Votre entretien de dimanche soir avec le manager général Michel Louwagie, le manager sportif Patrick Turcq, le conseiller Gunther Schepens et une partie du staff vous a-t-il apporté un nouvel éclairage de la situation?
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Votre entretien de dimanche soir avec le manager général Michel Louwagie, le manager sportif Patrick Turcq, le conseiller Gunther Schepens et une partie du staff vous a-t-il apporté un nouvel éclairage de la situation?Nous sommes souvent ensemble jusqu'à 22 heures, après un match à domicile, et après une victoire nous nous permettons de boire une bière. Nous devons nous méfier du jugement de la presse. Quand j'ai quitté le stade, j'ai découvert une équipe de la télé, caméra au poing. Ça va trop loin. Notre situation est inattendue. Permettez-moi d'en rester là pour l'instant.Une victoire serait évidemment bienvenue. Surtout que dans quatre de nos six matches, nous avons encaissé un but à la fin. Il est encore trop tôt pour dire jusqu'où nous devons aller. Personnellement, j'ai besoin de temps pour prendre mes distances et analyser le tout avec lucidité. Même le lundi matin, je suis encore trop pris par le match mais évidemment, notre situation nous préoccupe énormément.Vous avez barricadé la communication depuis un certain temps. C'est le Gand de l'avenir?Non, pas du tout. Nous ne voulons pas être ce genre de club mais pour le moment, nous devons être très prudents. Un peu de réflexion ne fait pas de tort. Ne cherchez pas plus loin. Depuis le début de l'année, vous avez beaucoup investi mais ça n'a rien rapporté. Vous regrettez cette décision? Je relève un fait : le bilan financier des transferts entrants et sortants est en équilibre et même légèrement positif. Nous avons embauché deux ou trois footballeurs plus chers que d'habitude. Je pense qu'ils vont émerger. C'est une question de temps, de patience. Toutes les équipes traversent des périodes comme celle que nous vivons. Il s'agit de la gérer intelligemment mais je ne sais pas encore comment exactement.L'année passée, Anderlecht a flirté avec Hein Vanhaezebrouck. Plusieurs joueurs ont déclaré être fatigués de l'entraîneur. Combien de temps un club et un entraîneur peuvent-ils vivre ensemble? N'avez-vous pas accordé trop de pouvoirs à Hein?Hein a obtenu des succès grâce à ses méthodes et à son style de jeu. Il n'est donc pas erroné de le laisser poursuivre dans sa voie. Certains changements d'entraîneurs fonctionnent, comme le remplacement de Runar Kristinsson par Peter Maes à Lokeren. Nous sommes dans un autre contexte, avec un entraîneur qui a réalisé des choses fantastiques chez nous. Hein nous a amenés à un autre niveau, même en Europe. Il n'est pas devenu un moins bon entraîneur d'un coup. Mais la situation peut nous obliger à intervenir et à faire ce que nous préférerions éviter. Nous n'en sommes pas encore là, cependant.Les joueurs belges n'aiment apparemment pas votre club. Ils craignent que vous ne les engagiez que pour atteindre le minimum obligatoire de Belges, compte tenu de vos investissements dans les étrangers. Vous le regrettez ?Le problème, c'est que les joueurs belges deviennent trop chers. Ce sera un thème important pour la Pro League. Nous devons unir nos forces et développer une vision commune. C'est la seule façon de s'en sortir. Un Belge doit posséder suffisamment de qualités et s'intégrer dans le noyau déjà en place. Denis Odoi était prêt à venir mais Fulham demandait beaucoup trop. Sven Kums avait des motifs historiques de rejoindre Anderlecht, en plus de l'attrait de la LC. Jelle Van Damme, c'est une autre paire de manches, sans faire plus de commentaires. Il nous aurait apporté quelque chose. Par Frédéric Vanheule