Anderlecht a déjà gaspillé beaucoup de points cette saison. Doit-on l'attribuer à des péchés de jeunesse ?

Deschacht : C'est un peu réducteur. Il y a, selon moi, deux catégories de jeunes : ceux qui, à l'image de Leander Dendoncker, Andy Kawaya ou encore Samuel Bastien découvrent tout juste le haut niveau et les Dennis Praet, Aleksandar Mitrovic ou Youri Tielemans qui ne sont peut-être guère plus âgés mais comptent pas moins d'une cinquantaine de matches, ou plus, à leur compteur. A ce stade-là, il faut savoir de quoi il retourne sur le terrain et se sublimer en toutes circonstances, que ce soit contre Mouscron ou Dortmund. Et c'est là que le bât blesse parfois. Quand on joue au Sporting, il s'agit d'être top à chaque rencontre et non de se motiver par à-coups. En Europe, tu te bâtis peut-être une réputation. Mais c'est en Belgique que tu te forges un caractère. Car les prétendus sans-grade du championnat, il faut vraiment leur passer sur le corps pour obtenir la victoire.

Certains jeunots s'étaient émus de tes critiques après la défaite à Charleroi.

Deschacht : Avec mes états de service, j'estimais avoir le droit de pousser une gueulante ce soir-là. Je trouve qu'on est un peu trop indulgent avec le blé en herbe. Tout est mis trop facilement sur le compte d'un manque de planche. Un jeune n'est pas en condition ou en forme ? Les excuses sont toujours toutes trouvées. Désolé, mais moi, je suis partisan d'une éducation à la dure pour eux. Un peu à l'image de ce que j'ai connu moi-même au Parc Astrid. Ce n'est pas que je veuille jouer les anciens combattants, mais à mon époque le topo était différent. A ce moment-là, les petits nouveaux étaient menés à la baguette tous les jours. Avec Frankie Vercauteren, c'était jamais assez bon. Sous sa gouverne, j'ai dû encaisser sans arrêt des remarques du style : soigne ton marquage, améliore ta relance, etc... Mais au moins je savais à quoi m'en tenir. Je lui serai d'ailleurs toujours reconnaissant de m'avoir élevé sévèrement. Il a réellement été mon maître.

Aujourd'hui, l'élève que tu es l'a même dépassé au nombre de matches européens joués pour le compte des Mauves. Tu en conçois une fierté ?

Deschacht : Je pourrai dire, en tout cas, que j'ai laissé une trace. A ma manière en quelque sorte. Chacun de nous a son histoire. Je n'entrerai pas dans la légende, comme d'autres, grâce à des capacités techniques supérieures à la moyenne. Mon seul atout, de fait, c'est la régularité. Durant toutes ces années en mauve, je pense pouvoir dire que j'ai invariablement fait preuve de constance. Dans les cotations, j'ai toujours valu le plus souvent un 6 jusqu'à présent. Avec, de temps en temps des pointes, dans un sens comme dans l'autre. Contre le Club Bruges, récemment, j'ai eu droit à un 8 suite à un but et un assist. A Mouscron, par contre, j'ai été crédité d'un 4. Mais c'est plutôt rare. De manière générale, j'ai un bon rendement. Et comme Frankie Vercauteren l'a toujours soutenu lui-même, le rendement, c'est aussi du talent.

Tu est toujours là à près de 34 ans, qu'est-ce qu'il y a dans ton kit de survie ?

Deschacht : Avant tout un sale caractère. Les footeux, tu peux les diviser en trois catégories : ceux qui n'ont pas de caractère, ceux qui ont du caractère et ceux qui ont un sacré, un fichu ou un sale caractère, tu appelleras ça comme tu voudras. Je suis un compétiteur et, par conséquent, je veux toujours gagner. Que ce soit au foot, au tennis ou aux cartes. J'essaie de transposer cet état d'esprit aux autres. A l'entraînement, quand on joue des petits matches à 5 contre 5, t'as intérêt à faire partie de mon équipe si tu veux gagner. Et pour peu qu'on perde, je m'emporte et j'engueule tout le monde. Il y a des gars qui savent accepter une défaite avec philosophie. Pas moi. Dans ce cas, je râle et je me rends impossible.

