Les supporters wavriens doivent en profiter car bientôt, ce n'est plus du football, mais bien du hockey qu'ils pourront venir admirer dans l'actuel stade Justin Peeters. Seulement voilà, la célèbre enceinte wavrienne n'accueillera plus que des matches de football provincial quand le football reprendra ses droits. La faute à une saison décevante durant laquelle les Macas n'ont cessé de vagabonder dans les abysses du classement, mais pas uniquement. Pour certains anciens du club, les repreneurs, arrivés au club en 2017, tiennent une grande part de responsabilité dans l'actuelle relégation.

En 2017, un repreneur débarque avec un projet ambitieux: atteindre la D1 dans les quinze années à venir.

Fin mars 2017, le RJ Wavre annonçait l'arrivée d'un repreneur, en la personne de Cyrille Ndongo-Keller, fondateur et CEO de Sports Globo Consulting, entreprise basée à Sydney et spécialisée dans le marketing sportif. Dans ses valises, le nouveau propriétaire camerounais amenait avec lui un projet ambitieux pour Wavre: atteindre la D1 belge dans les 15 prochaines années.

Le projet, découpé en trois phases, voulait donc faire renouer les Macas avec l'élite, que le club wavrien avait connue par trois fois, sous l'appellation du Racing Jet Bruxelles, dans les années 80. Depuis l'annonce de ces objectifs, qui avaient bien évidemment ravi les supporters, trois années se sont écoulées, et les résultats se font attendre. Pire encore, Wavre est relégué, et la D1, promise il y a peu, semble désormais presque inaccessible.

Le changement de nom du club avait été la source de premières inquiétudes pour les anciens du club., BELGA / Eric Lallemand
Le changement de nom du club avait été la source de premières inquiétudes pour les anciens du club. © BELGA / Eric Lallemand

L'ancrage wavrien, houleux débat en terres macas

Après une première saison passable et de nombreux remaniements dans l'équipe première, certains joueurs avaient déjà senti que le projet porté par les nouveaux investisseurs rompait avec le travail réalisé par le club les saisons précédentes, qui visait à recréer une identité wavrienne. Pour le gardien Quentin s'Jongers, arrivé au club en 2000, qui a Wavre dans le sang depuis tout petit, les repreneurs n'avaient pas les moyens de leurs ambitions: "Quand les investisseurs sont arrivés en 2017 et qu'ils ont repris le club, tout s'est détérioré. On n'a plus du tout fait confiance au projet initial et on a laissé partir tous les Wavriens pour faire venir des joueurs qui n'avaient pas la mentalité du club. Ils venaient jouer pour prendre l'argent et ils s'en foutaient un peu du club", explique-t-il, dépité.

Ne rentrant plus dans les plans du nouvel entraineur, Pascal Pilotte, choisi par Cyrille Ndongo-Keller, l'ancien capitaine a quitté le club en 2018, après 18 ans de loyaux services auprès du club maca. "Ils envisageaient de me donner un rôle dans le club en tant que gardien de l'équipe B. J'ai donc préféré partir. Je me suis un peu senti poussé vers la sortie...", souffle l'actuel portier de Grez-Doiceau, club qu'il a en partie rejoint pour retrouver son ancien coach, Sergio Palavicino, qu'il avait connu à Wavre.

"La première chose qu'ils ont choisi de faire, c'est de changer le nom du club. Rien que pour ça, je me suis dit que c'était mal embarqué."

Denis Wénin, qui a tout vécu avec le club wavrien depuis son arrivée en 1994, a également connu un départ compliqué à la suite de l'arrivée des nouveaux investisseurs.

"La première chose qu'ils ont choisi de faire, c'est de changer le nom du club. De RJ Wavre, on est passé à Wavre Sports. Rien que pour ça je m'étais dit que c'était mal embarqué", explique le joueur emblématique du club maca avec amertume. Lui aussi poussé vers la sortie par l'entraîneur, qui ne voyait en lui qu'un remplaçant, Denis Wénin a également quitté le club en 2017, le coeur lourd, et reste encore très critique quant à la gestion des couleurs de son coeur depuis lors: "Je ne sais pas si c'est vraiment de l'incompétence ou si c'est de l'ignorance, mais au final le résultat est le même. Ils ont saboté ce qui avait été mis en place pour créer un nouveau projet qui n'a, pour l'instant, rien apporté de positif pour le club", assène-t-il.

Qui foulera la pelouse du stade Justin Peeters la saison prochaine?, BELGA / Eric Lallemand
Qui foulera la pelouse du stade Justin Peeters la saison prochaine? © BELGA / Eric Lallemand

Pourtant, pour Alain Keungue, qui officie en tant que directeur sportif du Wavre Sports FC depuis l'arrivée de Cyrille Ndongo-Keller, l'ancrage wavrien a toujours été au centre des priorités: "On n'a jamais mis un joueur dehors. Ils sont partis d'eux-mêmes. On a toujoursvoulu que tous les Wavriens restent avec nous et on a toujours prôné l'ancrage local à Wavre", assure-t-il.

