1. Ton Standard est-il candidat au titre et te retrouves-tu encore dans le football belge ou préfères-tu suivre le cyclisme ?
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1. Ton Standard est-il candidat au titre et te retrouves-tu encore dans le football belge ou préfères-tu suivre le cyclisme ? Franchement ? Si je dois choisir entre le Tour de France et du football à la télévision, par exemple la Supercoupe, je suis le Tour. Sans aucun doute. Le Standard est-il candidat au titre ? Je l'espère. Quand on se qualifie aisément pour les PO1, on est automatiquement candidat, certainement sur base de ce qu'a failli réussir le Standard récemment, en ressuscitant. Je suis content du retour d'Orlando Sa. Il trouve facilement le chemin des filets et le Standard en avait besoin. Maintenant, il faut assumer le poids de l'héritage de Sa Pinto. Il faut faire aussi bien et c'est tout sauf évident. J'aimais bien Sa Pinto. Sa principale qualité, c'est de se faire suivre aveuglément par ses joueurs, même quand ça va moins bien. C'est un défi pour Michel Preud'homme mais je lui grée bien cette chance. Il est un ami. 2. Es-tu fâché sur Carcela et Edmilson, ou déçu ? Carcela m'a agréablement surpris la saison passée. Il n'avait jamais été aussi bon. Il doit bien y avoir une raison au fait qu'il n'a jamais réussi dans un tout grand club. Il possède tous les outils requis sur le plan sportif. Mais il est jouette, même aux moments où il devrait être plus mature, plus discipliné. Il vient encore de rentrer avec une semaine de retard... (Il soupire). Quand on a ça dans le sang, apparemment, c'est pour toujours. Edmilson va se plaire au Qatar. Il n'y manquera ni de soleil ni d'argent. Il y fait bon vivre, sauf pendant les trois mois d'été, qui sont vraiment à éviter. Je ne condamne pas son choix. Il assure son avenir. Je constate que beaucoup des joueurs que j'ai dirigés au Qatar y sont toujours alors qu'ils auraient pu partir, depuis cinq ans. Donc, ça ne doit pas être si mal. Je ne trouve pas que le football belge ait progressé ni reculé ces dernières années. S'il y a de plus en plus de footballeurs étrangers, c'est parce qu'ils sont moins chers que les belges. 3. Quelle est la principale qualité d'Ivan Leko au Club ? D'avoir été champion. Quand on n'a pas la capacité d'obtenir des résultats, on fait long feu. 4. Es-tu soulagé ou déçu que les Diables Rouges aient amélioré la quatrième place que tu avais obtenue durant un Mondial ? Je suis super soulagé. Heureux de la qualité du football développé par les Diables Rouges et par l'unité dont ils ont fait preuve. La sélection n'a jamais été aussi forte. C'est la meilleure équipe que la Belgique ait jamais eue, en talent individuel. Quand on voit ce qu'Eden Hazard fait sur le terrain, on ne peut que le supporter. (Il réfléchit.) Hazard a vraiment porté l'équipe. Ce qui m'a agréablement surpris, c'est que nous avons enfin une bonne occupation du flanc droit, avec Thomas Meunier. Sa mentalité offensive me plaît particulièrement. Je m'y reconnais, même si cette équipe appliquait un autre système de jeu. 5. Le Lierse, un des clubs avec lesquels tu as vécu tes plus beaux succès, vient de tomber en faillite. Est-ce que cela te touche ? J'ai surtout été choqué qu'un de mes meilleurs joueurs d'alors, Eric Van Meir, ait été privé de la chance de rester entraîneur. Je ne dis pas que je pressentais déjà en 1997 ce qui se passerait mais j'étais conscient que notre performance était exceptionnelle. Être champion avec le Lierse, c'était une utopie. Ça ne pouvait arriver qu'une seule fois dans son histoire. J'espère pour Nico Van Kerckhoven qu'il va aller mieux car Nico est un des meilleurs joueurs que j'ai dirigés. Je le reconnais toujours, même s'il a préféré Schalke 04 alors que je voulais l'attirer au PSV.