IVAN SANTINI : Dans ma tête, c'était clair, je restais à Liège. Je ne me suis jamais dit que je signais là-bas pour m'en aller après un an. A la reprise des entraînements, j'étais complètement concentré sur le Standard. Idem quand on a joué la Supercoupe. Même chose quand le championnat a commencé. J'étais bien, ma famille était bien. Puis, il y a eu cette offre. Un choix difficile. Partir ou rester ? Je pense que c'était quand même une belle chance de progresser. Je me retrouve dans un meilleur championnat avec un meilleur salaire.

Si tu te plaisais tellement, tu pouvais rester. Tu avais les cartes en mains.

SANTINI : Oui mais...

Oui mais on t'a fait comprendre que c'était mieux de partir ?

SANTINI : C'est ça, oui. Les clubs s'étaient déjà mis d'accord. Je pouvais décider de rester mais j'ai compris que le Standard préférait miser sur des jeunes pour prendre ma place dans l'équipe.

Il y a un an, Yannick Ferrera ne croyait pas en toi. Cet été, il ne voulait pas que tu partes. Comment tu l'as convaincu qu'il s'était trompé sur son compte ?

SANTINI : C'est toi qui dis qu'il ne croyait pas en moi il y a un an... C'étaient peut-être d'autres personnes qui n'avaient pas trop envie que je joue. Je n'étais pas apprécié par tout le monde, pas respecté par tout le monde. En attendant, je me suis retrouvé sur le banc, puis carrément en tribune. Sans jamais faire de vagues, sans jamais chercher la misère, je dois le dire ! Dès que j'ai commencé à être titulaire, ma relation avec Ferrera a commencé à devenir brillante... C'est devenu un proche. Il bosse énormément, il sait tout sur nos adversaires, il a la manière pour motiver ses joueurs, et en plus, avec lui, tu peux parler. Si tu as un problème, tu vas le trouver et il te comprend.

On t'a parfois fait remarquer que tu n'étais pas assez bon pour le Standard ?

SANTINI : Les supporters ne s'en sont pas privés, je lisais de ces trucs sur Internet en début de saison dernière... Pour eux, clairement, je n'avais pas le niveau. C'était dur à vivre parce qu'on ne me donnait pas l'occasion de leur prouver qu'ils se trompaient.

Et dans le club, on te l'a dit ?

SANTINI : Jamais en face. Mais je ne suis pas idiot, je sentais bien que je ne faisais pas l'unanimité.

Tout le monde sait que Daniel Van Buyten n'a jamais été un grand fan de toi...

SANTINI : Tout le monde le sait parce qu'on l'a suffisamment écrit.

Tu lui en as parlé ?

SANTINI : Jamais. On ne s'est jamais adressé la parole. Je le croisais, ça se limitait à ça. Mais je n'ai pas envie de régler mes comptes avec Van Buyten ou d'autres personnes de la direction. Ils veulent maintenant donner une chance à des jeunes. C'est leur choix, leur stratégie, pas mon affaire.

Les jeunes sont prêts pour porter le Standard très haut ?

SANTINI : Pas encore. Peut-être pour les play-offs 1 mais certainement pas pour le titre et sans doute pas pour le Top 3. En plus, il y a tellement de pression dans ce club ! Tu as 19 ou 20 ans, tout le monde attend des grands résultats, c'est dur. Une bonne équipe, c'est un équilibre et un minimum d'expérience. Aussi une stratégie, sportive et financière. Regarde Gand et Bruges. Ils ont reçu plein d'offres pour leurs meilleurs joueurs mais ils les ont conservés. Est-ce que Gand a accepté la première proposition venue pour Sven Kums ou Laurent Depoitre ? Là-bas, les dirigeants ont compris que s'ils conservaient leurs cadres un ou deux ans de plus, ce serait bénéfique sur le terrain, ensuite pour les finances parce qu'ils arriveraient à les vendre encore plus cher. Le titre de Bruges, c'est un travail étalé sur trois saisons. Tu as besoin de stabilité. Et le gros problème du Standard, c'est ça : il n'y a aucune stabilité. Ce n'est pas nouveau, ça existait déjà avant la direction actuelle. En attendant, c'est dur d'avancer en travaillant comme ça.

Après ton départ, Bruno Venanzi a dit : "Ivan Santini est un chouette gars, toujours positif, qui a continué à se battre quand on ne croyait plus en lui. Mais il n'était pas une solution d'avenir pour le Standard." Ton avis ?

SANTINI : Merci pour les compliments, mais qu'est-ce qu'ils veulent au Standard ? Je n'en sais rien. Gagner des trophées ou juste vendre, faire du business ? Je répète qu'ils ont besoin d'expérience qu'ils n'ont pas pour le moment. Bien sûr, certains jeunes risquent d'exploser. Il y a de la qualité chez eux. Mais tu dois rester réaliste mon gars ! Comment tu peux attendre des miracles en Europa League de gars qui n'ont que quelques matches en championnat de Belgique ? Tous les clubs rêvent d'avoir un Michy Batshuayi dans leur noyau. C'était un gamin quand il a éclaté au Standard. Mais tu te souviens de ce qu'il avait autour de lui ? Igor de Camargo, Jelle Van Damme, Mehdi Carcela et plein d'autres. Batshuayi a explosé parce qu'il jouait dans une équipe fantastique.

