Igor De Camargo à propos...

...de son arrivée en Europe : "On m'a parlé d'Europe. J'ai dit : directement! Tout de suite! Et j'ai pris l'avion avec le président de mon club. C'était spécial. Durant l'escale à Paris, il m'annonce subitement un changement : Maintenant, tu vas en Belgique, seul. Moi, je dois me rendre au Nigeria. Je ne devais pas me tracasser : on allait m'accueillir. Arrivé à Zaventem, j'ai regardé à gauche, à droite, encore une fois à gauche et à droite... Personne ne m'attendait. Il n'y avait pas une seule pancarte à mon nom, rien! C'était vraiment bizarre."

...de la religion et de son amour des livres : "À mon arrivée, j'étais vraiment seul avec moi-même. La solitude me pesait terriblement. Je me suis réfugié dans la lecture. La Bible, naturellement, présente dans ma vie depuis toujours, mais aussi les livres d'Augusto Cury et Paulo Coelho, comme Ser como um rio que flui (Comme le fleuve qui coule, ndlr). La lecture m'a beaucoup aidé. Les livres racontaient des histoires grandioses. Ça m'a aidé car j'ai vraiment douté. J'étais venu ici pour jouer au football, pour avoir un club, un contrat mais je n'avais pas encore ce contrat. Il n'est pas agréable de s'entendre dire non. Il faut être très fort mentalement, surtout quand on a tout abandonné, à 17 ans, et qu'on se retrouve dans un tout autre univers. Mais je suis béni de Dieu. Je suis si heureux. J'ai reçu tout ce qui se trouvais sur mon chemin, je me suis battu pour l'obtenir. Un non ne suffisait pas. Il me fallait un oui. Confiance, optimisme, Dieu. C'est ce qui m'a aidé."

...de sa belgitude : "Je me sens moitié brésilien, moitié belge. C'est ici que j'ai fait carrière en football, que j'ai joué en équipe nationale et j'ai passé la moitié de ma vie ici. Ça pèse lourd dans la balance. Tout le monde voit un Brésilien en moi mais... je ne le suis plus, en ce qui me concerne. Je parle français et néerlandais et mes deux enfants, nés ici, ont la nationalité belge. Je pense qu'ils se sentent belges. Ils parlent français car ils sont nés à Liège mais ils commencent à apprendre le néerlandais. À la maison, nous parlons portugais et nous regardons les chaînes belges comme les brésiliennes. Après ma carrière, j'envisage de partager mon temps entre le Brésil et la Belgique. Mais tant que les enfants iront à l'école, il ne sera pas évident de passer de longues périodes au Brésil. Je ne sais donc pas ce que nous allons faire. Il se pourrait que je passe le reste de ma vie ici."

Par Mayke Wijnen

Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Igor De Camargo dans votre Sport/Foot Magazine

Igor De Camargo à propos......de son arrivée en Europe : "On m'a parlé d'Europe. J'ai dit : directement! Tout de suite! Et j'ai pris l'avion avec le président de mon club. C'était spécial. Durant l'escale à Paris, il m'annonce subitement un changement : Maintenant, tu vas en Belgique, seul. Moi, je dois me rendre au Nigeria. Je ne devais pas me tracasser : on allait m'accueillir. Arrivé à Zaventem, j'ai regardé à gauche, à droite, encore une fois à gauche et à droite... Personne ne m'attendait. Il n'y avait pas une seule pancarte à mon nom, rien! C'était vraiment bizarre."...de la religion et de son amour des livres : "À mon arrivée, j'étais vraiment seul avec moi-même. La solitude me pesait terriblement. Je me suis réfugié dans la lecture. La Bible, naturellement, présente dans ma vie depuis toujours, mais aussi les livres d'Augusto Cury et Paulo Coelho, comme Ser como um rio que flui (Comme le fleuve qui coule, ndlr). La lecture m'a beaucoup aidé. Les livres racontaient des histoires grandioses. Ça m'a aidé car j'ai vraiment douté. J'étais venu ici pour jouer au football, pour avoir un club, un contrat mais je n'avais pas encore ce contrat. Il n'est pas agréable de s'entendre dire non. Il faut être très fort mentalement, surtout quand on a tout abandonné, à 17 ans, et qu'on se retrouve dans un tout autre univers. Mais je suis béni de Dieu. Je suis si heureux. J'ai reçu tout ce qui se trouvais sur mon chemin, je me suis battu pour l'obtenir. Un non ne suffisait pas. Il me fallait un oui. Confiance, optimisme, Dieu. C'est ce qui m'a aidé."...de sa belgitude : "Je me sens moitié brésilien, moitié belge. C'est ici que j'ai fait carrière en football, que j'ai joué en équipe nationale et j'ai passé la moitié de ma vie ici. Ça pèse lourd dans la balance. Tout le monde voit un Brésilien en moi mais... je ne le suis plus, en ce qui me concerne. Je parle français et néerlandais et mes deux enfants, nés ici, ont la nationalité belge. Je pense qu'ils se sentent belges. Ils parlent français car ils sont nés à Liège mais ils commencent à apprendre le néerlandais. À la maison, nous parlons portugais et nous regardons les chaînes belges comme les brésiliennes. Après ma carrière, j'envisage de partager mon temps entre le Brésil et la Belgique. Mais tant que les enfants iront à l'école, il ne sera pas évident de passer de longues périodes au Brésil. Je ne sais donc pas ce que nous allons faire. Il se pourrait que je passe le reste de ma vie ici."Par Mayke WijnenRetrouvez l'intégralité de l'entretien avec Igor De Camargo dans votre Sport/Foot Magazine