Connaissez-vous le point commun entre Diego Maradona, Jay-Jay Okocha, Ronaldinho, Ivan De La Pena et Mousa Dembele ? Ce sont les cinq génies avec lesquels, Mauricio Pochettino, l'actuel entraîneur du PSG, dit avoir eu la chance de travailler un jour que ce soit en tant que joueur ou dans son costume de T1.
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Connaissez-vous le point commun entre Diego Maradona, Jay-Jay Okocha, Ronaldinho, Ivan De La Pena et Mousa Dembele ? Ce sont les cinq génies avec lesquels, Mauricio Pochettino, l'actuel entraîneur du PSG, dit avoir eu la chance de travailler un jour que ce soit en tant que joueur ou dans son costume de T1.Lorsque Mousa Dembélé débarque en 2012 à White Hart Lane, c'est pour reprendre le costume de meneur de jeu laissé vacant par un Luka Modric parti revêtir le smoking blanc du Real Madrid. En six ans et demi à Londres, les Spurs ont retenu les blessures mais surtout une technique hors du commun. "C'est un monstre physique aux pieds de ballerines", déclarait Eric Dier en 2016 au sujet du jeune retraité belge. "Parfois, ça me mettait un peu en colère que les gens parlent des meilleurs milieux de terrain de la Premier League et ne mentionnent pas Mousa.", pestait le meilleur fan du natif de Wilrijk, Jan Vertonghen. Formé avec lui au Beerschot, le capitaine des Diables rouges a toujours tenu Dembele en haute estime. "J'ai côtoyé beaucoup de bons joueurs durant ma carrière, mais Mousa Dembélé fait certainement partie de mon top 5", estimait pour sa part un Wesley Sonck dont la sélection personnelle est, on l'imagine, moins riche que celle de Super Jan." Les joueurs l'appelaient "Le Docteur", car à chaque fois qu'il touchait le ballon, il rendait les choses meilleures" , racontait à son sujet en 2016 Mark Hughes, qui fut son coach à Fulham, dans les colonnes du Daily Express . Le grand Steven Gerrardlouait la constance de ses prestations et s'étonnait du "manque de reconnaissance de Dembélé au niveau mondial, à l'instar d'un N'Golo Kante""Au cours d'un match, je lui ai dit ce que je pensais. Comment tu parviens à faire tout ce que tu fais ? "Tu es en face de moi, je pense que je vais te tacler et tu conduis le ballon et le déplace si rapidement". Il riait.", raconte le Suisse Granit Xhaka , joueur d'Arsenal, à propos du joueur de Wikrijk. Kevin De Bruyne estimait de son côté que son coéquipier diabolique aurait été le meilleur joueur de football à cinq du monde. "Il possède une une capacité exceptionnelle à conserver le ballon et il dispose du sang-froid nécessaire pour se frayer un chemin dans le trafic adverse" , raconte le maître à jouer de Manchester City.Mais à côté des nombreuses louanges, Dembele a aussi reçu quelques critiques de ceux qui estimaient qu'il n'avait jamais vraiment exploité à 100% son immense potentiel. C'est le cas notamment d'un Joey Didulica qui défendait les perches à Alkmaar lorsque le gaucher belge y était et que le club était sous la houlette d'un certain Louis Van Gaal. "Un super joueur, et un super mec", expliquait le Croate né en Australie à Geelong où se tiendront les prochains championnats du monde de cyclisme. "Il n'a pas autant évolué depuis ses 18 ans que des Zlatan Ibrahimovic ou Rafael Van der Vaart que j'ai connu quand j'étais à l'Ajax. Mousa Dembélé a stagné et est descendu dans le jeu alors qu'il pouvait marquer plus de goals grâce à ses qualités : un tir fantastique et un dribble excellent. Mais il lui manquait sans doute le sens du buteur. A l'AZ, il jouait attaquant mais ne faisait pas assez la différence", poursuit Didulica. "Il sait tout faire: contrôler un ballon, tenir un ballon, accélérer. Marquer n'était en revanche pas son point fort", abondait dans le même sens Wesley Sonck. "Malgré son poste reculé, il utilise toujours ses dribbles, c'est le petit truc qu'il a en plus par rapport à d'autres milieux, écrivait à son sujet le nouvel entraîneur d'Everton