C'est la 11e fois que le Conseil de l'IAAF, réuni à Monaco, recale les Russes, dont l'ultime apparition sous leurs couleurs dans une compétition internationale d'athlétisme remonte aux Championnats du monde en 2015 à Pékin. L'IAAF reste ainsi la dernière grande instance du sport mondial à bannir la Russie, réintégrée par le Comité international olympique (CIO) et l'Agence mondiale antidopage (AMA). Le rapport de la Task Force mise en place pour juger des progrès des Russes dans la lutte antidopage a certes noté des "évolutions positives", selon une source proche du dossier, comme le remboursement des frais (2,8 millions d'euros) générés par le traitement du scandale ainsi que l'accès aux données du laboratoire antidopage de Moscou. Mais la Task Force a été "troublée" par les récentes révélations sur des entraîneurs continuant à exercer après avoir pourtant été suspendus pour dopage ou l'affaire Lysenko, selon la même source. Le Sunday Times a en effet révélé le 2 juin que des responsables de la Fédération russe d'athlétisme ont aidé dans sa défense le vice-champion du monde du saut en hauteur Danil Lysenko, suspendu en août 2018 pour ne pas s'être rendu disponible à des tests antidopage. Ils ont fabriqué des documents afin de prouver qu'il était trop malade pour fournir sa localisation en vue de contrôles inopinés et sont allés jusqu'à inventer une clinique fantôme à Moscou où il aurait été soigné. La suspension de la Russie est donc prolongée au moins jusqu'au prochain Conseil de l'IAAF qui aura lieu à Doha quelques jours avant les Mondiaux (27 septembre - 6 octobre), ce qui rend hypothétique la présence d'une délégation russe en cas de réintégration à cette date. Des athlètes russes seront cependant bien présents aux Mondiaux. Ceux qui sont considérés comme irréprochables par un panel antidopage peuvent en effet participer sous drapeau neutre aux compétitions d'athlétisme. (Belga)