Hamdi Harbaoui, c'est le client parfait à l'interview. Un gars toujours cash, qui va au bout de ses opinions, qui assume. Même quand ça doit piquer. C'est cette forte tête que Mouscron vient de mettre sous contrat pour poursuivre son opération sauvetage. Harbaoui, c'est 36 ans dont 18 de métier. Un roublard des rectangles. Retour sur des passages forts d'interviewes qu'il a accordées à Sport/Foot Magazine depuis son arrivée sur nos terrains. Avec une mention particulière pour son passage plus que mitigé dans un gros club, Anderlecht.
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Hamdi Harbaoui, c'est le client parfait à l'interview. Un gars toujours cash, qui va au bout de ses opinions, qui assume. Même quand ça doit piquer. C'est cette forte tête que Mouscron vient de mettre sous contrat pour poursuivre son opération sauvetage. Harbaoui, c'est 36 ans dont 18 de métier. Un roublard des rectangles. Retour sur des passages forts d'interviewes qu'il a accordées à Sport/Foot Magazine depuis son arrivée sur nos terrains. Avec une mention particulière pour son passage plus que mitigé dans un gros club, Anderlecht. "Au moment où j'ai décidé de quitter la Tunisie, j'ai passé des tests en France, à Marseille et tout ça. Un bon club voulait me prendre, mais l'Espérance de Tunis demandait trop d'argent. Alors, j'ai attendu d'être à six mois de la fin de mon contrat, ils m'ont dit que je pouvais m'en aller, j'ai mis mes godasses dans un sac et je suis venu passer un test à Mouscron." "Je me rends compte que si j'ai changé aussi souvent de club, c'est sans doute parce que je ne suis jamais vraiment content de ce que j'ai, parce que je veux toujours aller chercher quelque chose d'autre, quelque chose de nouveau." "Je suis satisfait de ce que je fais, satisfait qu'on me reconnaisse. Toute ma vie, je n'ai été que footballeur et je prends toujours autant de plaisir." "Je ne suis pas arrogant du tout, je ne suis pas le mec qui ne parle que de lui." "Je ne suis pas le mec qui n'accepte pas les choix, pas le mec qui fout le bordel dans l'équipe parce qu'il ne joue pas. Mais je demande qu'on me dise les choses en face. Si tu ne me fais pas confiance, OK, j'accepte, pas de problème. Mais dis-le en face." "Si on m'explique les choses et si on me fait confiance, je peux être performant dans n'importe quel système." "Je ne suis pas un rebelle, je suis simplement un gars qui dit les choses. Je n'aime pas faire l'autruche. Un proverbe tunisien dit: Celui qui voit le mal et ne dit rien, c'est un diable ou un sourd." "J'ai vraiment fait un bon choix en signant à Zulte Waregem. Trois personnes avaient un feeling, la conviction que je devais venir ici: mon agent, ma femme et moi. Ma femme ne s'y connaît pas trop en foot, mais je crois à ces petites choses, à ces petits signes." "À l'Udinese, j'ai vite vu que certains joueurs étaient avantagés par rapport à d'autres. Je me suis dit qu'à mon âge, je ne pouvais pas rester dans un placard. Être chaque week-end sur le banc, tout ça pour pouvoir dire que je suis en Serie A, désolé ce n'est pas mon genre." " Francky Dury me compare à Gerd Müller, il dit que j'ai le même instinct de buteur et que, comme lui, je sais tout faire. Je n'ai jamais vu jouer Müller, mais je connais le nom, oui. Là, mon coach me compare à une légende! Il me mène vraiment trop loin..." "C'est sûr, on ne va pas se mentir, c'est plus compliqué de marquer en PO1 qu'en PO2. En PO2, non seulement les équipes ne sont pas du même niveau, mais en plus de ça, on voit vite que certains clubs n'ont pas envie de les jouer à fond. Il y a des équipes motivées, et d'autres qui ne le sont pas." "J'ai toujours été un buteur, un finisseur, j'ai marqué des buts partout où je suis passé. Il faut assumer son rôle. J'adore me fixer des objectifs en buts, je suis là pour les mettre au fond. Je ne me mets pas la pression, mais je ne suis pas un loser." "Je n'ai pas encore fini de fignoler mes stats." "Je sais que souvent, j'énerve l'adversaire. Je suis attendu par les défenseurs, et ils m'obligent à ne pas arriver sur le terrain en étant nonchalant, ou en me disant que je suis le plus fort. Avec l'expérience, tu te rends vite compte que si tu