Avenir et incertitude

Wavre Sports n'a cessé de couler au fil des matchs cette saison, avec au final, seulement 13 petits points arrachés en 24 journées en Division 3 amateur. Lâché par certains sponsors la saison dernière et en proie à certaines difficultés financières, le délicat aspect budgétaire est souvent avancé par les dirigeants pour expliquer l'actuelle situation du club. "Nous n'avons pas eu assez de sponsors pour couvrir l'ensemble des frais et attirer assez de joueurs de talents", se défend le directeur sportif. "On a connu beaucoup de départs cette saison. Certains joueurs ont eu d'autres opportunités ailleurs et nous avons dû composer avec des jeunes joueurs inexpérimentés", continue Alain Keungue.

Les 5 premières années du projet, tel que pensé par les repreneurs, devaient être dédiées à certaines restructurations au sein du club, de manière à repartir sur des bases saines. Même si les résultats sont loin d'être à la hauteur des ambitions affichées jadis, Alain Keungue se veut confiant: "Nous avons changé beaucoup de choses dans la gestion du club. Maintenant, ça va être la période de mise en place et de concrétisation. Nous allons essayer d'avancer de ce côté-là et d'aller vers l'avant", soutient le directeur sportif.

"Wavre est un club qui a toujours un potentiel d'attraction pour les jeunes joueurs, il faudra utiliser cette force."

"On souhaiterait pouvoir boucler un budget et s'y tenir toute l'année, c'est cela notre souci actuel. Le plus important pour nous, c'est de se stabiliser l'année prochaine", continue Alain Keungue.

Du côté des anciens Wavriens, l'espoir de voir le club évoluer à nouveau à son niveau d'antan n'est pas mort. Même si, pour Quentin s'Jongers, l'avenir des Macas sera inévitablement conditionné par un changement des mentalités. "J'espère que les repreneurs ont compris leurs erreurs et qu'ils les assumeront. Vu la situation, il faudra repartir de la base. Ça passera par la formation. Wavre est un club qui a toujours un potentiel d'attraction pour les jeunes joueurs, il faudra utiliser cette force."

Cependant, en raison des nombreux manquements du club vis-à-vis de la commune, cette dernière a récemment décidé d'expulser Wavre Sports de ses infrastructures et de son stade. Ils seront dorénavant mis à disposition de Wavre-Limal, avant que les terrains ne soient occupés par le hockey en 2021. Ce nouveau coup dur sera peut-être la goutte d'eau qui fera déborder le vase, qui a déjà été bien rempli par les repreneurs depuis 2017, et pourrait conduire définitivement le matricule 4549 à sa perte.

Par Quentin Mahoudeau (st.)