Frank Lampard, ancien grand milieu de Premier League, dans une chronique dans l'Evening Standard en mars 2018. "Cela peut être dangereux, mais il est tellement fort dans ce domaine que ça bonifie son équipe. Quand il passe, ça ouvre totalement le jeu. Et en plus, c'est également un très bon tacleur. " Dangereux, en effet. Car si Mousa Dembele s'est sorti de pas mal de situations périlleuses grâce à sa conduite de balle de féline, il a aussi perdu quelques ballons chauds qui seront ensuite fatals pour son équipe. C'est cette dualité de génial dribbleur aux statistiques faméliques à celui d'absents des grands rendez-vous que nous allons aborder avec ces cinq moments qui ont marqué sa carrière.En total désamour avec sa sélection, le public belge se prend soudainement d'intérêt pour la jeune génération qui représente son pays à l'Olympiade de Pékin. Demi-finaliste de l'Euro espoirs, l'on dit beaucoup de bien de cette nouvelle cuvée censée sortir les Diables d'une ornière dans laquelle ils se sont enfoncés depuis la fin du Mondial 2002. En quarts de finale, les Belges sont opposés à l'Italie de Giovinco, Rossi et Montolivo. Pas la plus belle des générations de la Squadra Azzurra, mais une équipe difficile à manoeuvrer qui se retrouve de surcroît en supériorité numérique après seulement 17 minutes suite au renvoi au vestiaire de Thomas Vermaelen. Malgré ce désavantage, Mousa Dembélé ne semble pas plus stressé que cela. Dans sa position de soutien d'attaque derrière Kevin Mirallas, il s'amuse de l'entrejeu transalpin, marque à deux reprises, avec notamment un solo suivi d'un tir, où il est vrai, que le gardien italien Emiliano Viviano ne se montre pas des plus efficaces. Mais la classe naturelle et la technique de Mousa Dembele mettent déjà plein d'étoiles dans les yeux des fans belges qui sont persuadés d'enfin tenir un crack de classe mondial dans les frontières de leur petit Royaume. Histoire de boucler la boucle, Mousa finira donc sa carrière dans le pays qui l'a révélé au niveau international.Le petit génie de Wilrijk formé au Beerschot a commencé sa carrière aux Pays-Bas du côté de Willem II Tilburg en 2005. Une saison dans le Brabant-Septentrional a convaincu les ambitieux dirigeants de l'AZ Alkmaar de mettre 5 millions sur la tête de la jeune promesse à peine âgée de 19 ans. Mais il ne sera pas question de sentiments pour le gaucher belge lors de son retour au stade Willem II ce soir automne 2008, le 27 septembre pour être précis. La "MouMouMagic", surnom donné par les fans de l'AZ au duo qu'il formait avec l'attaquant Mounir El Hamdaoui, fait la loi au sein de la pauvre défense de Tilburg complètement à la dérive et qui a déjà encaissé 3 buts jusqu'à cette 37e minute où l'ancien prodige de Willem II va faire mettre ses anciennes couleurs encore plus au tapis après une longue série de dribbles. Le ballon collé à sa patte gauche de velours, il se faufile dans la défense locale avant de tromper le gardien d'une frappe tout en douceur. Un éclair maradonesque qui fera le tour du monde mais qui sera malheureusement trop rare dans sa carrière. Déjà à l'époque, nous aurions dû nous poser la question de savoir si les frissons qu'allaient nous procurer Dembele ne risquaient pas d'être trop rares. En quatre ans à Alkmaar, l'inclassable belge jouera 154 matches et marquera à 36 reprises.Les Diables rouges viennent d'être repris en main par Marc Wilmots après que Georges Leekens ait quitté le navire diabolique pour le FC Bruges quelques semaines plus tôt, après avoir accompli 90% du travail. Face à des Three Lions, qui restent une référence malgré des dernières sorties décevantes en tournois internationaux, les jeunes Belges ont l'occasion de montrer ce qu'ils ont dans le ventre dans le temple de Wembley. Les hommes de Marc Wilmots rendent une copie très correcte qui lui vaudra les compliments de Roy Hodgson, le sélectionneur anglais de l'époque. Loin de se replier