Il existe des façons moins spectaculaires de se sauver de la banqueroute. Au bord du précipice, Lommel sort par la grande porte, une licence sous le bras. Le fruit d'un accord ficelé avec le surpuissant City Football Group, qui rassemble Manchester City et sa galaxie de clubs-satellites, désormais au nombre de neuf.

Les Citizens cherchaient depuis longtemps un point de chute au coeur de l'Europe, voguant d'Ostende à Nancy en quête d'un nouveau partenariat, mais c'est finalement Lommel, son Soeverein Stadion et son statut de club le moins médiatisé de D1B qui ont su séduire le coeur et le portefeuille du groupe bleu ciel. "En comparaison avec d'autres clubs, on paie nos joueurs des cacahuètes, et on en est aujourd'hui récompensé", ironise le président Paul Kerkhofs dans les colonnes d'Het Belang van Limburg, sous-entendant que la gestion a contribué au prix plancher déposé sur la table par City.

L'homme est aujourd'hui vu comme un héros local, au bout de trois semaines de négociations qui ont installé Manchester City dans le Limbourg, contre un peu moins de deux millions d'euros nécessaires à éponger les dettes locales. Une paille, pour un groupe qui a vendu dix pourcents de ses parts à l'automne dernier contre la somme de 500 millions de dollars. L'histoire de Lommel s'entremêle désormais avec une foule de grands noms. Ce fameux deal des 10% du City Football Group était ainsi le fruit d'une rencontre entre Khaldoon Al Mubarak et Egon Durban (Silver Lake), mis en relation par l'entregent de l'impresario le plus célèbre d'Hollywood, Ari Emanuel.

Udi Schochatovitch n'aura passé qu'un an à la tête de Lommel., Belga
Udi Schochatovitch n'aura passé qu'un an à la tête de Lommel. © Belga

D'UDI À CITY

Avant cela, il n'y avait qu'Udi Schochatovitch, avocat israélien débarqué avec faste mais presque en solo douze mois plus tôt. Au volant de sa BMW édition limitée (seuls 18 modèles sont en circulation), celui qui est l'avocat historique de Pini Zahavi a vu son aventure belge tourner court pour les mêmes raisons qui font que son compatriote a dû fuir officiellement Mouscron. La Commission des Licences a remarqué une infraction à l'article 407.2 du règlement, étant donné que l'Académie de Schochatovitch en Gambie était dirigée par Alivano Investment Limited, une société d'investissements chypriote consacrée à l'accompagnement de joueurs.

L'Israélien, qui n'avait jamais caché que les facilités du business autour du ballon rond avaient guidé son installation en Belgique, a donc quitté Lommel, rapidement remplacé par les Citizens. Coïncidence ou non, le Cheik Mansour était arrivé à la tête du club de Manchester voici douze ans par l'intermédiaire de Pairoj Piempongsant, aujourd'hui propriétaire de Mouscron et alors conseiller de Thaksin Shinawatra, indirectement chassé de City par le gel de ses avoirs. Autour de cette revente, Pini Zahavi n'était jamais bien loin. En 2007, peu après l'arrivée de Shinawatra, il avait profité de ses excellents rapports avec Piempongsant pour contribuer aux venues de Sven-Goran Eriksson ou Robinho à Manchester. Difficile d'imaginer que l'Israélien était totalement absent du deal un an plus tard. Quoi qu'il en soit, Zahavi connaît bien la maison bleu ciel, et Schochatovitch est toujours dans les parages de son client historique.

Les arguments qui semblent avoir séduit les Citizens sont en tout cas les mêmes que ceux avancés par leur prédécesseur à la tête de Lommel: la proximité de l'aéroport d'Eindhoven, qui permet de rallier rapidement l'Angleterre, et la pression populaire moindre, offrant une marge de manoeuvre plus importante qu'à Anvers, par exemple. Schochatovitch avait visité l'Antwerp, mais vite compris que "si vous n'y performez pas, vous pouvez avoir 10.000 personnes devant votre maison. Ici, ce ne sera pas le même problème."

Lommel est le paradis d'une croissance tranquille, que le City Group devra mener avec modération, car une qualification européenne poserait problème face à l'UEFA, qui interdit deux clubs d'un propriétaire identique de disputer la même Coupe d'Europe.

