Depuis son arrivée au Standard, Mircea Rednic et les Rouches ont eu quatre rendez-vous en championnat : un à domicile, contre OHL, trois en déplacement, à Genk, Lokeren et, dimanche passée, au stade du Gaverbeek de Zulte Waregem où ils ont forgé un bon match nul.

Ces quatre matches vous ont permis d'affiner votre étude de la D1 belge : le niveau général est-il comparable à celui que vous avez connu comme joueur ? Tout a changé, que ce soit en Belgique ou dans tous les autres championnats étrangers. En Espagne ou en Angleterre, notamment, le football a considérablement mué en 20 ans, emprunté des voies nouvelles, poussé l'organisation et la discipline à un niveau très élevé. Je n'ai jamais cessé de suivre ce qui se passe ici. Toutes les équipes belges règlent de mieux en mieux leurs mécanismes tactiques. Le travail d'approche est détaillé, soigné, précis et les joueurs enregistrent de plus en plus de renseignements et de consignes. Parfois trop.

Trop ?

Oui : il est indispensable d'être bien briefé. Je rigole parfois en affirmant qu'on en arrivera à programmer les chaussures pour que les joueurs soient obligés de suivre les plans. C'est important mais, moi, au-delà de ce travail théorique, je reste un entraîneur de terrain : c'est là qu'on sent son équipe, ses joueurs, les choses qui vont ou pas, les phases à répéter. Un match n'est jamais facile à gagner en Belgique. En général, les équipes, surtout celles qui sont en danger, s'évertuent à neutraliser les points forts de l'adversaire. Il faut que l'autre formation, bloquée dans son approche des problèmes du match, "déjoue", comme on dit. C'est difficile pour les coaches. Je comprends cette approche mais elle a aussi un impact négatif sur le jeu ; donc sur le spectacle que les supporters sont en droit d'attendre. C'est bien si toutes les équipes veulent gagner et être plus intelligentes que les autres dans l'occupation du terrain. Mais on ne peut pas se contenter, certainement pas dans le cas du Standard, d'un sens aiguisé du contre et de phases arrêtées, une des grandes spécialités du football belge. J'ai vu des rencontres où certaines équipes se contentaient de deux ou trois contres, souvent bien menés, sans jamais oublier de se replier en masse derrière le ballon. Cela dit, comme d'autres, je note surtout qu'Anderlecht, Genk et le Club Bruges se débrouillent très bien en Ligue des Champions et en Europa League. Ces équipes exportent les atouts de la D1. En Russie, on sait que le championnat de Belgique vaut le coup d'oeil. Au Zenit Saint-Pétersbourg, on ne se pose plus la question. En Roumanie non plus car, là-bas, personne n'ignore que le trio de la ligne médiane des Diables Rouges, Witsel-Defour-Fellaini, est né au Standard.

Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Mircea Rednic dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine. Pierre Bilic

Depuis son arrivée au Standard, Mircea Rednic et les Rouches ont eu quatre rendez-vous en championnat : un à domicile, contre OHL, trois en déplacement, à Genk, Lokeren et, dimanche passée, au stade du Gaverbeek de Zulte Waregem où ils ont forgé un bon match nul. Ces quatre matches vous ont permis d'affiner votre étude de la D1 belge : le niveau général est-il comparable à celui que vous avez connu comme joueur ? Tout a changé, que ce soit en Belgique ou dans tous les autres championnats étrangers. En Espagne ou en Angleterre, notamment, le football a considérablement mué en 20 ans, emprunté des voies nouvelles, poussé l'organisation et la discipline à un niveau très élevé. Je n'ai jamais cessé de suivre ce qui se passe ici. Toutes les équipes belges règlent de mieux en mieux leurs mécanismes tactiques. Le travail d'approche est détaillé, soigné, précis et les joueurs enregistrent de plus en plus de renseignements et de consignes. Parfois trop. Trop ? Oui : il est indispensable d'être bien briefé. Je rigole parfois en affirmant qu'on en arrivera à programmer les chaussures pour que les joueurs soient obligés de suivre les plans. C'est important mais, moi, au-delà de ce travail théorique, je reste un entraîneur de terrain : c'est là qu'on sent son équipe, ses joueurs, les choses qui vont ou pas, les phases à répéter. Un match n'est jamais facile à gagner en Belgique. En général, les équipes, surtout celles qui sont en danger, s'évertuent à neutraliser les points forts de l'adversaire. Il faut que l'autre formation, bloquée dans son approche des problèmes du match, "déjoue", comme on dit. C'est difficile pour les coaches. Je comprends cette approche mais elle a aussi un impact négatif sur le jeu ; donc sur le spectacle que les supporters sont en droit d'attendre. C'est bien si toutes les équipes veulent gagner et être plus intelligentes que les autres dans l'occupation du terrain. Mais on ne peut pas se contenter, certainement pas dans le cas du Standard, d'un sens aiguisé du contre et de phases arrêtées, une des grandes spécialités du football belge. J'ai vu des rencontres où certaines équipes se contentaient de deux ou trois contres, souvent bien menés, sans jamais oublier de se replier en masse derrière le ballon. Cela dit, comme d'autres, je note surtout qu'Anderlecht, Genk et le Club Bruges se débrouillent très bien en Ligue des Champions et en Europa League. Ces équipes exportent les atouts de la D1. En Russie, on sait que le championnat de Belgique vaut le coup d'oeil. Au Zenit Saint-Pétersbourg, on ne se pose plus la question. En Roumanie non plus car, là-bas, personne n'ignore que le trio de la ligne médiane des Diables Rouges, Witsel-Defour-Fellaini, est né au Standard. Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive de Mircea Rednic dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine. Pierre Bilic