Il n'est en principe pas possible de faire appel contre une sentence arbitrale. Mais certains cas font exception à la règle, notamment si le jugement est contraire à l'ordre public, en raison par exemple d'une violation des droits de la défense, ou si les attendus du verdict ont été insuffisamment énoncés. Vanroy, Somers, Steemans et Timmermans, condamnés à sept (Vanroy) ou dix ans de suspension, espèrent surtout restaurer leur réputation et laver leur honneur. Mortelmans et Veljkovic comptent eux sur le tribunal pour annuler l'interdiction de reprendre leurs activités, prononcée par l'Union royale belge de football (URBSFA), et confirmée par la CBAS. Toutes les parties concernées ont maintenant quatre semaines pour se positionner au sujet d'un calendrier. Le tribunal s'accordera ensuite un délai maximum de deux semaines pour établir le calendrier pour les conclusions et le procès. L'affaire ne pourra cependant selon toute vraisemblance être traitée qu'après l'été prochain, voire pas avant 2021. Ce qui inquiète les avocats de Mortelmans et Veljkovic, lesquels exigent un traitement rapide. "Il y a suffisamment de raisons urgentes pour fixer un délai raisonnable", explique ainsi Maître Vandenberghe. "Mon client (Walter Mortelmans, ndlr) a été privé du droit d'exercer sa profession. Ce qui n'est pas acceptable, étant donné qu'aucune loi n'autorise pareille mesure. On va donc réclamer de lourdes indemnités pour réparer ce préjudice". Maître Vandenberghe s'est déjà vu attribuer une date de plaidoyer (le 19 juin 2020), mais la suite du calendrier n'est pas connue. Il se pourrait que tous les dossiers soient fusionnés, et ne feraient alors l'objet que d'un seul procès. Les six plaignants ont de fait replongé toutes les parties impliquées dans le bain moussant de la suspicion de fraude dans le milieu du football belge. "L'avocate de la fédération Elisabeth Matthys, et le procureur Kris Wagner, ont ainsi sollicité du temps pour préparer leur argumentation dans ce nouveau bras de fer judiciaire. Ce qui ne va pas dans le sens espéré par la partie adverse, étant donné que l'appel introduit n'est pas suspensif. "Cela est d'ailleurs très gênant pour mon client", dénonce Bart Verbelen, l'avocat de Veljkovic. "Dois je rappeler qu'en son temps, l'Union belge ne cessait de presser la commission des litiges et la CBAS pour que leurs décisions soient rapides. Et aujourd'hui ce sont les mêmes personnes qui demandent du temps...", conclut ironiquement Maître Verbelen. (Belga)