Il existe des façons moins spectaculaires de se sauver de la banqueroute. Au bord du précipice, Lommel sort par la grande porte, une licence sous le bras. Le fruit d'un accord ficelé avec le surpuissant City Football Group, qui rassemble Manchester City et sa galaxie de clubs-satellites, désormais au nombre de neuf.Les Citizens cherchaient depuis longtemps un point de chute au coeur de l'Europe, voguant d'Ostende à Nancy en quête d'un nouveau partenariat, mais c'est finalement Lommel, son Soeverein Stadion et son statut de club le moins médiatisé de D1B qui ont su séduire le coeur et le portefeuille du groupe bleu ciel. "En comparaison avec d'autres clubs, on paie nos joueurs des cacahuètes, et on en est aujourd'hui récompensé", ironise le président Paul Kerkhofs dans les colonnes d'Het Belang van Limburg, sous-entendant que la gestion a contribué au prix plancher déposé sur la table par City.L'homme est aujourd'hui vu comme un héros local, au bout de trois semaines de négociations qui ont installé Manchester City dans le Limbourg, contre un peu moins de deux millions d'euros nécessaires à éponger les dettes locales. Une paille, pour un groupe qui a vendu dix pourcents de ses parts à l'automne dernier contre la somme de 500 millions de dollars. L'histoire de Lommel s'entremêle désormais avec une foule de grands noms. Ce fameux deal des 10% du City Football Group était ainsi le fruit d'une rencontre entre Khaldoon Al Mubarak et Egon Durban (Silver Lake), mis en relation par l'entregent de l'impresario le plus célèbre d'Hollywood, Ari Emanuel.Avant cela, il n'y avait qu'Udi Schochatovitch, avocat israélien débarqué avec faste mais presque en solo douze mois plus tôt. Au volant de sa BMW édition limitée (seuls 18 modèles sont en circulation), celui qui est l'avocat historique de Pini Zahavi a vu son aventure belge tourner court pour les mêmes raisons qui font que son compatriote a dû fuir officiellement Mouscron. La Commission des Licences a remarqué une infraction à l'article 407.2 du règlement, étant donné que l'Académie de Schochatovitch en Gambie était dirigée par Alivano Investment Limited, une société d'investissements chypriote consacrée à l'accompagnement de joueurs.L'Israélien, qui n'avait jamais caché que les facilités du business autour du ballon rond avaient guidé son installation en Belgique, a donc quitté Lommel, rapidement remplacé par les Citizens. Coïncidence ou non, le Cheik Mansour était arrivé à la tête du club de Manchester voici douze ans par l'intermédiaire de Pairoj Piempongsant, aujourd'hui propriétaire de Mouscron et alors conseiller de Thaksin Shinawatra, indirectement chassé de City par le gel de ses avoirs. Autour de cette revente, Pini Zahavi n'était jamais bien loin. En 2007, peu après l'arrivée de Shinawatra, il avait profité de ses excellents rapports avec Piempongsant pour contribuer aux venues de Sven-Goran Eriksson ou Robinho à Manchester. Difficile d'imaginer que l'Israélien était totalement absent du deal un an plus tard. Quoi qu'il en soit, Zahavi connaît bien la maison bleu ciel, et Schochatovitch est toujours dans les parages de son client historique.Les arguments qui semblent avoir séduit les Citizens sont en tout cas les mêmes que ceux avancés par leur prédécesseur à la tête de Lommel: la proximité de l'aéroport d'Eindhoven, qui permet de rallier rapidement l'Angleterre, et la pression populaire moindre, offrant une marge de manoeuvre plus importante qu'à Anvers, par exemple. Schochatovitch avait visité l'Antwerp, mais vite compris que "si vous n'y performez pas, vous pouvez avoir 10.000 personnes devant votre maison. Ici, ce ne sera pas le même problème." Lommel est le paradis d'une croissance tranquille, que le City Group devra mener avec modération, car une qualification européenne poserait problème face à l'UEFA, qui interdit deux clubs d'un propriétaire identique de disputer la même Coupe d'Europe.