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En 2018, Anderlecht a plus perdu que gagné !

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Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, il est difficile de trouver du positif chez les Mauves en 2018.

Andy Najar et Pieter Gerkens. © Belga

Je croyais que la direction d'Anderlecht allait maintenir Hein Vanhaezebrouck au moins jusqu'à la fin de l'année, qu'elle allait encore lui accorder les deux prochains matches pour faire ensuite le point, calmement. Mais est-ce qu'on peut vraiment reprocher aux patrons d'avoir tranché dans le vif après la parodie de football qu'on a vue sur le terrain du Cercle ?

J'étais en studio pour la télé flamande, dimanche. Avant le coup d'envoi, j'ai dit que pour le Sporting, c'était plus que jamais le match qu'il fallait dominer et gagner. Anderlecht sortait d'une sale série, avec un point en trois matches. Il fallait donner un coup de rein pour ne pas perdre le contact avec la tête du classement. Et puis, en face, il y avait un Cercle qui ne traverse quand même pas sa meilleure période et qui était privé de l'un ou l'autre joueur important.

Mais bon, quand tu vois les Anderlechtois monter sur le terrain avec ce maillot horrible, déjà ça part mal. Qui a imaginé une tenue pareille, qui a retenu cette couleur improbable ? Pour n'importe quel bon club, il y a une façon de se présenter, un look à respecter. C'est un ingrédient du charisme de l'institution. Si tu veux être considéré comme le plus beau club du pays, tu dois avoir des joueurs habillés correctement. Mais là...

"Quand tu vois les Anderlechtois avec ce maillot horrible, déjà, ça part mal. Qui a imaginé une tenue pareille" ?

Anderlecht n'a pas été meilleur que le Cercle en première mi-temps. Il a fait jeu égal. C'est déjà ça. Mais en deuxième mi-temps, quelle catastrophe! En une heure et demie, il y a eu un seul essai cadré, c'était le but. Rien d'autre. Aucune révolte après le penalty accordé aux Brugeois. Un jeu qui piquait aux yeux. Quand tu vois que Sebastiaan Bornauw se retrouve subitement à la pointe de l'attaque et qu'on se met à lui balancer des longs ballons, où est-on ? C'est Anderlecht, quand même...

Les statistiques mauves sur l'ensemble de l'année civile sont affolantes. Ça doit être du jamais vu. Il y a eu plus de défaites que de victoires. Ils ont perdu 18 fois, ils n'ont gagné que 17 fois. Allez, il reste deux matches pour inverser la tendance et repasser dans la colonne du positif. Ce sera contre Mouscron et Waasland-Beveren... c'est triste à dire mais ce n'est pas gagné d'avance.

Si les Mauves avaient été à leur niveau dans d'autres compétitions, ça passerait peut-être plus facilement. Mais non, ils ont été encore plus médiocres ailleurs qu'en championnat. Cinq matches sur six sans marquer dans une poule d'Europa League qui aurait pu difficilement être plus abordable. Une élimination en Coupe de Belgique sans mettre un seul but contre l'Union Saint-Gilloise. Comment tu veux trouver du positif dans 2018 ?

Ils peuvent toujours justifier des circonstances atténuantes. Oui, il y en a l'une ou l'autre. La reprise a été très compliquée. Mais rater deux fois de suite sa campagne des transferts, est-ce que ça peut être considéré comme une circonstance atténuante ? Pas sûr. Par contre, on avait compris dès le départ que le style de Marc Coucke et celui de Hein Vanhaezebrouck n'étaient pas faits pour une bonne cohabitation. Il y avait d'un côté un Luc Devroe qui a des conceptions assez proches de celles de Vanhaezebrouck, et de l'autre un Coucke qui voit les choses autrement.

Ça vaut le coup, en tout cas, de relire les articles de presse parus au moment où Vanhaezebrouck a signé. Il était le meilleur coach possible pour Anderlecht, on allait enfin revoir du beau football, on allait avoir des résultats. Au bout du compte, ça a été un cauchemar pour lui et pour le club, et on en est arrivé à un divorce douloureux.