Tu fais ta dernière saison à Lokeren, tes derniers mois en Belgique ?

BARRY COPA : Comme on dit, on connaît le passé, on vit le présent, on ne sait rien du futur. C'est Dieu qui décide. Je ne m'étais jamais imaginé que je passerais dix ans ici et une quinzaine de saisons en Belgique. (Il fait une pause et réfléchit). Dans un an, tu reprendras rendez-vous avec moi pour une autre interview et je serai dans un grand club. C'est fou de le dire mais je le dis. En tout cas, si j'ai toujours la santé. Et je prie Dieu chaque jour pour l'avoir. Quand je vois un gardien qui s'appelle Gianluigi Buffon qui a 38 ans, qui est toujours au top, qui a toujours faim, ça m'inspire.

Si tu dois faire ton testament aux supporters de Lokeren, qu'est-ce que tu vas leur écrire ?

COPA : On ne retient que ceux qui gagnent, Monsieur ! Mes amis et moi, on s'est battus pendant des années pour gagner deux Coupes de Belgique et jouer en Coupe d'Europe. C'était grandiose. Et ça, ça va rester dans la mémoire des supporters. Lokeren m'a aussi permis de m'installer dans le but de la Côte-d'Ivoire quand l'immense Jean-Jacques Tizié m'a passé le témoin.

Quand tu vois tes coéquipiers de l'équipe nationale en Angleterre, en Espagne, en France et ailleurs, tu te dis que tu as manqué de chance ? Ou d'ambition ?

COPA : Je suis très content pour eux. Je prends plein de plaisir en voyant qu'ils en prennent. Ton destin, c'est Dieu qui le trace. Quand il décide que ça doit être comme ça, c'est comme ça. Je n'ai aucun regret, Monsieur ! Aucun regret ! Le championnat de Belgique m'a permis de faire trois Coupes du Monde, de faire trois finales de Coupe d'Afrique des Nations et d'en gagner une. Il y a des gens qui vivent dans des très grands clubs et qui n'ont jamais rien gagné avec leur équipe nationale. Tu connais Lionel Messi ? Un moment, il était tellement découragé de passer toujours à côté qu'il a même décidé d'arrêter. Alors, pourquoi je me plaindrais ?

Un bon club anglais, allemand ou espagnol prend rarement un gardien africain parce qu'il y a toujours des préjugés. Ça t'a peut-être handicapé ?

COPA : Je vois les choses autrement. Je rêvais d'être joueur de champ et je me dis que si je m'étais obstiné, je ne me serais peut-être jamais retrouvé en Europe. Je suis très content de ma vie. Je remercie Dieu pour tout ce qu'il m'a donné. Je préfère mal commencer et bien terminer. Ça n'a pas bien commencé puisque je n'ai pas été pris comme joueur de champ à l'Académie de Jean-Marc Guillou à Abidjan. Quand Guillou m'a accepté comme gardien, j'ai encore essayé de le faire changer d'avis mais j'ai vite compris que c'était mort. Si je voulais rester, je devais me mettre dans le but. Et ça se termine bien. Par la grâce de Dieu.

Tu ne te mords pas les doigts d'avoir arrêté l'équipe nationale l'année passée ?

COPA : Honnêtement ? Aucun regret Monsieur ! Dans la vie, il faut savoir partir, laisser sa place. J'ai fait près de 15 ans avec la Côte-d'Ivoire, j'ai tout vécu. Des expériences magnifiques, le trophée de la Coupe d'Afrique pour mon tout dernier match, des coéquipiers extraordinaires, des staffs extraordinaires, des dirigeants extraordinaires... Pendant 15 ans, on s'est battus pour gagner quelque chose, on est passés deux fois à côté de la CAN en perdant nos finales aux tirs au but. Certains ont lâché, ils ne sont plus venus. Découragés. Moi, je me suis accroché et on l'a enfin gagnée, cette Coupe d'Afrique. Je marque le tir au but décisif, c'était le moment rêvé pour raccrocher. Dieu m'a permis de sortir par la toute grande porte, il n'y avait pas mieux. C'était clair dans ma tête et j'ai tout fait dans l'ordre. J'ai d'abord informé ma famille que j'arrêtais. Puis j'ai pris un stylo, des feuilles et j'ai écrit un courrier au président de l'assemblée, au président de la République et au président de la Fédération. Ensuite, j'ai fait une vidéo pour le peuple ivoirien. Après tout ça, je me suis mis à prier pour que ça se passe bien pour la nouvelle génération. Je suis comblé. Comblé, Monsieur !

