Igor De Camargo à propos...

...de son arrivée en Belgique : "Je suis arrivé seul en Belgique. Carrément seul ! Déjà, c'était le tout premier voyage de ma vie. Un manager brésilien m'a accompagné pour le vol Sao Paulo - Paris mais il y avait un autre joueur avec nous, et ce joueur-là partait faire un test en Afrique. Alors, à Paris, le manager m'a abandonné pour accompagner l'autre. Il m'a conduit à la porte d'embarquement et m'a dit que quelqu'un m'attendrait à Zaventem : Te tracasse pas... J'ai débarqué avec ma grosse valise, il y avait un monde dingue dans le hall des arrivées, et personne pour moi. Un grand moment de solitude. Je ne parlais que portugais. J'ai commencé à marcher dans l'aéroport, je m'éloignais doucement de l'espace arrivées. Et puis, ouf, celui qui devait venir me chercher m'a reconnu. Il parlait un peu portugais, un peu espagnol, un peu italien, tout mélangé..."

...de ses deux titres avec le Standard : "Demande à n'importe quel joueur du Standard de cette époque, il va te dire qu'il est fier d'avoir appartenu à une des meilleures équipes de l'histoire du club. Ça, c'est incontestable si on regarde où sont partis plusieurs joueurs après les titres. Oguchi Onyewu à Milan, Dante Bonfim à Mönchengladbach, Marouane Fellaini à Everton, Steven Defour et Eliaquim Mangala à Porto, Axel Witsel à Benfica, Dieumerci Mbokani à Monaco, Milan Jovanovic à Liverpool. Il y a des paroles de l'époque qui m'ont poursuivi pendant toute ma carrière. Des discours de Luciano D'Onofrio. Il nous disait : Je n'ai pas acheté des joueurs pour qu'ils soient des braves mecs, je veux des joueurs de foot qui gagnent des matches, je veux voir du caractère, je m'en fous de ce que vous faites en dehors du terrain, montrez-moi vos qualités. Et Michel Preud'homme comparait notre parcours à une course cycliste : Là on aborde la montagne, on commence à monter, après ça va descendre pour aller au sprint final, et là il faudra être bien placés pour donner le coup de rein."

...des test-matches contre Anderlecht : "Il y avait une tension énorme, des gros duels et je ne sais pas comment Jan Polak et Marcin Wasilewski ont fait pour ne pas prendre une carte rouge. Nous aussi, on avait la rage, du sang dans nos yeux... C'était terrible, cette rivalité. Et la fameuse affaire Witsel - Wasilewski, au début de la saison suivante, c'était encore une suite indirecte des tests-matches. C'était une période où les matches entre le Standard et Anderlecht étaient des guerres, des matches où les joueurs étaient transfigurés, comme transportés dans un autre univers. Je compare ça à un clasico en Espagne, c'est parfois tellement violent que tu te demandes comment il est possible que le Real et Barcelone jouent comme ça. "

...des Diables Rouges : "Je pourrai toujours dire que j'ai joué avec la génération dorée du football belge, avec les gars qui ont terminé sur le podium de la Coupe du monde. Si j'ai un regret, c'est de ne jamais avoir marqué avec les Diables. J'ai joué neuf matches, le ballon n'est jamais rentré."