Igor Stimac, ex-sélectionneur de la Croatie

" Ce classement fait débat mais il est le produit le plus honnête pour classer les pays selon leur valeur puisque tout est pondéré : la force de l'adversaire, le style de match (amical ou éliminatoires) mais également la confédération dans laquelle on dispute ses éliminatoires puisque les poules sud-américaines ou européennes valent plus de points que les asiatiques. On a connu le même scepticisme avec la Croatie puisqu'on a atteint la quatrième place en avril dernier après un bon Euro et un début d'éliminatoires tonitruant. On entendait des propos disant qu'on n'avait même pas atteint les quarts de finale de l'Euro et que ce classement ne correspondait pas au niveau de l'équipe. Mais contrairement aux Belges, nous n'étions pas sur une phase ascendante, les résultats l'ont prouvé par la suite. Alors, c'est vrai que ce système ne prend en compte que les résultats et non pas le jeu déployé. Mais c'est comme cela avec tous les classements. On peut être en tête d'un championnat sans que le jeu développé ne soit à la hauteur.

Le point fort, c'est évidemment, l'abondance d'individualités de grand talent. Dans l'entrejeu, tu peux choisir entre Marouane Fellaini, Axel Witsel, Moussa Dembélé, Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Kevin Mirallas, Dries Mertens. Et tous ces joueurs évoluent dans des grands clubs. On a souvent dit que cette formation manquait de maturité. Vous trouvez qu'elle en a manqué à Zagreb ? Moi pas ! Par contre, avant le match, on avait planté les flancs défensifs comme point faible. Surtout à droite. A gauche, on savait que Jan Vertonghen pouvait nous faire très mal mais on voulait aussi que cette force puisse se retourner contre la Belgique. S'il montait souvent, on pouvait tenter de passer dans son dos, ce qu'on a essayé. En commençant les éliminatoires, je pensais cette équipe un peu déséquilibrée. Il y avait beaucoup de monde en défense centrale et dans l'entrejeu mais en un an, cette équipe s'est trouvée deux attaquants très forts et s'est stabilisée sur les côtés défensifs"

Luis Fernandez, consultant

" Cinquième mondial, ça me paraît un peu gros. Car à cette place-là, on parle d'une équipe capable de jouer la victoire finale dans un grand tournoi. Or, la Belgique a encore une étiquette d'outsider, pas de vainqueur potentiel. Cette équipe a encore besoin de s'étoffer, de progresser et de s'aguerrir avant de pouvoir revendiquer ce statut de grand d'Europe, voire du Monde. On parle quand même d'une formation qui n'a plus été dans un grand tournoi depuis 2002. En faire un vainqueur potentiel alors qu'elle n'a pas l'expérience des grands tournois, c'est brûler les étapes.

La Belgique ne doit pas avoir des espérances trop élevées pour cette Coupe du Monde. Elle doit lui servir à acquérir de l'expérience en vue du prochain EURO. Cependant, les grandes équipes devront se méfier des Diables Rouges car cette équipe mérite le respect. Elle ne cesse de progresser, tant au point de vue individuel que collectif.

C'est vrai que si on regarde ce classement, on peut se demander si la Belgique est supérieure à la France, l'Angleterre ou le Portugal, toutes des nations hors du top-10. Mais pour moi, en dehors des résultats, il y a autre chose qui différencie les Diables Rouges de ces sélections : le jeu ! Après le match nul en amical contre la France, certains Belges m'ont demandé si cette équipe valait vraiment la France. Mais pour moi, elle la surpasse ! Non pas en termes d'individualité ni d'expérience, mais en termes de projet de jeu. La Belgique sait où elle va. Elle a un système, une idée de ce qu'elle veut mettre en place."

