Dans un football moderne qui n'aime plus les numéros 10, c'est en infiltreur que Dennis Praet a choisi de se réinventer. Le choix d'un homme qui joue encore mieux avec ses yeux qu'avec ses pieds. D'un homme qui écoute les murmures du ballon plutôt que de lui parler amoureusement comme savent le faire les dribbleurs à la Hazard.

S'il faut comparer le profil du Louvaniste avec celui d'un autre Diable rouge, le choix se portera sur Nainggolan plutôt que sur De Bruyne ou Hazard. Si visuellement, la différence entre le Ninja et le Sporting Boy est saisissante, les chiffres sont en effet bien moins catégoriques.

Contrairement à KDB, qui fait surtout parler son talent quand il part dans des runs à l'allemande au coeur du jeu, Praet brille par son sens de l'infiltration, comme Nainggolan. Comme le milieu de terrain romain, il met le pied à la pâte au départ des actions, disparaît soudainement des radars avant de surgir à nouveau aux abords des seize mètres.

Les chiffres parlent en faveur d'un rapprochement entre deux hommes qu'a priori, tout oppose : 3 tacles par rencontre européenne et 1,2 key pass par match chacun. Mais aussi des stats semblables au niveau des tirs (2,1 pour Radja, 2,6 pour Dennis) ou du pourcentage de passes réussies (88,9 contre 89).

Pourtant, très rares sont ceux qui apparentent le duo. Récemment, Praet a plutôt été comparé à Victor Vazquez, dans la course au soulier doré le plus convoité du pays. Pourtant, les deux milieux offensifs sont très différents : là où l'Espagnol invente des espaces avec le ballon, Praet le fait sans. Dennis est plus Radja que Victor.

Mais Nainggolan est indubitablement un profil plus défensif que Praet. Dennis a autre chose, et il a quelque chose de Thomas Müller, pour le génie de son jeu sans ballon. Les chiffres de l'Allemand sont évidemment plus "offensifs" que ceux du Diable (33 passes par match pour Müller, mais seulement 74% de passes réussies), mais leur ratio de dribbles et de frappes est terriblement semblable.

De quoi en faire un joueur inclassable, comme ce Teuton dont on ne connait toujours pas la place. Pas assez fantaisiste pour être un numéro 10, pas encore assez besogneux pour être mezzala à la Nainggolan. La réponse est peut-être à chercher du côté de Thomas Müller.

Par Guillaume Gautier

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à Dennis Praet dans votre Sport/Foot Magazine

Dans un football moderne qui n'aime plus les numéros 10, c'est en infiltreur que Dennis Praet a choisi de se réinventer. Le choix d'un homme qui joue encore mieux avec ses yeux qu'avec ses pieds. D'un homme qui écoute les murmures du ballon plutôt que de lui parler amoureusement comme savent le faire les dribbleurs à la Hazard. S'il faut comparer le profil du Louvaniste avec celui d'un autre Diable rouge, le choix se portera sur Nainggolan plutôt que sur De Bruyne ou Hazard. Si visuellement, la différence entre le Ninja et le Sporting Boy est saisissante, les chiffres sont en effet bien moins catégoriques. Contrairement à KDB, qui fait surtout parler son talent quand il part dans des runs à l'allemande au coeur du jeu, Praet brille par son sens de l'infiltration, comme Nainggolan. Comme le milieu de terrain romain, il met le pied à la pâte au départ des actions, disparaît soudainement des radars avant de surgir à nouveau aux abords des seize mètres. Les chiffres parlent en faveur d'un rapprochement entre deux hommes qu'a priori, tout oppose : 3 tacles par rencontre européenne et 1,2 key pass par match chacun. Mais aussi des stats semblables au niveau des tirs (2,1 pour Radja, 2,6 pour Dennis) ou du pourcentage de passes réussies (88,9 contre 89). Pourtant, très rares sont ceux qui apparentent le duo. Récemment, Praet a plutôt été comparé à Victor Vazquez, dans la course au soulier doré le plus convoité du pays. Pourtant, les deux milieux offensifs sont très différents : là où l'Espagnol invente des espaces avec le ballon, Praet le fait sans. Dennis est plus Radja que Victor. Mais Nainggolan est indubitablement un profil plus défensif que Praet. Dennis a autre chose, et il a quelque chose de Thomas Müller, pour le génie de son jeu sans ballon. Les chiffres de l'Allemand sont évidemment plus "offensifs" que ceux du Diable (33 passes par match pour Müller, mais seulement 74% de passes réussies), mais leur ratio de dribbles et de frappes est terriblement semblable. De quoi en faire un joueur inclassable, comme ce Teuton dont on ne connait toujours pas la place. Pas assez fantaisiste pour être un numéro 10, pas encore assez besogneux pour être mezzala à la Nainggolan. La réponse est peut-être à chercher du côté de Thomas Müller.Par Guillaume GautierRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à Dennis Praet dans votre Sport/Foot Magazine