L'histoire a comme un goût de déjà-vu. Au mois de janvier 2017, les Zèbres bataillent pour s'offrir une place en play-offs 1. L'année 2016 a pris fin avec deux matches sans marquer, et un maigre total de 23 buts inscrits en 21 sorties. Mehdi Bayat, conscient de la bénédiction financière que représente une place dans le top 6, délie alors les cordons de la bourse pour assumer l'imposant salaire d'Hamdi Harbaoui, venu en prêt d'Anderlecht pour emmener les Carolos vers les PO1.

Deux ans plus tard, l'administrateur-délégué du Sporting se tourne à nouveau vers Bruxelles dans sa quête de top 6. La cible est cette fois Ryota Morioka, identifié comme le remplaçant idéal à Cristian Benavente par la cellule sportive du club. Pourtant, certains dans les travées du Mambour restent sceptiques, glissant que le profil du Japonais ne serait pas taillé sur mesure pour s'exprimer dans le système de jeu installé par Felice Mazzù. L'adaptation demandera forcément du temps. Et les Zèbres, lancés dans une course-poursuite interminable depuis leur début de saison loupé, en manquent cruellement.

C'est tout de même Morioka qui débarque dans le Pays Noir, avec ses pieds précis et son anglais brouillon, doublé d'une timidité qui n'aide pas à une acclimatation rapide dans un vestiaire où le français reste la langue la plus répandue. Les négociations ont été plus longues que pour Harbaoui, l'équipe de Marc Coucke ayant remplacé celle d'Herman Van Holsbeeck, qui entretenait d'excellents rapports avec Mehdi et Mogi Bayat. Finalement, un prêt avec option d'achat, accompagné d'un salaire pris en charge par les Zèbres scelle l'accord à la veille du Deadline Day. Tant pis pour Ricardo Sa Pinto, qui rêvait d'attirer le Japonais du côté de Varsovie.

" Morioka a été le premier nom que j'ai donné à la direction ", justifie Mazzù à la veille du déplacement à Mouscron. " D'une part, parce que c'est un joueur qui évolue à la même position que Benavente. Et d'autre part, parce qu'il connaît très bien le championnat belge. " De quoi réduire la durée d'acclimatation à un football noir-jaune-rouge qui déroute parfois les nouveaux arrivants. Toujours cette course contre le temps.

Arrivé trop tard pour s'offrir une place dans le onze de base, c'est au retour des vestiaires que Morioka a fait ses premiers pas zébrés sur la pelouse du Canonnier. Avec une défaite, mais aussi quelques lueurs d'espoir parties de ses pieds. " J'ai pu montrer des choses sur le terrain, pour moi c'est positif ", raconte le Japonais, laconique, après la rencontre.

Mazzù ajoute : " Ce n'était pas simple pour lui, parce que les gens en attendent beaucoup. Il a eu quelques belles situations, il est intéressant dans sa technicité dans les espaces courts. Dans l'ensemble, pour une première, on peut être satisfait. "

Ryo aurait même déjà pu débloquer son compteur de passe décisive si Jean Butez n'avait pas enlevé un but des pieds de Victor Osimhen, après une passe géniale du Nippon. " Là, on a vu qu'il était génial ", souffle un des rares carolos bavards entre le vestiaire et le bus. " Sa passe a surpris tout le monde. Même Victor ne s'y attendait pas. "