Les semaines se suivent et se ressemblent pour Anderlecht, on continue à dire chaque lundi qu'il y avait quelque chose d'intéressant à voir sur la pelouse avec ces gamins qui font le maximum pour proposer un football léché. Mais ça reste extrêmement problématique au niveau du classement. Et rien n'indique que ça devrait changer dans les prochaines semaines, dans les prochains mois. Le problème est bien là, il est identifié et je prévois qu'il va durer toute la saison.

Anderlecht qui prend 5 points en 7 matches, Anderlecht qui marque 5 malheureux buts en 7 matches... on est en train de vivre un moment historique. Tu ne marques pas, tu ne gagnes pas, c'est une loi non écrite du foot. Simon Davies ne sait vraiment plus à quel saint se vouer pour inverser la courbe. Samir Nasri en pointe. Ou Isaac Thelin. Ou Pieter Gerkens. Ou Nacer Chadli. Personne n'arrive à convaincre. Normal, finalement, puisque personne n'a le profil d'un vrai attaquant de pointe. Aucun de ces joueurs n'a les qualités spécifiques pour peser pendant une heure et demie sur une défense.

Tu cherches à bien jouer au foot contre un Antwerp hyper réaliste, tu te fais punir au bout du compte. Il n'y a rien de bien étonnant dans le scénario du match de dimanche. Tu ne gagnes rien avec la possession si ça ne se prolonge pas par des occasions nettes avec un gars capable de les mettre au fond. La frustration de Simon Davies et Vincent Kompany après la défaite était un signe : ils voient bien que ça ne va pas comme ça ! Et puis, ils voudraient que des gamins soient les leaders, les patrons d'une équipe en perdition. Ça aussi, c'est très compliqué à mettre en oeuvre. Cet Anderlecht n'a pas de puissance offensive, pas d'équilibre dans son noyau, la défense est friable, vraiment je ne vois pas de solution à court terme.

" Le Standard et Gand arrivent à nous en mettre plein la vue. "

Point de vue opposition de styles, c'était difficile de faire mieux que cet Anderlecht - Antwerp. Les jeunes qui veulent produire du jeu d'un côté, les vieux qui n'en ont rien à faire en face. L'équipe de Laszlo Bölöni n'est pas là pour soigner le spectacle. Là-bas, c'est expérience et art de mettre le pied. Et ça marche. Tu as deux gars en panne de temps de jeu qui débarquent, Steven Defour et Kevin Mirallas. Ils sont vite dans l'équipe et ils font directement le boulot en se mettant au diapason de leurs coéquipiers. Efficacité d'abord, le style attendra.

C'est quand même rassurant de voir que, derrière Bruges et le type de jeu qu'on lui connaît, il y a cette saison des clubs qui essaient de combiner style et efficacité, et qui y arrivent. On a la vraie révélation, Mouscron, de plus en plus étonnant surtout quand on voit le paquet de bons joueurs de la saison passée qui ne sont plus là. Et puis il y a deux équipes qui m'en mettent plein la vue. Le Standard de la deuxième mi-temps à Ostende, c'était beau et costaud. L'ensemble est solide, et quand quelques individualités à des postes clés comme Paul-José Mpoku, Maxime Lestienne et Samuël Bastien passent la sixième, ça bonifie d'un coup l'ensemble de l'équipe. Directement, le match bascule complètement et le Standard se met définitivement à l'abri. C'est frappant aussi de voir que les qualités du Standard, cette saison, s'expriment de la même façon à l'extérieur qu'à domicile.

Je suis aussi frappé par le niveau de Gand. Jess Thorup a parfaitement les choses en mains. Là-bas aussi, on a décidé d'ajouter la manière aux résultats. Thorup met en place un 4-4-2 avec un losange au milieu qu'on ne voit plus trop dans notre championnat. Ça marche très bien. Tout le monde connaît son rôle, Sven Kums redevient petit à petit Sven Kums, Vadis Odjidja rayonne et prend de plus en plus de responsabilités. Dans l'état actuel, le Standard et Gand me semblent clairement être les deux rivaux les plus dangereux pour Bruges.