Quel souvenir conserves-tu des premières années chez les Diables, quand tout était plus difficile ?

NICOLAS LOMBAERTS: L'ambiance n'était pas terrible. Les résultats étaient mauvais et il y avait toujours quelque chose de négatif. On finissait pas rigoler de nous. Être Diable rouge ne constituait plus un honneur. L'équipe était très stressée. Je me rappelle d'un match contre le Portugal de Cristiano Ronaldo. Avant même le coup d'envoi, nous savions que ce serait pénible. De fait, nous avons essuyé une raclée : 4-0. Nous entamions les matches sans confiance. Même contre des adversaires comme l'Arménie, on avait peur de ne pas gagner. Nous finissions par en rigoler pour nous défaire de ce stress.

Nous avions nettement moins de talent. Celui qui jouait aux Pays-Bas était un grand monsieur. Maintenant, il ne serait pas évident pour un joueur comme moi, issu de Gand, de devenir Diable, car on dispose maintenant de ténors d'envergure mondiale. Comme Kevin De Bruyne. Nous pouvons être heureux de dénombrer autant de grands joueurs au sein d'une même levée. C'est inouï pour un petit pays. À mes débuts, il était très difficile d'obtenir un transfert en Angleterre, par exemple.

Nous avons formé une équipe phénoménale. Nous aurions pu être sacrés champions d'Europe en 2016. Nous en sommes capables cette fois, de même que nous pouvons être champions du monde l'année prochaine. Allez : Lukaku est champion en Italie, De Bruyne en Angleterre, Hazard et Courtois peut-être en Espagne. Trois Belges ont disputé les demi-finales de Ligue des champions. Quand j'ai gagné la Coupe UEFA avec le Zenit, c'était une performance, mais maintenant, un Belge doit gagner la Ligue des Champions pour qu'on se souvienne de lui.

As-tu senti un revirement s'opérer, à un moment donné ?

LOMBAERTS: L'embauche de Dick Advocaat a tout changé. Il paraissait impossible d'enrôler un tel monument à l'époque, car il n'y avait pas d'argent. Le fait qu'il soit venu prouvait qu'il pensait pouvoir réussir quelque chose avec les Diables. Je l'avais connu au Zenit et j'avais toujours eu le sentiment qu'il avait une excellente vision de ce qui était possible ou pas, qu'il repérait les bons joueurs. À son arrivée, j'ai senti qu'un revirement était possible. L'entourage de l'équipe et les supporters l'ont perçu : "Si Advocaat y croit, nous aussi." Les joueurs ont suivi.

Quand Leekens lui a succédé, l'équipe était déjà lancée. Il a su surfer là-dessus. Nous aurions déjà pu nous qualifier pour l'EURO 2012. C'est devenu dingue ensuite : d'un coup, nous avons joué nos matches dans des stades combles. Au début, nous étions surpris. J'ai disputé des matches devant moins de 10.000 personnes, dont la moitié étaient invitées pour donner l'impression que les tribunes n'étaient pas vides.

Qu'a changé Advocaat, concrètement ?

LOMBAERTS: Il a tout professionnalisé. Il obtenait plus facilement ce qu'il demandait que ses prédécesseurs, car il suscitait le respect, y compris celui des joueurs. Il a du charisme, manie très bien la carotte et le bâton. Il est une sorte de grand-père qui insuffle confiance aux joueurs. C'est un passionné de football. Je ne pense pas qu'il y ait eu quelque chose de plus important dans sa vie.

NICOLAS LOMBAERTS: L'ambiance n'était pas terrible. Les résultats étaient mauvais et il y avait toujours quelque chose de négatif. On finissait pas rigoler de nous. Être Diable rouge ne constituait plus un honneur. L'équipe était très stressée. Je me rappelle d'un match contre le Portugal de Cristiano Ronaldo. Avant même le coup d'envoi, nous savions que ce serait pénible. De fait, nous avons essuyé une raclée : 4-0. Nous entamions les matches sans confiance. Même contre des adversaires comme l'Arménie, on avait peur de ne pas gagner. Nous finissions par en rigoler pour nous défaire de ce stress. Nous avions nettement moins de talent. Celui qui jouait aux Pays-Bas était un grand monsieur. Maintenant, il ne serait pas évident pour un joueur comme moi, issu de Gand, de devenir Diable, car on dispose maintenant de ténors d'envergure mondiale. Comme Kevin De Bruyne. Nous pouvons être heureux de dénombrer autant de grands joueurs au sein d'une même levée. C'est inouï pour un petit pays. À mes débuts, il était très difficile d'obtenir un transfert en Angleterre, par exemple.Nous avons formé une équipe phénoménale. Nous aurions pu être sacrés champions d'Europe en 2016. Nous en sommes capables cette fois, de même que nous pouvons être champions du monde l'année prochaine. Allez : Lukaku est champion en Italie, De Bruyne en Angleterre, Hazard et Courtois peut-être en Espagne. Trois Belges ont disputé les demi-finales de Ligue des champions. Quand j'ai gagné la Coupe UEFA avec le Zenit, c'était une performance, mais maintenant, un Belge doit gagner la Ligue des Champions pour qu'on se souvienne de lui. LOMBAERTS: L'embauche de Dick Advocaat a tout changé. Il paraissait impossible d'enrôler un tel monument à l'époque, car il n'y avait pas d'argent. Le fait qu'il soit venu prouvait qu'il pensait pouvoir réussir quelque chose avec les Diables. Je l'avais connu au Zenit et j'avais toujours eu le sentiment qu'il avait une excellente vision de ce qui était possible ou pas, qu'il repérait les bons joueurs. À son arrivée, j'ai senti qu'un revirement était possible. L'entourage de l'équipe et les supporters l'ont perçu : "Si Advocaat y croit, nous aussi." Les joueurs ont suivi. Quand Leekens lui a succédé, l'équipe était déjà lancée. Il a su surfer là-dessus. Nous aurions déjà pu nous qualifier pour l'EURO 2012. C'est devenu dingue ensuite : d'un coup, nous avons joué nos matches dans des stades combles. Au début, nous étions surpris. J'ai disputé des matches devant moins de 10.000 personnes, dont la moitié étaient invitées pour donner l'impression que les tribunes n'étaient pas vides. LOMBAERTS: Il a tout professionnalisé. Il obtenait plus facilement ce qu'il demandait que ses prédécesseurs, car il suscitait le respect, y compris celui des joueurs. Il a du charisme, manie très bien la carotte et le bâton. Il est une sorte de grand-père qui insuffle confiance aux joueurs. C'est un passionné de football. Je ne pense pas qu'il y ait eu quelque chose de plus important dans sa vie.