n'es pas à 100%, les autres vont t'avoir. Il faut se mettre dans la tête que les gens se préparent toujours pour toi. Qu'ils seront méchants avec toi. Donc, il faut toujours être attentif, être présent.""Il y a des jours où le ballon tombe devant toi, et tu n'as qu'à le pousser au fond. Mais des fois, cette chance n'est pas là et si tu veux marquer quand même, tu dois un peu plus te casser la tête." "Quand tu sens une crainte chez ton adversaire, tu dois en profiter. Parce que quelqu'un qui te craint va chercher des fautes, être perturbé dans ses décisions. Il faut jouer là-dessus." "Il y a des matches comme ça où, quand Dieu te donne la chance de marquer dès le départ, tu te dis que ce serait malheureux d'en rester là. Quand tu te sens en super forme et que l'équipe va avec, il faut battre le fer tant qu'il est chaud." "Le Qatar, c'était une belle expérience, j'ai bien gagné ma vie. J'ai quand même fait des bons choix dans ma carrière..." "Ça fait longtemps que ma Ferrari n'est plus sortie du garage. Je vais peut-être la vendre. La Belgique n'est pas un pays de Ferrari. Il pleut tout le temps, il y a des radars partout. Cette voiture, c'était un caprice, une folie. J'ai toujours rêvé d'avoir une Ferrari rouge. Je l'ai achetée au Qatar. Mais dès que je l'ai eue, le charme a disparu. Pour tout te dire, ma mère n'est même pas au courant que j'ai une Ferrari. Parce qu'elle n'accepte pas ce genre de truc." "J'ai été cash par rapport à l'équipe nationale, je voulais faire changer les choses et j'ai dit ce que j'avais à dire. La fédération a exigé que je m'excuse pour pouvoir revenir en sélection. J'ai répondu: Ce serait trop bizarre de m'excuser pour avoir dit la vérité. Si je m'étais excusé, je serais passé pour un gros menteur, mon image en aurait pris un coup. Pas question." "Je ne peux pas te citer un joueur sur Terre qui n'a pas envie de jouer la Coupe du monde. Mais ça va être très compliqué pour moi. Si le sélectionneur et - surtout - la fédé avaient l'intention de me reprendre, j'aurais été repris pour les derniers matches. Mais même pour les amicaux, je n'ai même pas reçu une petite invitation. Je l'aurais méritée. Qu'on le veuille ou non, je suis le meilleur buteur tunisien à l'étranger. Et il n'y a pas 15.000 Tunisiens qui jouent dans des championnats de bon niveau. On connaît Hamdi Harbaoui, ils font des choix, je dois les respecter. Je garde un petit espoir. Mais si je ne vais pas en Russie, ce n'est pas ça non plus qui va gâcher ma carrière." "Je reste le petit chat noir de la sélection." "Les Tunisiens adorent mettre une grosse ambiance, mais c'est sans problème. On n'a pas un public qui casse, comme nos amis marocains. Tu te souviens du match Belgique-Tunisie à Bruxelles juste avant la Coupe du monde au Brésil? Les seuls incidents de la soirée, c'étaient les grêlons qui étaient tombés sur le stade." "Je regrette que ça ne se soit pas bien passé pour moi à Anderlecht. Je le regretterai toujours, je sais. Mais bon, ça ne va pas non plus gâcher ma carrière. Anderlecht ne va pas laisser une trace noire." "Là-bas, même quand je jouais, j'étais mal utilisé. Ma place, c'est celle de pur numéro 9. Si tu me mets sur un côté, je ne serai pas productif parce que ce n'est pas fait pour moi. Et si tu me laisses sur le banc, là, c'est complètement sûr que je ne serai pas productif..." "Il y a des entraîneurs qui ont des couilles, qui ont du caractère, et d'autres qui n'en ont pas. Et voilà, c'est tout. René Weiler, par rapport à moi, il n'avait pas de couilles, ça je le dis. Je n'ai pas apprécié sa manière d'être, parce que moi, j'ai toujours été un homme avec les gens." "Avec Hein Vanhaezebrouck, j'ai tout fait pour me montrer dans les matches où il me donnait ma chance. Mais il ne me l'a pas souvent donnée, hein." "Demande-moi si je vais marquer avec Zulte Waregem, je te répondrai oui. Demande-moi si Anderlecht va marquer, je te répondrai que je n'en sais rien. C'est leur problème. Leur problème à eux." "Quand Lukasz Teodorczyk enchaînait les matches sans marquer, bien sûr que je me disais que j'allais recevoir ma chance. Après, je ne pouvais pas sauter du banc et aller sur le terrain sans l'accord de l'entraîneur."