aller très loin. Ce qui compte, c'est comment on le gère. Par exemple, où et comment exercer la pression ? Il varie ses systèmes, même en cours de match. Seules quelques grandes lignes reviennent en filigrane. Je pense que son approche apporte un plus réel. Cette saison, le classement est très serré. Je crois donc que la chance, les blessures et les suspensions vont jouer un rôle important. Anderlecht et un Club Bruges manifestement renforcé sont sans doute un rien supérieurs mais je ne place pas Gand au-dessus de Genk, du Standard et surtout pas de Lokeren, qui est une excellente équipe, dirigée par un entraîneur qui a fait ses preuves. N'oubliez pas Lokeren ! Le fait de ne pas jouer en Coupe d'Europe peut constituer un avantage pour Gand comme pour Genk.""Etre le principal concurrent d'Anderlecht et du Club Bruges n'est certainement pas un objectif en soi", précise Peter Balette, le premier assistant de Hein Vanhaezebrouck. "Cette saison, nous voulons accomplir un pas en avant. En début d'exercice, le président et l'entraîneur ont souligné que les PO1 constituaient un de leurs objectifs majeurs. Nous n'allons pas en dévier parce que nous avons livré un bon match au Club Bruges, d'autant que nous n'avons pas gagné."L'ancien entraîneur adjoint du Club Bruges et du Standard sait par expérience ce qu'il faut faire pour émarger à l'élite. "N'oubliez pas que ce match était notre quatrième nul d'affilée", insiste-t-il. "Si nous sommes sous un éclairage aussi positif, c'est parce que les autres n'ont pas fait beaucoup mieux. Je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Nous avons commis des erreurs dans notre match à Bruges et nous devons les gommer de notre jeu pour réussir. Je prône donc le réalisme : restons les pieds sur terre. Nous progressons, certes, mais le classement est serré et il va falloir confirmer, sans plus connaître de trop longues séries de nuls ou de défaites.""Pour le moment, il est difficile de prédire comment le championnat va se dérouler", déclare Wim De Coninck, Gantois, analyste et ancien gardien des Buffalos. "On se dirige apparemment vers un top six traditionnel et nous savons qu'en play-offs, tout est possible. Une chose est claire : cette fois, Gand en sera. L'équipe a encore une large marge de progression mais c'est aussi le cas de ses concurrents.Hein Vanhaezebrouck a enfin mis son système en place, les joueurs l'ont assimilé et surtout, il a placé les bonnes personnes à la bonne position. Il évolue vers une sorte d'équipe-type tout en gardant la possibilité d'effectuer des corrections si nécessaire. Le meilleur transfert de Gand, c'est son entraîneur. Il peut aussi espérer que Pollet, son unique véritable buteur, refasse surface. Heureusement, Depoitre est en mesure de trouver le chemin des filets dans le système offensif de Gand et on sent que Raman va éclater. Gand pourrait devenir le principal concurrent des favoris mais je pense qu'il sera déjà très heureux s'il sent qu'il a définitivement rejoint les équipes des PO1. Gand dispose d'un noyau étoffé, qui offre de nombreuses possibilités de remplacement en cas de blessures et de suspensions. Cela va peut-être l'aider à être fraîche au moment des PO1."