Didier Frenay à propos...

...de la création de la BFFA, l'association d'agents belges née à la suite du footbelgate : "L'impact sur le public a été énorme. On nous voit comme des profiteurs qui gagnent des millions en ne faisant pas grand-chose. Pour moi, c'est un moment historique pour remettre les compteurs à zéro, mettre en place quelque chose qui sera bon pour tout le monde. J'ai envoyé une invitation à tous les agents en Belgique. Je leur rappelle qu'on est en manque de règles, souvent pris entre des joueurs qui nous utilisent et des clubs. Si on se met tous ensemble, on peut changer ça. Mais on doit alors avoir le même discours et un code éthique pour avancer. On a tous des casseroles, on a tous eu des soucis avec d'autres agents. Mais on a les mêmes intérêts au final, alors ce serait bien de se rassembler."

...des critiques de Jacques Lichtenstein et du silence de Stijn Francis : "Je ne partirai jamais en vacances avec eux. Mais on fait le même métier et ils ne sont pas différents de nous. On devrait avoir les mêmes intérêts. Ils se font passer pour les chevaliers blancs. Je préférerais qu'ils s'affilient. La porte reste ouverte. Plus il y aura d'agents de haut niveau, plus la BFFA sera crédible. La Pro League devrait nous soutenir. On devrait être sur la même longueur d'onde, trouver ensemble un gentlemen's agreement pour que tout le monde se retrouve au lieu d'avoir une situation où une partie essaie de s'imposer face à l'autre."

...des montants des commissions perçues : "Dans chaque domaine, seuls les meilleurs gagnent beaucoup d'argent. Si ça reste dans la légalité, où est le problème ? Je suis plus choqué quand un marchand d'oeuvres d'art gagne 10 millions sur la vente d'un tableau. Les gens sont choqués ? Je les comprends sur le fond mais pas sur la forme ! Ma mère m'a élevé seule, on n'avait qu'une chambre, j'ai boulotté toute ma vie, personne ne m'a donné un euro. Quand j'ai arrêté ma carrière, j'ai investi presque tout ce que j'avais gagné pour me lancer comme agent. J'ai pris un risque. Je devrais me sentir coupable sous prétexte que j'ai réussi ? Je ne fais rien d'illégal. Je négocie peut-être mieux que d'autres. Et il faut tout voir. Les investissements, le temps qu'on passe sur des affaires qui ne se font finalement pas, les voyages, les joueurs qui partent chez un concurrent, les clubs qui ne paient pas..."

...du statut de repenti de Dejan Veljkovic : "Tout le monde tremble ! Parce qu'on est en pleine délation et c'est dangereux. Tu crois que Veljkovic va balancer des gens avec qui il a des bons contacts ? Imagine que Lichtenstein devienne un repenti comme lui. Bayat, Henrotay et moi, on sera les premiers visés. Et il ne dirait jamais que Verplancke a fait des choses bizarres, même si c'était le cas. C'est limite, ce statut de repenti."

Par Pierre Danvoye, à Monaco

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