Par Pierre Danvoye à Caen, retrouvez la suite de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine

IVAN SANTINI : Dans ma tête, c'était clair, je restais à Liège. Je ne me suis jamais dit que je signais là-bas pour m'en aller après un an. A la reprise des entraînements, j'étais complètement concentré sur le Standard. Idem quand on a joué la Supercoupe. Même chose quand le championnat a commencé. J'étais bien, ma famille était bien. Puis, il y a eu cette offre. Un choix difficile. Partir ou rester ? Je pense que c'était quand même une belle chance de progresser. Je me retrouve dans un meilleur championnat avec un meilleur salaire.Si tu te plaisais tellement, tu pouvais rester. Tu avais les cartes en mains.SANTINI : Oui mais...Oui mais on t'a fait comprendre que c'était mieux de partir ?SANTINI : C'est ça, oui. Les clubs s'étaient déjà mis d'accord. Je pouvais décider de rester mais j'ai compris que le Standard préférait miser sur des jeunes pour prendre ma place dans l'équipe.Il y a un an, Yannick Ferrera ne croyait pas en toi. Cet été, il ne voulait pas que tu partes. Comment tu l'as convaincu qu'il s'était trompé sur son compte ?SANTINI : C'est toi qui dis qu'il ne croyait pas en moi il y a un an... C'étaient peut-être d'autres personnes qui n'avaient pas trop envie que je joue. Je n'étais pas apprécié par tout le monde, pas respecté par tout le monde. En attendant, je me suis retrouvé sur le banc, puis carrément en tribune. Sans jamais faire de vagues, sans jamais chercher la misère, je dois le dire ! Dès que j'ai commencé à être titulaire, ma relation avec Ferrera a commencé à devenir brillante... C'est devenu un proche. Il bosse énormément, il sait tout sur nos adversaires, il a la manière pour motiver ses joueurs, et en plus, avec lui, tu peux parler. Si tu as un problème, tu vas le trouver et il te comprend. On t'a parfois fait remarquer que tu n'étais pas assez bon pour le Standard ?SANTINI : Les supporters ne s'en sont pas privés, je lisais de ces trucs sur Internet en début de saison dernière... Pour eux, clairement, je n'avais pas le niveau. C'était dur à vivre parce qu'on ne me donnait pas l'occasion de leur prouver qu'ils se trompaient.Et dans le club, on te l'a dit ?SANTINI : Jamais en face. Mais je ne suis pas idiot, je sentais bien que je ne faisais pas l'unanimité.Tout le monde sait que Daniel Van Buyten n'a jamais été un grand fan de toi...SANTINI : Tout le monde le sait parce qu'on l'a suffisamment écrit.Tu lui en as parlé ?SANTINI : Jamais. On ne s'est jamais adressé la parole. Je le croisais, ça se limitait à ça. Mais je n'ai pas envie de régler mes comptes avec Van Buyten ou d'autres personnes de la direction. Ils veulent maintenant donner une chance à des jeunes. C'est leur choix, leur stratégie, pas mon affaire.Les jeunes sont prêts pour porter le Standard très haut ?SANTINI : Pas encore. Peut-être pour les play-offs 1 mais certainement pas pour le titre et sans doute pas pour le Top 3. En plus, il y a tellement de pression dans ce club ! Tu as 19 ou 20 ans, tout le monde attend des grands résultats, c'est dur. Une bonne équipe, c'est un équilibre et un minimum d'expérience. Aussi une stratégie, sportive et financière. Regarde Gand et Bruges. Ils ont reçu plein d'offres pour leurs meilleurs joueurs mais ils les ont conservés. Est-ce que Gand a accepté la première proposition venue pour Sven Kums ou Laurent Depoitre ? Là-bas, les dirigeants ont compris que s'ils conservaient leurs cadres un ou deux ans de plus, ce serait bénéfique sur le terrain, ensuite pour les finances parce qu'ils arriveraient à les vendre encore plus cher. Le titre de Bruges, c'est un travail étalé sur trois saisons. Tu as besoin de stabilité. Et le gros problème du Standard, c'est ça : il n'y a aucune stabilité. Ce n'est pas nouveau, ça existait déjà avant la direction actuelle. En attendant, c'est dur d'avancer en travaillant comme ça.Après ton départ, Bruno Venanzi a dit : "Ivan Santini est un chouette gars, toujours positif, qui a continué à se battre quand on ne croyait plus en lui. Mais il n'était pas une solution d'avenir pour le Standard." Ton avis ?SANTINI : Merci pour les compliments, mais qu'est-ce qu'ils veulent au Standard ? Je n'en sais rien. Gagner des trophées ou juste vendre, faire du business ? Je répète qu'ils ont besoin d'expérience qu'ils n'ont pas pour le moment. Bien sûr, certains jeunes risquent d'exploser. Il y a de la qualité chez eux. Mais tu dois rester réaliste mon gars ! Comment tu peux attendre des miracles en Europa League de gars qui n'ont que quelques matches en championnat de Belgique ? Tous les clubs rêvent d'avoir un Michy Batshuayi dans leur noyau. C'était un gamin quand il a éclaté au Standard. Mais tu te souviens de ce qu'il avait autour de lui ? Igor de Camargo, Jelle Van Damme, Mehdi Carcela et plein d'autres. Batshuayi a explosé parce qu'il jouait dans une équipe fantastique.