Les supporters wavriens doivent en profiter car bientôt, ce n'est plus du football, mais bien du hockey qu'ils pourront venir admirer dans l'actuel stade Justin Peeters. Seulement voilà, la célèbre enceinte wavrienne n'accueillera plus que des matches de football provincial quand le football reprendra ses droits. La faute à une saison décevante durant laquelle les Macas n'ont cessé de vagabonder dans les abysses du classement, mais pas uniquement. Pour certains anciens du club, les repreneurs, arrivés au club en 2017, tiennent une grande part de responsabilité dans l'actuelle relégation. Fin mars 2017, le RJ Wavre annonçait l'arrivée d'un repreneur, en la personne de Cyrille Ndongo-Keller, fondateur et CEO de Sports Globo Consulting, entreprise basée à Sydney et spécialisée dans le marketing sportif. Dans ses valises, le nouveau propriétaire camerounais amenait avec lui un projet ambitieux pour Wavre: atteindre la D1 belge dans les 15 prochaines années. Le projet, découpé en trois phases, voulait donc faire renouer les Macas avec l'élite, que le club wavrien avait connue par trois fois, sous l'appellation du Racing Jet Bruxelles, dans les années 80. Depuis l'annonce de ces objectifs, qui avaient bien évidemment ravi les supporters, trois années se sont écoulées, et les résultats se font attendre. Pire encore, Wavre est relégué, et la D1, promise il y a peu, semble désormais presque inaccessible.Après une première saison passable et de nombreux remaniements dans l'équipe première, certains joueurs avaient déjà senti que le projet porté par les nouveaux investisseurs rompait avec le travail réalisé par le club les saisons précédentes, qui visait à recréer une identité wavrienne. Pour le gardien Quentin s'Jongers, arrivé au club en 2000, qui a Wavre dans le sang depuis tout petit, les repreneurs n'avaient pas les moyens de leurs ambitions: "Quand les investisseurs sont arrivés en 2017 et qu'ils ont repris le club, tout s'est détérioré. On n'a plus du tout fait confiance au projet initial et on a laissé partir tous les Wavriens pour faire venir des joueurs qui n'avaient pas la mentalité du club. Ils venaient jouer pour prendre l'argent et ils s'en foutaient un peu du club", explique-t-il, dépité. Ne rentrant plus dans les plans du nouvel entraineur, Pascal Pilotte, choisi par Cyrille Ndongo-Keller, l'ancien capitaine a quitté le club en 2018, après 18 ans de loyaux services auprès du club maca. "Ils envisageaient de me donner un rôle dans le club en tant que gardien de l'équipe B. J'ai donc préféré partir. Je me suis un peu senti poussé vers la sortie...", souffle l'actuel portier de Grez-Doiceau, club qu'il a en partie rejoint pour retrouver son ancien coach, Sergio Palavicino, qu'il avait connu à Wavre.Denis Wénin, qui a tout vécu avec le club wavrien depuis son arrivée en 1994, a également connu un départ compliqué à la suite de l'arrivée des nouveaux investisseurs."La première chose qu'ils ont choisi de faire, c'est de changer le nom du club. De RJ Wavre, on est passé à Wavre Sports. Rien que pour ça je m'étais dit que c'était mal embarqué", explique le joueur emblématique du club maca avec amertume. Lui aussi poussé vers la sortie par l'entraîneur, qui ne voyait en lui qu'un remplaçant, Denis Wénin a également quitté le club en 2017, le coeur lourd, et reste encore très critique quant à la gestion des couleurs de son coeur depuis lors: "Je ne sais pas si c'est vraiment de l'incompétence ou si c'est de l'ignorance, mais au final le résultat est le même. Ils ont saboté ce qui avait été mis en place pour créer un nouveau projet qui n'a, pour l'instant, rien apporté de positif pour le club", assène-t-il.Pourtant, pour Alain Keungue, qui officie en tant que directeur sportif du Wavre Sports FC depuis l'arrivée de Cyrille Ndongo-Keller, l'ancrage wavrien a toujours été au centre des priorités: "On n'a jamais mis un joueur dehors. Ils sont partis d'eux-mêmes. On a toujoursvoulu que tous les Wavriens restent avec nous et on a toujours prôné l'ancrage local à Wavre", assure-t-il.Wavre Sports n'a cessé de couler au fil des matchs cette saison, avec au final, seulement 13 petits points arrachés en 24 journées en Division 3 amateur. Lâché par certains sponsors la saison dernière et en proie à certaines difficultés financières, le délicat aspect budgétaire est souvent avancé par les dirigeants pour expliquer l'actuelle situation du club. "Nous n'avons pas eu assez de sponsors pour couvrir l'ensemble des frais et attirer assez de joueurs de talents", se défend le directeur sportif. "On a connu beaucoup de départs cette saison. Certains joueurs ont eu d'autres opportunités ailleurs et nous avons dû composer avec des jeunes joueurs inexpérimentés", continue Alain Keungue.Les 5 premières années du projet, tel que pensé par les repreneurs, devaient être dédiées à certaines restructurations au sein du club, de manière à repartir sur des bases saines. Même si les résultats sont loin d'être à la hauteur des ambitions affichées jadis, Alain Keungue se veut confiant: "Nous avons changé beaucoup de choses dans la gestion du club. Maintenant, ça va être la période de mise en place et de concrétisation. Nous allons essayer d'avancer de ce côté-là et d'aller vers l'avant", soutient le directeur sportif."On souhaiterait pouvoir boucler un budget et s'y tenir toute l'année, c'est cela notre souci actuel. Le plus important pour nous, c'est de se stabiliser l'année prochaine", continue Alain Keungue.Du côté des anciens Wavriens, l'espoir de voir le club évoluer à nouveau à son niveau d'antan n'est pas mort. Même si, pour Quentin s'Jongers, l'avenir des Macas sera inévitablement conditionné par un changement des mentalités. "J'espère que les repreneurs ont compris leurs erreurs et qu'ils les assumeront. Vu la situation, il faudra repartir de la base. Ça passera par la formation. Wavre est un club qui a toujours un potentiel d'attraction pour les jeunes joueurs, il faudra utiliser cette force."Cependant, en raison des nombreux manquements du club vis-à-vis de la commune, cette dernière a récemment décidé d'expulser Wavre Sports de ses infrastructures et de son stade. Ils seront dorénavant mis à disposition de Wavre-Limal, avant que les terrains ne soient occupés par le hockey en 2021. Ce nouveau coup dur sera peut-être la goutte d'eau qui fera déborder le vase, qui a déjà été bien rempli par les repreneurs depuis 2017, et pourrait conduire définitivement le matricule 4549 à sa perte.Par Quentin Mahoudeau (st.)