en défense en attendant une éventuelle contre-attaque, les Diables Rouges ont fait tourner le ballon et ont cherché à provoquer la défense locale. Et quand il faut faire tourner le ballon, Mousa Dembélé veut évidemment répondre présent. Sauf qu'à la 36e minute, le gaucher de Wilrijk se troue un peu au milieu sur une passe, il est vrai pas des plus inspirées de Guillaume Gillet. Il perd le cuir sous la pression de Steven Gerrard et sur le contre qui suit, Danny Welbeck s'en va tromper Simon Mignolet sur ce qui sera l'unique goal de cette joute amicale. "Nous leur donnons le but. Mousa avait trois hommes autour de lui. Il n'avait aucune chance, c'est de notre faute et on doit corriger cela. Nous avons été punis sur notre seule faute.", estimait d'ailleurs Willie en évoquant cette phase. Dembélé déjà perçu comme le Superman des Diables qui ne perdait jamais un ballon connaît le premier trou d'air d'une carrière qui en connaîtra malheureusement d'autres. Et pourtant, le reste de la prestation de l'Anversois sur la pelouse londonienne avait été de bonne facture."Grâce à ses accélérations, Dembélé change le sens du jeu incroyablement bien. Ce garçon est tellement fort. C'est vraiment dommage qu'il ne tente pas plus souvent sa chance au but. Pour moi, un joueur comme lui doit marquer au moins dix buts par saison.", estimait l'ancienne star anglaise de l'OM de Tapie Chris Waddle après le récital de Dembélé sur la pelouse du Juventus Stadium. "C'est le numéro 6 qu'il faut pour les Diables Rouges", n'hésite pas à affirmer le Guardian qui décrit le natif de Wilrijk comme "la tour de contrôle ultime". Sur la pelouse de la Juve, Mousa le magnifique joue 116 ballons, soit le total le plus élevé du match, remporte 12 de ses 15 duels, réussit 94 passes sur 99 (et 73 sur 78 dans la moitié de terrain adverse), adresse 2 passes clés, effectue 4 tacles, 1 interception et récupère 8 ballons. La tournée du patron, c'est Dembélé qui la distribue et ça tombe au meilleur des moments. A l'époque, la Belgique doute de sa sentinelle. Axel Witsel est parti en Chine et beaucoup craignent que son niveau en pâtisse. Le récital turinois du gaucher va relancer les rêves belges qui se disent qu'avec un tel cador devant la défense, la Coupe du monde en Russie est quasiment sur le chemin de Bruxelles. Mousa Dembélé ou l'art de nous faire rêver avant de nous faire déchanter. La suite le prouvera malheureusement...Ce qui aurait pu être l'apogée de la carrière de Mousa Dembélé sera finalement son épitaphe chez les Diables rouges. La suspension de Thomas Meunier redistribue les cartes dans le onze diabolique de Roberto Martinez et le milieu de terrain de Tottenham doit être l'arme secrète belge qui va permettre de faire la loi sur l'entrejeu français. Il n'en sera jamais rien. Encore moins inspiré que Marouane Fellaini ou Axel Witsel, Dembélé coule à pic sur la pelouse de Saint-Pétersbourg face au duo Paul Pogba et Antoine Griezmann (aidés aussi par un Olivier Giroud plus milieu qu'attaquant et venu bloquer les circuits de passes vers le milieu belge) et est remplacé, dans l'indifférence générale, à l'heure de jeu par Dries Mertens." Personne ne comprenait pourquoi Mousa Dembélé n'a pas joué pour la Belgique dans ce Mondial, mais peut-être que sa prestation léthargique en demi-finale donne des éléments de réponse. Il est apparu incapable de contrer le dynamisme de Paul Pogba. Il n'a tenté aucun tir face à la France. ", jugeait le site Football Squawka qui le mettra sans hésitation dans son flop 11 des matches du dernier carré de cette Coupe du monde russe. "C'était une déception personnelle. Tout le monde veut gagner, et on ne l'a pas fait. Je n'ai pas bien joué ce match-là, et je ne l'ai pas digéré.", avouera plus tard le silencieux Mousa. Une blessure sans doute pas refermée avec laquelle il finira sans doute sa carrière à la fin de l'année 2022 dans l'anonymat du modeste championnat chinois.