Par Pierre Danvoye

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Barry Copa dans votre Sport/Foot Magazine

Tu fais ta dernière saison à Lokeren, tes derniers mois en Belgique ?BARRY COPA : Comme on dit, on connaît le passé, on vit le présent, on ne sait rien du futur. C'est Dieu qui décide. Je ne m'étais jamais imaginé que je passerais dix ans ici et une quinzaine de saisons en Belgique. (Il fait une pause et réfléchit). Dans un an, tu reprendras rendez-vous avec moi pour une autre interview et je serai dans un grand club. C'est fou de le dire mais je le dis. En tout cas, si j'ai toujours la santé. Et je prie Dieu chaque jour pour l'avoir. Quand je vois un gardien qui s'appelle Gianluigi Buffon qui a 38 ans, qui est toujours au top, qui a toujours faim, ça m'inspire.Si tu dois faire ton testament aux supporters de Lokeren, qu'est-ce que tu vas leur écrire ?COPA : On ne retient que ceux qui gagnent, Monsieur ! Mes amis et moi, on s'est battus pendant des années pour gagner deux Coupes de Belgique et jouer en Coupe d'Europe. C'était grandiose. Et ça, ça va rester dans la mémoire des supporters. Lokeren m'a aussi permis de m'installer dans le but de la Côte-d'Ivoire quand l'immense Jean-Jacques Tizié m'a passé le témoin.Quand tu vois tes coéquipiers de l'équipe nationale en Angleterre, en Espagne, en France et ailleurs, tu te dis que tu as manqué de chance ? Ou d'ambition ?COPA : Je suis très content pour eux. Je prends plein de plaisir en voyant qu'ils en prennent. Ton destin, c'est Dieu qui le trace. Quand il décide que ça doit être comme ça, c'est comme ça. Je n'ai aucun regret, Monsieur ! Aucun regret ! Le championnat de Belgique m'a permis de faire trois Coupes du Monde, de faire trois finales de Coupe d'Afrique des Nations et d'en gagner une. Il y a des gens qui vivent dans des très grands clubs et qui n'ont jamais rien gagné avec leur équipe nationale. Tu connais Lionel Messi ? Un moment, il était tellement découragé de passer toujours à côté qu'il a même décidé d'arrêter. Alors, pourquoi je me plaindrais ?Un bon club anglais, allemand ou espagnol prend rarement un gardien africain parce qu'il y a toujours des préjugés. Ça t'a peut-être handicapé ?COPA : Je vois les choses autrement. Je rêvais d'être joueur de champ et je me dis que si je m'étais obstiné, je ne me serais peut-être jamais retrouvé en Europe. Je suis très content de ma vie. Je remercie Dieu pour tout ce qu'il m'a donné. Je préfère mal commencer et bien terminer. Ça n'a pas bien commencé puisque je n'ai pas été pris comme joueur de champ à l'Académie de Jean-Marc Guillou à Abidjan. Quand Guillou m'a accepté comme gardien, j'ai encore essayé de le faire changer d'avis mais j'ai vite compris que c'était mort. Si je voulais rester, je devais me mettre dans le but. Et ça se termine bien. Par la grâce de Dieu.Tu ne te mords pas les doigts d'avoir arrêté l'équipe nationale l'année passée ?COPA : Honnêtement ? Aucun regret Monsieur ! Dans la vie, il faut savoir partir, laisser sa place. J'ai fait près de 15 ans avec la Côte-d'Ivoire, j'ai tout vécu. Des expériences magnifiques, le trophée de la Coupe d'Afrique pour mon tout dernier match, des coéquipiers extraordinaires, des staffs extraordinaires, des dirigeants extraordinaires... Pendant 15 ans, on s'est battus pour gagner quelque chose, on est passés deux fois à côté de la CAN en perdant nos finales aux tirs au but. Certains ont lâché, ils ne sont plus venus. Découragés. Moi, je me suis accroché et on l'a enfin gagnée, cette Coupe d'Afrique. Je marque le tir au but décisif, c'était le moment rêvé pour raccrocher. Dieu m'a permis de sortir par la toute grande porte, il n'y avait pas mieux. C'était clair dans ma tête et j'ai tout fait dans l'ordre. J'ai d'abord informé ma famille que j'arrêtais. Puis j'ai pris un stylo, des feuilles et j'ai écrit un courrier au président de l'assemblée, au président de la République et au président de la Fédération. Ensuite, j'ai fait une vidéo pour le peuple ivoirien. Après tout ça, je me suis mis à prier pour que ça se passe bien pour la nouvelle génération. Je suis comblé. Comblé, Monsieur !Par Pierre Danvoye Retrouvez l'intégralité de l'interview de Barry Copa dans votre Sport/Foot Magazine