Les sponsors se pressent devant la porte d'entrée de l'Union Belge : "Il y a plus de 50 dossiers en attente", a confié Benjamin Goeders, de la cellule marketing à Eby Brouzakis (RTBF-Radio). "Les nouveaux venus devront avoir une attache avec la Belgique. L'Union Belge est une ASBL dont la finalité est d'aider toute la famille du football et donc le monde amateur." Les retombées financières seront appréciables, difficiles à quantifier pour le moment, mais la Maison de verre est décidée à les utiliser de façon plus optimale qu'après l'Euro 2000 ou le Mondial 2002. La qualification des Diables Rouges pour le Brésil précède à coup sûr de beaux succès commerciaux. La communication de l'UB vit aussi de moments de haute conjoncture, en harmonie avec les supporters, emballés par les défis lancés par les joueurs dont on parle de plus en plus à l'étranger.

Au-delà des succès, il y des petits faits médiatiques qui méritent l'attention. Chaque participation à un grand tournoi suscite la plus grande attention journalistique. Il en sera ainsi au Brésil comme ce fut le cas en 1970, 1982, 1986, 1990, 1994, 1998 et 2002. Ces événements ont été garnis de moments de haute tension parmi les Diables Rouges ou entre le staff de l'équipe nationale et la presse. Au hasard, on citera le renvoi au pays de René Vandereycken (trop négatif) au pays en 1986, les relations glaciales de la presse avec Georges Leekens en 1998, tout le foin que suscita sur la route du Japon l'annonce faite par Robert Waseige qu'il entraînerait le Standard au retour d'Asie, etc. Dans notre hors série consacré aux Diables Rouges (actuellement en vente) Marc Wilmots évoque ces soucis : "J'ai vécu quatre Coupes du Monde, quatre conflits avec certains médias. Certains coaches font du copinage, s'achètent de la sécurité en favorisant, par exemple, un grand média. Ils lui donnent la composition d'équipe du lendemain. Je ne me chauffe pas de ce bois-là. Tout le monde est sur le même pied d'égalité. Il n'y a qu'une chose qui compte : les Diables Rouges."

Le message est passé, c'est certain. A son arrivée aux plus hautes fonctions, Wilmots s'est découvert un redoutable opposant, à savoir Stephan Keygnaert, chef de la rubrique football du Laatste Nieuws. Le plus grand journal du pays pèse dans le débat et exerce un gros impact sur l'opinion publique. Proche de Leekens, et doté d'une excellente plume, Keygnaert accueillit plus que froidement l'intronisation du gaillard de Dongelberg. A la fédération, d'aucuns ont dû avoir des frissons d'épouvante en découvrant la prose de ce leader d'opinion le 7 juin 2012 : "Un coach fédéral, c'est autre chose que galoper en culottes courtes et crier : -Hop, hop, hop... A ce poste-là, il faut remplir trois critères : avoir l'expérience du banc, présenter un CV, ne pas être fidèle à une image de vieux Belge. Wilmots ne répond à aucune de ces conditions..." Inutile de préciser qu'il en faut plus pour déstabiliser un fils de la campagne hesbignonne, habitué à soulever d'autres ballots que celui-là, par tous les temps, manches de chemise retroussées et, s'il le faut, en... culottes courtes.

Quelques mois plus tard, en octobre 2012. le ton change dans les colonnes du Laatste Nieuws. Keygnaert revient sur ses propos, reconnaît que "Wilmots n'est pas une boîte vide", "qu'il gère bien ce vestiaire bourré de millionnaires et d'égos." La Belgique est alors en tête de son groupe. Et elle le restera jusqu'au bout avec à la clé le triomphe de Zagreb, le gain du ticket pour le pays de la samba. Keygnaert s'incline mais le trouve plus imbu de lui que ne l'était Georges Leekens. Incroyable. Il l'appelle ironiquement le "héros de la nation", "Monsieur Wilmots" mais reconnaît qu'il est "l'homme de la situation depuis juin 2012 ; il a su transformer cette génération riche de super talents en une machine bien huilée, félicitations, coach." Wilmots n'a pas éberlué qu' Igor Stimac en Croatie...

