Au milieu des 21.416 spectateurs présents en tribunes ce dimanche soir au Heysel pour la réception de la République tchèque par les hommes de Roberto Martínez, le patron de la Fédération avait fière allure. Au côté de Romelu Lukaku, Peter Bossaert prend la pause et multiplie les sourires. Hier raillé pour un certain manque de charisme, le super manager tant recherché par la Fédé, qui est aussi devenu son CEO en septembre 2018, est, depuis le départ de Mehdi Bayat en juin, devenu le visage le plus identifiable dans le bric-à-brac fédéral.
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Au milieu des 21.416 spectateurs présents en tribunes ce dimanche soir au Heysel pour la réception de la République tchèque par les hommes de Roberto Martínez, le patron de la Fédération avait fière allure. Au côté de Romelu Lukaku, Peter Bossaert prend la pause et multiplie les sourires. Hier raillé pour un certain manque de charisme, le super manager tant recherché par la Fédé, qui est aussi devenu son CEO en septembre 2018, est, depuis le départ de Mehdi Bayat en juin, devenu le visage le plus identifiable dans le bric-à-brac fédéral.Il n'en est pas pour autant son président. À la droite de Bossaert en tribune, c'est un homme discret et inconnu du grand public avant cette première exposition en mondovision, qui fête son baptême médiatique. Robert Huygens (73 ans) est réputé discret, peu disert, et ne s'était jamais imaginé un jour prendre les rênes de l'Union belge. Pour la simple et bonne raison que cet ancien assistant social pour le SPF Justice n'a jamais brigué ce poste depuis son entrée à la Fédération en 1996, par l'intermédiaire du comité provincial de Flandre orientale. À l'époque, Huygens, âgé de 48 ans, fait presque figure de jeune homme dans une maison peu habituée à voir débarquer des quadras. 25 ans plus tard, le même Robert Huygens est devenu malgré lui la caricature la plus marquante d'une institution spécialisée dans le fait d'avancer à reculons. Et qui voit souvent dans la nomination de ses plus anciens le meilleur moyen de se projeter vers l'avenir. Homme de consensus, apprécié d'une majorité et expérimenté, Huygens a les épaules pour sublimer la fonction.En arrivant au compromis Huygens, la Fédération a reporté à juin 2022 l'élection du vrai successeur de Mehdi Bayat. Et donc rallongé de dix mois la guerre de succession déclarée cet été. Celle qui aura vu les amateurs francophones (ACFF) et flamands (VV), Philippe Godin et Marc Van Craen en tête, tenter de profiter de l'effet de surprise provoqué par le départ de l'administrateur délégué du Sporting Charleroi pour contrecarrer un scénario cousu de fil blanc.Ce n'était un secret pour personne que Mehdi Bayat avait toujours eu pour but de faire de Paul Van den Bulck (56 ans) le premier président indépendant de la Fédération à l'horizon 2023, une fois la réélection puis le départ de Bayat à mi-mandat de sa deuxième ère présidentielle entériné. Rien ne s'est passé comme prévu et l'UB n'a évidemment pas laissé passer l'occasion de transformer ce qui ressemblait de loin à un consensus de masse en fouillis illisible.La campagne électorale est donc plus que jamais ouverte. Favoris des sondages, Paul Van den Bulck paraît à ce stade partir avec six longueurs d'avance, mais le milieu n'est jamais à un retournement de veste près. Intronisé en juin dans le conseil d'administration restreint de l'Union belge, Van den Bulck va maintenant devoir faire ses preuves et conforter son statut de présidentiable.Tous les yeux seront rivés sur cet avocat bruxellois empêché de candidater cet été en raison d'un règlement à la lecture aussi floue que subjective. Si Paul Van den Bulck y résiste, il confortera sans doute la bonne première impression laissée aux administrateurs issus de la Pro League que sont Bruno Venanzi, Michel Louwagie, Michael Verschueren et Peter Willems. En juin prochain, leur soutien apparaîtra essentiel si l'Union belge veut entrer dans une nouvelle ère. L'élection d'un président indépendant issu de la diversité serait un sérieux pas en avant pour la Fédé.