Zulte Waregem met Anderlecht sur un boulevard

Pourquoi donc Timmy Simons a-t-il décidé de se passer de Jean-Luc Dompé au coup d'envoi du match contre Anderlecht ? La question se posait déjà à l'heure des compositions d'équipe, et encore plus après le coup de sifflet final, quand l'arbitre a mis un terme au martyr d'Amir Murillo, déboussolé trois quarts d'heure durant par l'ailier français.
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Pourquoi donc Timmy Simons a-t-il décidé de se passer de Jean-Luc Dompé au coup d'envoi du match contre Anderlecht ? La question se posait déjà à l'heure des compositions d'équipe, et encore plus après le coup de sifflet final, quand l'arbitre a mis un terme au martyr d'Amir Murillo, déboussolé trois quarts d'heure durant par l'ailier français. Le Essevee a entamé la rencontre avec les yeux dans les rétroviseurs, pensant presque exclusivement aux forces des Mauves sans tenter d'appuyer sur leurs plaies. Dans ce scénario, Anderlecht est probablement l'équipe la plus redoutable du championnat, transformant aisément la possession offerte en rouleau-compresseur. Le secteur offensif multiplie les poisons potentiels, et donne facilement le tournis quand s'y ajoutent les latéraux et Majeed Ashimeru, beaucoup moins dans le contrôle mais bien plus percutant que Kristoffer Olsson. Tout au long de la première période, les Bruxellois défendaient à trois tout en restant en supériorité numérique face à un secteur offensif de Zulte Waregem qui vivait plus près de Sammy Bossut que d'Hendrik Van Crombrugge. Les semaines précédentes, de l'Union au Cercle, l'avaient pourtant montré : le Sporting n'est jamais aussi fébrile que quand on chatouille les pieds de ses défenseurs et qu'on oblige ses latéraux à enclencher la marche arrière.Longtemps, Julien De Sart a surtout été un beau joueur. Son transfert à Gand ressemblait d'ailleurs presque à un cliché, tant son jeu long millimétré collait parfaitement à l'amour des transversales d'Hein Vanhaezebrouck. En quelques mois, pourtant, le Liégeois est devenu le pion central du système buffalo, grâce à une intensité qu'on ne lui connaissait pas.Sur la pelouse du Kehrweg, l'ancien du Standard a reçu son dixième carton jaune de la saison. Avec 41 fautes commises en 26 sorties, il est aux portes du top 5 des joueurs qui effectuent le plus de fautes en Pro League. La faute à un jeu devenu plus intensif, et à un rôle de sentinelle au sein d'une équipe qui se dévoile beaucoup pour créer des opportunités. Pas vraiment défensif de nature, De Sart a réussi sa mue grâce à un travail physique impressionnant, qui le rend plus dynamique que jamais sur les premiers mètres. La preuve que des joueurs peuvent encore progresser de façon très marquée au-delà des 25 ans. Sans pour autant perdre sa qualité première. Parce qu'Hein Vanhaezebrouck aime quand même beaucoup les changements d'aile.Parmi les blocs défensifs les mieux travaillés du championnat, difficile de ne pas donner la parole à Bernd Hollerbach. Ses Canaris pourraient parfois être sponsorisés par une marque de somnifères, mais n'ont presque pas leur pareil pour endormir les adversaires de prestige. Face à l'Union, les Trudonnaires étaient une nouvelle fois parfaitement préparés, toujours autour de préceptes identiques : une grosse densité défensive axiale, et un milieu de terrain dont les formes épousent celles de l'adversaire. Un triangle en miroir avec des courses incessantes et affûtées qui privent le coeur du jeu adverse de liberté. Contre le leader, les milieux saint-gillois ont rarement su se libérer grâce à ces appels qui sont pourtant devenus leur marque de fabrique.Devant, l'abnégation de João Klauss perfectionne encore le plan défensif des Canaris. Le Brésilien court comme s'il avait du temps à rattraper, et n'a jamais laissé les défenseurs de l'Union relancer sereinement. Une manière de leur confisquer des certitudes, et de rendre plus aléatoires leurs longs ballons qui régalent souvent les offensifs en surnombre à la chute. Avec son regroupement dans l'axe, Saint-Trond était prêt pour la bataille du rebond. Sans doute la plus importante pour résister aux assauts saint-gillois.Sur la pelouse du Jan Breydel, l'ouverture du score des Blauw en Zwart a un côté surréaliste. Il y a quelques mois à peine, qui aurait imaginé le dominant Club local marquer sur une contre-attaque face à un Charleroi devenu, depuis son retour en D1, le spécialiste national des reconversions rapides ? Si ça ne lui rendra sans doute pas le sourire après une défaite douloureuse dans la course au top 4, Edward Still pourrait presque le voir comme un compliment.Si la possession a finalement été brugeoise, Charleroi n'a jamais cessé de rechercher le protagonisme avec le ballon. Une personnalité convaincante, mais qui ne rapporte pas encore assez à un club bouleversé dans ses habitudes. Chez les Zèbres, chaque occasion ratée est plus vue comme une fatalité que comme la preuve qu'ils parviennent à se montrer dangereux. À l'inverse, un Bruges dominant voit la multiplication des opportunités comme un requin excité par l'odeur du sang. L'envie de s'en rapprocher encore, tant et plus, jusqu'à la morsure. Le Club sait gagner. Même s'il faut passer par une contre-attaque sous les ordres d'un coach qui rêve de 100% de possession.Cumulée au départ de Thomas Henry, la perte de Kamal Sowah a chamboulé les certitudes offensives des Louvanistes, bonne surprise de la saison dernière. Orphelin des autres membres de son trident, Xavier Mercier a d'ailleurs démarré la saison en mode mineur, avant d'appuyer sur l'accélérateur en octobre. Depuis le Français a planté trois buts et offert neuf passes décisives. Plus encore que Sory Kaba, c'est Mathieu Maertens qui a permis à OHL de relever la tête après un départ délicat.Avec huit buts et quatre passes décisives, l'ancien du Cercle fait partie des anonymes efficaces de notre championnat. Ses courses incessantes rappellent l'énergie de Sowah, avec moins de facilité technique mais un flair hors-normes pour les infiltrations qui compense ce léger déficit. Dans un onze en manque de profondeur, et à un poste où Siebe Schrijvers n'a jamais vraiment donné satisfaction, Maertens ouvre sans cesse des lignes de passe au pied de Mercier, arme sans égale pour une équipe du calibre des Louvanistes. Et fait rarement le mauvais choix dans la zone où les pulsations s'accélèrent.