Par Pierre Bilic

Les sponsors se pressent devant la porte d'entrée de l'Union Belge : "Il y a plus de 50 dossiers en attente", a confié Benjamin Goeders, de la cellule marketing à Eby Brouzakis (RTBF-Radio). "Les nouveaux venus devront avoir une attache avec la Belgique. L'Union Belge est une ASBL dont la finalité est d'aider toute la famille du football et donc le monde amateur." Les retombées financières seront appréciables, difficiles à quantifier pour le moment, mais la Maison de verre est décidée à les utiliser de façon plus optimale qu'après l'Euro 2000 ou le Mondial 2002. La qualification des Diables Rouges pour le Brésil précède à coup sûr de beaux succès commerciaux. La communication de l'UB vit aussi de moments de haute conjoncture, en harmonie avec les supporters, emballés par les défis lancés par les joueurs dont on parle de plus en plus à l'étranger.Au-delà des succès, il y des petits faits médiatiques qui méritent l'attention. Chaque participation à un grand tournoi suscite la plus grande attention journalistique. Il en sera ainsi au Brésil comme ce fut le cas en 1970, 1982, 1986, 1990, 1994, 1998 et 2002. Ces événements ont été garnis de moments de haute tension parmi les Diables Rouges ou entre le staff de l'équipe nationale et la presse. Au hasard, on citera le renvoi au pays de René Vandereycken (trop négatif) au pays en 1986, les relations glaciales de la presse avec Georges Leekens en 1998, tout le foin que suscita sur la route du Japon l'annonce faite par Robert Waseige qu'il entraînerait le Standard au retour d'Asie, etc. Dans notre hors série consacré aux Diables Rouges (actuellement en vente) Marc Wilmots évoque ces soucis : "J'ai vécu quatre Coupes du Monde, quatre conflits avec certains médias. Certains coaches font du copinage, s'achètent de la sécurité en favorisant, par exemple, un grand média. Ils lui donnent la composition d'équipe du lendemain. Je ne me chauffe pas de ce bois-là. Tout le monde est sur le même pied d'égalité. Il n'y a qu'une chose qui compte : les Diables Rouges."Le message est passé, c'est certain. A son arrivée aux plus hautes fonctions, Wilmots s'est découvert un redoutable opposant, à savoir Stephan Keygnaert, chef de la rubrique football du Laatste Nieuws. Le plus grand journal du pays pèse dans le débat et exerce un gros impact sur l'opinion publique. Proche de Leekens, et doté d'une excellente plume, Keygnaert accueillit plus que froidement l'intronisation du gaillard de Dongelberg. A la fédération, d'aucuns ont dû avoir des frissons d'épouvante en découvrant la prose de ce leader d'opinion le 7 juin 2012 : "Un coach fédéral, c'est autre chose que galoper en culottes courtes et crier : -Hop, hop, hop... A ce poste-là, il faut remplir trois critères : avoir l'expérience du banc, présenter un CV, ne pas être fidèle à une image de vieux Belge. Wilmots ne répond à aucune de ces conditions..." Inutile de préciser qu'il en faut plus pour déstabiliser un fils de la campagne hesbignonne, habitué à soulever d'autres ballots que celui-là, par tous les temps, manches de chemise retroussées et, s'il le faut, en... culottes courtes.Quelques mois plus tard, en octobre 2012. le ton change dans les colonnes du Laatste Nieuws. Keygnaert revient sur ses propos, reconnaît que "Wilmots n'est pas une boîte vide", "qu'il gère bien ce vestiaire bourré de millionnaires et d'égos." La Belgique est alors en tête de son groupe. Et elle le restera jusqu'au bout avec à la clé le triomphe de Zagreb, le gain du ticket pour le pays de la samba. Keygnaert s'incline mais le trouve plus imbu de lui que ne l'était Georges Leekens. Incroyable. Il l'appelle ironiquement le "héros de la nation", "Monsieur Wilmots" mais reconnaît qu'il est "l'homme de la situation depuis juin 2012 ; il a su transformer cette génération riche de super talents en une machine bien huilée, félicitations, coach." Wilmots n'a pas éberlué qu' Igor Stimac en Croatie...Par Pierre Bilic