1. Le caractère unilatéral et incomplet du dossier:

"La défense n'a pu examiner toutes les pièces originales, ni écouter tous les enregistrements, alors que les écoutes sont présentées comme des preuves imparables. Dans ce cas pourquoi ne peut-on pas les entendre? Il nous est par conséquent impossible d'opposer des arguments minutieusement préparés, à des conclusions reposant sur des éléments indirectement connus. Le dossier auquel nous avons eu accès contient à l'évidence de nombreuses erreurs, mais en l'absence des pièces originales, on ne sait pas pointer avec certitude ce qui est juste, et ce qui ne l'est pas. Enfin il est difficile d'attaquer un acte d'accusation dont on ne connaît même pas les termes exacts".

2. Les droits de contrôle violés:

"Si la Cour de Cassation a déjà à plusieurs reprises insisté sur les droits de la défense dans ce pays, ils ne sont pourtant pas respectés dans ce procès. On ne peut rien contrôler. Au sujet des écoutes on ne sait par exemple pas précisment quelles conversations, ni même quelles personnes, ont été enregistrées, ni dans quelles circonstances, pourquoi, et à la demande de qui. Cela fait pourtant partie des droits de la défense. Le rapport qu'on nous a remis ne comprend qu'une sélection de ces écoutes et des résumés. Tout cela n'est pas normal..."

3. Le risque de voir la plupart des preuves déclarées invalides:

"Trente-trois des trente-cinq pièces du dossier ont été établies à la demande du juge d'instruction Raskin, qui a entre-temps été déssaisi de l'affaire. Elles risquent donc d'être invalidées par le tribunal pénal. Auquel cas toutes les sanctions prises sur la base de ces documents devront être annulées. Mais comment annuler une dégradation dans une division inférieure, quand le championnat a déjà commencé ? Sans même parler du préjudice financier. Autrement dit vouloir décider le plus vite possible va mener vers le plus complet des chaos.

4. L'absence de déclarations de Dejan Veljkovic:

"L'absence de l'agent de joueur véreux repenti Dejan Veljkovic, qui ne fera donc aucune déclaration devant cette commission, empêche tout simplement la défense de jouer son rôle. Comment voulez-vous contester les révélations du personnage central qui ont permis d'établir le dossier, si on ne les connaît pas, et qu'il n'est même pas là. Il est inconcevable que son avocat veuille détacher l'affaire Veljkovic de la procédure, alors que toute défense est impossible si on ne peut pas l'entendre. Il est pour nous absolument essentiel de pouvoir l'écouter..."

5. Le rôle partial de l'Union belge de football dans tout le dossier:

"L'Union Belge n'est pas impartiale dans cette affaire. Il n'y a qu'a voir avec quel empressement elle a ordonné une enquête à propos de ce match Malines - Waasland-Beveren. Dans d'autres cas similaires comme Courtrai - Mouscron (0-2), lors de la dernière journée de la saison précédente, ou Eupen - Mouscron (4-0), également joué le 12 mars 2018, elle n'a pas bronché".

Conclusion: "On demande l'arrêt de la procédure en cours, et une enquête objective concernant une éventuelle implication dans cette affaire, de Malines, en tant que club, qui n'a toujours pas été faite. Je ne me fais pas beaucoup d'illusions à ce sujet. Mais j'insiste quand même, parce que c'est très important. En attendant la procédure qui a été enclenchée porte à nos yeux atteinte au droit à un procès équitable", a conclu Everaert.

L'ancien président du KV Malines, Johan Timmermans, clame son innocence

L'ancien président du KV Malines, Johan Timmermans, est complètement innocent dans l'affaire du match Malines - Waasland-Beveren (2-0) du 12 mars 2018, prétendument truqué, actuellement traitée par la chambre d'appel de la Commission des litiges de l'Union Royale belge de football (URBSFA). C'est en tout cas ce qu'a dit en son nom l'avocat Patrick Waeterinckx, lors de la (deuxième) séance de lundi.

Même si à l'image de son confrère Joost Everaert qui défend lui les intérêts de Malines en tant que club, dans ce procès, il a commencé par s'en prendre à la procédure.

"Condamner Monsieur Timmermans à dix ans de suspension, comme l'a requis le procureur fédéral, sur la base des trente-cinq pièces remises par la justice à la commission d'enquête, plutôt que d'autres, pour on ne sait quelles raisons, constituerait tout simplement une flagrante violation des droits de mon client", a-t-il en effet déclaré.

Mais à l'inverse d'Everaert, il a quand même évoqué concrètement les conversations téléphoniques de Johan Timmermans avec l'ancien directeur financier Thierry Steemans, et avec le CEO de Mouscron Paul Allaerts, la semaine précédant le match contre Waasland-Beveren, rapportées dans le dossier.

"Ce qui s'est dit entre lui et Steemans était banal", a-t-il ainsi affirmé. "Il était même davantage question de travaux de construction que de football. Ils ont notamment évoqué l'ambiance au sein du groupe des joueurs de Waasland-Beveren, mais c'était tout à fait inoffensif. Il est quand même normal que le président d'un club menacé de relégation s'informe de l'état d'esprit dans les rangs du prochain adversaire. En ce qui concerne les échanges avec Allaerts, je ne dois pas vous rappeler que les deux hommes se connaissent depuis des années. Mon client lui a seulement demandé si les joueurs de Mouscron allaient remplir leur devoir de professionnels à Eupen. Peut-être que ce n'était pas sage, mais est-ce tellement grave? Et surtout s'agit-il d'une tentative de fausser une rencontre de championnat", a interrogé Maître Waeterinckx.

Le dossier rapporte aussi que Timmermans s'est entretenu avec le CEO de Waasland-Beveren Olivier Swolfs, le jour du match.

"Mon client lui a déclaré qu'il était sûr à 300 % que tout allait bien se passer. Aucun président de club n'aurait dit le contraire, dans le même contexte. De tels propos n'ont donc absolument rien de surprenant..."

A la fin Johan Timmermans en personne, a brièvement pris la parole pour dire qu'il souscrivait pleinement aux déclarations de son conseil, et réfutait toutes les accusations portées contre lui.