Par Christian Vandenabeele, Stéphane Vande Velde et Frédéric Vanheule

Retrouvez l'intégralité de l'article sacré aux Diables Rouges dans votre Sport/Foot Magazine

Igor Stimac, ex-sélectionneur de la Croatie" Ce classement fait débat mais il est le produit le plus honnête pour classer les pays selon leur valeur puisque tout est pondéré : la force de l'adversaire, le style de match (amical ou éliminatoires) mais également la confédération dans laquelle on dispute ses éliminatoires puisque les poules sud-américaines ou européennes valent plus de points que les asiatiques. On a connu le même scepticisme avec la Croatie puisqu'on a atteint la quatrième place en avril dernier après un bon Euro et un début d'éliminatoires tonitruant. On entendait des propos disant qu'on n'avait même pas atteint les quarts de finale de l'Euro et que ce classement ne correspondait pas au niveau de l'équipe. Mais contrairement aux Belges, nous n'étions pas sur une phase ascendante, les résultats l'ont prouvé par la suite. Alors, c'est vrai que ce système ne prend en compte que les résultats et non pas le jeu déployé. Mais c'est comme cela avec tous les classements. On peut être en tête d'un championnat sans que le jeu développé ne soit à la hauteur. Le point fort, c'est évidemment, l'abondance d'individualités de grand talent. Dans l'entrejeu, tu peux choisir entre Marouane Fellaini, Axel Witsel, Moussa Dembélé, Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Kevin Mirallas, Dries Mertens. Et tous ces joueurs évoluent dans des grands clubs. On a souvent dit que cette formation manquait de maturité. Vous trouvez qu'elle en a manqué à Zagreb ? Moi pas ! Par contre, avant le match, on avait planté les flancs défensifs comme point faible. Surtout à droite. A gauche, on savait que Jan Vertonghen pouvait nous faire très mal mais on voulait aussi que cette force puisse se retourner contre la Belgique. S'il montait souvent, on pouvait tenter de passer dans son dos, ce qu'on a essayé. En commençant les éliminatoires, je pensais cette équipe un peu déséquilibrée. Il y avait beaucoup de monde en défense centrale et dans l'entrejeu mais en un an, cette équipe s'est trouvée deux attaquants très forts et s'est stabilisée sur les côtés défensifs" Luis Fernandez, consultant" Cinquième mondial, ça me paraît un peu gros. Car à cette place-là, on parle d'une équipe capable de jouer la victoire finale dans un grand tournoi. Or, la Belgique a encore une étiquette d'outsider, pas de vainqueur potentiel. Cette équipe a encore besoin de s'étoffer, de progresser et de s'aguerrir avant de pouvoir revendiquer ce statut de grand d'Europe, voire du Monde. On parle quand même d'une formation qui n'a plus été dans un grand tournoi depuis 2002. En faire un vainqueur potentiel alors qu'elle n'a pas l'expérience des grands tournois, c'est brûler les étapes. La Belgique ne doit pas avoir des espérances trop élevées pour cette Coupe du Monde. Elle doit lui servir à acquérir de l'expérience en vue du prochain EURO. Cependant, les grandes équipes devront se méfier des Diables Rouges car cette équipe mérite le respect. Elle ne cesse de progresser, tant au point de vue individuel que collectif. C'est vrai que si on regarde ce classement, on peut se demander si la Belgique est supérieure à la France, l'Angleterre ou le Portugal, toutes des nations hors du top-10. Mais pour moi, en dehors des résultats, il y a autre chose qui différencie les Diables Rouges de ces sélections : le jeu ! Après le match nul en amical contre la France, certains Belges m'ont demandé si cette équipe valait vraiment la France. Mais pour moi, elle la surpasse ! Non pas en termes d'individualité ni d'expérience, mais en termes de projet de jeu. La Belgique sait où elle va. Elle a un système, une idée de ce qu'elle veut mettre en place."Par Christian Vandenabeele, Stéphane Vande Velde et Frédéric VanheuleRetrouvez l'intégralité de l'article sacré aux Diables Rouges dans votre Sport/Foot Magazine