La deuxième rencontre avec Roberto Martínez est celle de l'éclosion internationale pour Romelu Lukaku. Quand le Catalan installe son 3-4-2-1 chez les Diables rouges, c'est avant tout pour libérer Eden Hazard et l'associer au mieux à Kevin De Bruyne ou Yannick Carrasco, mais aussi pour augmenter le rendement statistique d'un Lukaku qui n'a jamais vraiment pu faire la différence dans le football prôné par Marc Wilmots. Plus proche des autres éléments offensifs, Big Rom se met alors à marquer plus que jamais, sans pour autant prétendre aux clés du jeu.
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La deuxième rencontre avec Roberto Martínez est celle de l'éclosion internationale pour Romelu Lukaku. Quand le Catalan installe son 3-4-2-1 chez les Diables rouges, c'est avant tout pour libérer Eden Hazard et l'associer au mieux à Kevin De Bruyne ou Yannick Carrasco, mais aussi pour augmenter le rendement statistique d'un Lukaku qui n'a jamais vraiment pu faire la différence dans le football prôné par Marc Wilmots. Plus proche des autres éléments offensifs, Big Rom se met alors à marquer plus que jamais, sans pour autant prétendre aux clés du jeu. Dans un football qui a tendance à faire reculer ses meneurs de jeu au fil des ans, demandant presque aux gardiens de distribuer comme des milieux de terrain, Romelu Lukaku est devenu un paradoxe, dans la foulée de sa rencontre avec Antonio Conte. À l'ère des créateurs reculés, le Diable devient un meneur de jeu avancé. Déjà capable de martyriser la plupart des défenses du monde dans la profondeur, le colosse belge enchaîne les séances d'entraînement dos au but, avec Andrea Ranocchia collé à ses semelles et des ballons propulsés vers lui pour les maîtriser de mieux en mieux. Lukaku étoffe son registre et son équipe se met à s'animer dès que le ballon arrive dans ses pieds, lors de ses décrochages entre les lignes. Obsédé par le but depuis toujours, le 9 ajoute le jeu au sommet de ses priorités. Orphelin d'Hazard, puis de Kevin De Bruyne à l'aube de l'EURO, Roberto Martínez cherche donc son salut dans les idées d'Antonio Conte et entre les pieds de Romelu Lukaku. En Ligue des Nations, déjà, la Belgique s'était construite autour des ballons envoyés à Big Rom par-dessus la ligne de pression. Une tactique précieuse pour résister à l'audace des adversaires, de plus en plus aventureux à l'heure de monter le pressing pour tester les limites de la défense belge. Face à la Russie, pour sa deuxième entrée en scène européenne, Lukaku étale tout un registre qui raconte l'évolution de celui qui s'était fait dévorer par la défense italienne en France cinq ans plus tôt. Derrière lui, mais toujours en retard, la défense russe ne peut que constater la facilité de l'attaquant de l'Inter à se retourner et sa faculté nouvelle à dessiner les offensives des siens. L'attaquant est devenu l'un des numéros 9 les plus complets du plateau continental, grâce à une palette qui s'étoffe sans cesse et rappelle que la rencontre avec un staff technique et la volonté de progresser peuvent transformer la carrière d'un joueur. Aujourd'hui, Romelu Lukaku est l'attaquant total. L'un de ceux qui influencent une rencontre, pas seulement via le marquoir, mais aussi à chaque instant sur le terrain.