Par Bruno Govers

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Olivier Deschacht dans votre Sport/Foot Magazine

Anderlecht a déjà gaspillé beaucoup de points cette saison. Doit-on l'attribuer à des péchés de jeunesse ?Deschacht : C'est un peu réducteur. Il y a, selon moi, deux catégories de jeunes : ceux qui, à l'image de Leander Dendoncker, Andy Kawaya ou encore Samuel Bastien découvrent tout juste le haut niveau et les Dennis Praet, Aleksandar Mitrovic ou Youri Tielemans qui ne sont peut-être guère plus âgés mais comptent pas moins d'une cinquantaine de matches, ou plus, à leur compteur. A ce stade-là, il faut savoir de quoi il retourne sur le terrain et se sublimer en toutes circonstances, que ce soit contre Mouscron ou Dortmund. Et c'est là que le bât blesse parfois. Quand on joue au Sporting, il s'agit d'être top à chaque rencontre et non de se motiver par à-coups. En Europe, tu te bâtis peut-être une réputation. Mais c'est en Belgique que tu te forges un caractère. Car les prétendus sans-grade du championnat, il faut vraiment leur passer sur le corps pour obtenir la victoire.Certains jeunots s'étaient émus de tes critiques après la défaite à Charleroi.Deschacht : Avec mes états de service, j'estimais avoir le droit de pousser une gueulante ce soir-là. Je trouve qu'on est un peu trop indulgent avec le blé en herbe. Tout est mis trop facilement sur le compte d'un manque de planche. Un jeune n'est pas en condition ou en forme ? Les excuses sont toujours toutes trouvées. Désolé, mais moi, je suis partisan d'une éducation à la dure pour eux. Un peu à l'image de ce que j'ai connu moi-même au Parc Astrid. Ce n'est pas que je veuille jouer les anciens combattants, mais à mon époque le topo était différent. A ce moment-là, les petits nouveaux étaient menés à la baguette tous les jours. Avec Frankie Vercauteren, c'était jamais assez bon. Sous sa gouverne, j'ai dû encaisser sans arrêt des remarques du style : soigne ton marquage, améliore ta relance, etc... Mais au moins je savais à quoi m'en tenir. Je lui serai d'ailleurs toujours reconnaissant de m'avoir élevé sévèrement. Il a réellement été mon maître.Aujourd'hui, l'élève que tu es l'a même dépassé au nombre de matches européens joués pour le compte des Mauves. Tu en conçois une fierté ?Deschacht : Je pourrai dire, en tout cas, que j'ai laissé une trace. A ma manière en quelque sorte. Chacun de nous a son histoire. Je n'entrerai pas dans la légende, comme d'autres, grâce à des capacités techniques supérieures à la moyenne. Mon seul atout, de fait, c'est la régularité. Durant toutes ces années en mauve, je pense pouvoir dire que j'ai invariablement fait preuve de constance. Dans les cotations, j'ai toujours valu le plus souvent un 6 jusqu'à présent. Avec, de temps en temps des pointes, dans un sens comme dans l'autre. Contre le Club Bruges, récemment, j'ai eu droit à un 8 suite à un but et un assist. A Mouscron, par contre, j'ai été crédité d'un 4. Mais c'est plutôt rare. De manière générale, j'ai un bon rendement. Et comme Frankie Vercauteren l'a toujours soutenu lui-même, le rendement, c'est aussi du talent.Tu est toujours là à près de 34 ans, qu'est-ce qu'il y a dans ton kit de survie ?Deschacht : Avant tout un sale caractère. Les footeux, tu peux les diviser en trois catégories : ceux qui n'ont pas de caractère, ceux qui ont du caractère et ceux qui ont un sacré, un fichu ou un sale caractère, tu appelleras ça comme tu voudras. Je suis un compétiteur et, par conséquent, je veux toujours gagner. Que ce soit au foot, au tennis ou aux cartes. J'essaie de transposer cet état d'esprit aux autres. A l'entraînement, quand on joue des petits matches à 5 contre 5, t'as intérêt à faire partie de mon équipe si tu veux gagner. Et pour peu qu'on perde, je m'emporte et j'engueule tout le monde. Il y a des gars qui savent accepter une défaite avec philosophie. Pas moi. Dans ce cas, je râle et je me rends impossible.Par Bruno GoversRetrouvez l'intégralité de l'interview d'Olivier Deschacht dans votre Sport/Foot Magazine