À Sport/Foot Magazine, vous le savez, on n'est pas du genre à vous mentir. On se doit donc de vous avouer qu'au sortir du week-end dernier, on craignait ce 14 Juillet autant qu'Amandine Henry et Eugénie Le Sommer flippent au moment de découvrir la dernière sélection de Corinne Diacre. On tremblait à l'idée que le feu d'artifice habituel tire ses fusées jusqu'à Rotherham, via les coups de casque de Wendie Renard ou de fusil de Marie-Antoinette Katoto.
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À Sport/Foot Magazine, vous le savez, on n'est pas du genre à vous mentir. On se doit donc de vous avouer qu'au sortir du week-end dernier, on craignait ce 14 Juillet autant qu'Amandine Henry et Eugénie Le Sommer flippent au moment de découvrir la dernière sélection de Corinne Diacre. On tremblait à l'idée que le feu d'artifice habituel tire ses fusées jusqu'à Rotherham, via les coups de casque de Wendie Renard ou de fusil de Marie-Antoinette Katoto. Il faut dire que le premier dimanche de l'EURO 2022 avait vu l'Équipe de France, troisième mondiale, écraser une Italie étonnamment apathique (5-1) dans la foulée d'un nul pas malheureux contre l'Islande pour les Red Flames (1-1). Cumulé à des joueuses belges sorties cuites de la fournaise de l'Academy Stadium de Manchester City et à une Janice Cayman absente de l'entraînement à deux jours du choc, la question était plutôt de savoir comment éviter de se faire dévorer par les Bleues.Sauf que. Sauf que les Flames ont défendu avec les ovaires, à l'image d'une Laura De Neve qui n'a pas hésité à jouer de l'épaule pour expédier au sol l'excellente numéro 10 française Clara Mateo à l'heure de jeu. Sans manque ni excès de respect pour des géantes du foot européen, juste ce que l'on attend d'une nation ambitieuse comme la nôtre, qui petit à petit se taille une place parmi "celles qui comptent."Sauf que. Sauf que cette fois, Ives Serneels a sorti ses cartouches beaucoup plus tôt dans le match, en faisant notamment monter une Marie Minnaert incisive à la mi-temps suite au coup de moins bien d'une Jody Vangheluwe dépassée sur son flanc droit. Sauf que les Flames ont rempli leur mission qui consistait à profiter de chaque occasion : un tir cadré, un but, le compte y est. Et quel but, avec ce délicieux enchaînement contrôle poitrine-passe dans l'espace pour mystifier Griedge Mbock et Eve Périsset signé Tessa Wullaert vers Cayman, qui, elle, a pris le dessus sur la capitaine Renard pour glisser le ballon sous une Pauline Peyraud-Magnin pas toujours à son affaire sur les rares incursions noir-jaune-rouge (36e). Quand Nicky ne craint personneOui, sur papier, la France et son effectif gorgé de stars 100% professionnelles devaient nous "écraser". Sauf que, encore une fois, Nicky Evrard a décidé de rappeler pourquoi elle est numéro 1 dans la hiérarchie des gardiennes malgré la présence de plus en plus pesante de Diede Lemey, élue meilleure dernier rempart du Calcio. Décisive, elle l'a encore été dans ce match. D'abord sur une reprise de la Parisienne Kadidiatou Diani sur un centre venu (comme trop souvent) du flanc gauche de l'infatigable duo Delphine Cascarino-Sakina Karchaoui (16e). Un arrêt réflexe sans lequel la saignée tant redoutée aurait pu avoir lieu, étant donné qu'à ce moment-là, le marquoir indiquait déjà 1-0 (but à la sixième minute de Diani) pour des Françaises qui dominaient outrageusement les débats. Mais celle qui, rappelons-le, dirige une société de location de châteaux gonflables dans "la vraie vie", s'est également interposée sur plusieurs incursions d'Ouleymata Sarr, remplaçante au quart d'heure de la grande Katoto, touchée au genou. Et sur ce penalty signé Renard (89e), tiré trop mollement face à une Evrard inspirée qui a plongé du bon côté. On remerciera au passage la patronne française pour cet invraisemblable raté alors que la cage belge était vide. "Renard des surfaces", pour paraphraser la FFL. Au-delà de ce bad buzz, celle qui voulait éviter d'être à nouveau nommée "Flame of the Game" n'aura loupé que ça dans sa soirée: c'est bien elle qui a encore recueilli les suffrages.Une défaite qui pousse à la fierté... et à l'espoir !On se gardera tout de même de fanfaronner. Car même en se montrant plus audacieuses en seconde période, à mesure que les Tricolores, elles, devenaient de plus en plus brouillonnes, prendre un point contre la France aurait constitué le casse du siècle pour les Flames, comme le confirme un rapide coup d'oeil sur la feuille de stats : 38% de possession de balle belge (sans vouloir remuer le couteau russe dans la plaie), 26 tirs à deux, difficile de vraiment réclamer beaucoup plus. Impossible non plus de passer sous silence le fait que ce sont les mêmes erreurs qui ont coûté cher au moment des buts adverses. Sur le second, notamment, c'est à nouveau un deuxième ballon suivant un coup de coin mal dégagé qui amène le centre et le coup de tête de la Lyonnaise Mbock (41e). Tout cela cinq petites minutes après l'euphorie de l'égalisation signée "Lady Jaja". Rageant. Et à corriger pour l'ultime rencontre de poules qui s'annonce ce lundi face à l'Italie. Tout comme ce manque d'intensité et de précision dans les passes que l'on retrouve encore trop souvent lorsqu'il s'agit d'armer des contre-attaques, l'arme ultime quand l'opposition est en théorie plus forte, comme ça sera le cas contre la Nazionale.Le rendez-vous est donc pris ce lundi 18 juillet à 21h00, heure belge. La donne sera simple : il faudra montrer le même visage qu'en deuxième période, cette attitude lucide mais sans peur. Être ces Flames qui ont "montré de quoi elles étaient capables", pour reprendre les mots de la vice-capitaine Julie Biesmans (voir la vidéo ci-dessus). Qui ne se sont pas effondrées après un premier but précoce (contrairement aux Italiennes). Ces Italiennes qui font partie de ces nations qui ont fortement progressé ces dernières années. Mais jusqu'à preuve du contraire, la Squadra affiche le même bilan que nous. Alors on se dit que comme contre la Suisse en décembre 2020, tout est possible. Parce qu'on sait que les Red Flames en ont encore sous la pédale, surtout en reconversion. Qu'elles ont la dalle, à l'image d'une Janice Cayman qui qualifiait la défaite face à la France de "dommage", ou d'un Serneels qui lui parlait de "déception". Un discours qu'on l'on aurait cru inaudible après une préparation peu convaincante. Ce quart de finale annoncé comme objectif officiel, peut-être n'est-il pas si fou après tout ? On a envie d'y croire. Et pas uniquement à cause de la perspective de devoir s'emmerder jusqu'à l'hiver prochain pour beugler la Brabançonne devant du foot. Parce que la flamme, elle est toujours là.