Cet EURO est décidément bien capricieux. On croirait presque se retrouver en Jupiler Pro League. Le jeu affiché par les Diables rouges est lui aussi sujet à quelques fluctuations. Les consultants ne cessent d'ailleurs de se contredire depuis dix jours. Ce n'est pas nouveau quand la folie du moment domine... La Belgique a entamé le tournoi avec un foot contrôlé et efficace contre la Russie, avant de sombrer dans un jeu stérile lors de la première mi-temps du match contre le Danemark. Il est d'ailleurs étrange que l'équipe ait été surprise par le système danois, qu'elle n'a visiblement pas réussi à anticiper. À ce niveau, ça ne devrait pas être permis.
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Cet EURO est décidément bien capricieux. On croirait presque se retrouver en Jupiler Pro League. Le jeu affiché par les Diables rouges est lui aussi sujet à quelques fluctuations. Les consultants ne cessent d'ailleurs de se contredire depuis dix jours. Ce n'est pas nouveau quand la folie du moment domine... La Belgique a entamé le tournoi avec un foot contrôlé et efficace contre la Russie, avant de sombrer dans un jeu stérile lors de la première mi-temps du match contre le Danemark. Il est d'ailleurs étrange que l'équipe ait été surprise par le système danois, qu'elle n'a visiblement pas réussi à anticiper. À ce niveau, ça ne devrait pas être permis. Mais ces Diables possèdent une arme plus géniale que jamais: le sens du but de Romelu Lukaku est aussi impressionnant que le sprint qui lui a permis d'initier le but égalisateur contre le Danemark. L'attaquant a ensuite mis les Finlandais à genoux, grâce à son sang-froid. Contre le Danemark, Kevin De Bruyne a réalisé des actions incomparables. KDB pense plus vite que les autres, comme il l'a encore prouvé par moments contre la Finlande. Sous le maillot national, De Bruyne a franchi un nouveau cap. C'est tout juste s'il ne se retrouve pas écrasé sous les superlatifs, mais il reste imperturbable. De Bruyne a également, depuis longtemps, accompli des progrès dans son analyse des matches. On peut ajouter les intuitions d'un Eden Hazard, en progrès manifeste, au talent du Joueur de l'Année en Angleterre. Grâce à eux, la Belgique figure toujours parmi les favorites de ce tournoi. Hazard reste sur une longue période marquée par les ennuis physiques et il doit encore davantage surmonter son appréhension dans les duels. Son entourage affirme pourtant qu'il n'a jamais été aussi fort physiquement. Contre la Finlande, Hazard a tenu bon pendant nonante minutes, sans problème. Ça promet pour l'avenir. Pourtant, le Diable rouge cherche toujours son rythme. La Finlande, une des équipes les plus faibles de cet EURO, n'a été vaincue que dans le dernier quart d'heure. En première mi-temps surtout, la Belgique a manqué de tempo et de mouvement. Les matches de poules ne constituent généralement qu'une entrée avant le plat principal, qui ne se déguste vraiment qu'à partir des huitièmes de finale. Les Diables n'ont pas le monopole de l'irrégularité. La France ne développe pas le football aventureux qu'on est en droit d'attendre d'une équipe de ce calibre. Comme si elle se laissait étouffer par le schéma de Didier Deschamps. C'était déjà le cas durant le Mondial 2018. Face à la France, l'Allemagne a étalé ses limites dans le rectangle, mais a par après rendu une belle copie contre le Portugal, en inscrivant quatre buts. Pourtant, sans véritable avant-centre, il sera difficile d'être sacré champion. L'Espagne en est l'exemple le plus frappant, elle qui s'est montrée incapable de prendre la mesure de la Suède et de la Pologne. Dans les matches du premier tour, les intentions offensives ont souvent été étouffées par un excès de prudence. En 2016, le Portugal a été sacré champion d'Europe alors qu'il avait concédé trois nuls en poules, et n'avait terminé qu'en troisième position dans son groupe. Avec un neuf sur neuf, les Diables sont plus avancés et ne peuvent que progresser au fil du tournoi. Ils ont un attaquant en pleine bourre, une bonne dose de classe pure via De Bruyne et Hazard un cran derrière et un gardien de but sûr. Quatre piliers qui doivent mener les Belges à Wembley, en passant par Séville et Munich. Ils en ont le potentiel. Mais ceux-ci doivent jouer de façon plus régulière sur l'ensemble de leurs matches. La rencontre face à la Finlande l'a mis en évidence. Les six jours de repos vont faire du bien à l'équipe, de même que des déplacements en avion moins contraignants.