1. À la fin de ton contrat à Eupen cet été, tu es resté six mois sans club. Tu as pensé à arrêter?
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1. À la fin de ton contrat à Eupen cet été, tu es resté six mois sans club. Tu as pensé à arrêter? Pas une seconde. Et pourtant, j'ai reçu des propositions pour arrêter le foot cet été. J'aurais même pu intégrer un staff de D1A, mais ce n'était pas mon heure. Mon agent, Mogi Bayat, m'avait pourtant prévenu que ce serait compliqué de retrouver un club vu la situation sanitaire mondiale et la situation financière de nos clubs. Ce qui fait que j'ai eu des touches, mais pas d'offre concrète sur papier, comme souvent. Après, je connaissais mon âge et je sais qu'à 35 ans, on ne fait plus figure de priorité, mais quand je vois le nombre de joueurs de ma génération qui pourraient encore rendre de fiers services à certains clubs et qui sont aujourd'hui au chômage, je me pose certaines questions sur le mode de fonctionnement de nos dirigeants. Regardez Bruges, qui marche sur le championnat depuis deux saisons. Ce n'est pas une équipe composée uniquement de jeunes, loin s'en faut. C'est un mix réussi entre joueurs d'expérience et jeunes promesses. Ou oublie souvent l'apport des anciens. 2. Typiquement, tu es un joueur qui a toujours dû se battre pour rebondir. Comment tu l'expliques? Il y a onze ans, je suis monté de D2 en D1 avec Eupen. Un an plus tard, je reprenais l'ascenseur avec Charleroi. Tout ça pour vous dire quoi? Que l'on ne m'a jamais rien donné. Ce que j'ai eu dans ma carrière, la Ligue des Champions, le titre avec Gand en 2015, j'ai été le chercher. Le tournant pour moi, c'est d'être arrivé à Gand avant Vanhaezebrouck. Parce que si je n'arrive pas avant Hein, jamais je ne suis titulaire à La Gantoise. Quand le coach est arrivé, je n'étais pas son premier choix, loin de là. Mais comme j'étais là, il a été obligé de me prendre en compte. Il a vu que je me donnais en préparation et la sélection naturelle s'est opérée. Ça s'est passé exactement de la même manière avec Renato Neto, Nana Asare ou Laurent Depoitre. Nous ne sommes pas des joueurs bankables, nous sommes des travailleurs. 3. Comment se sont passés les premiers contacts avec Seraing cet automne? Via Mario Franchi, le président. Étant passé par Metz en 2018, le club avait encore de bons souvenirs de moi et Seraing avait besoin d'expérience. Ça ressemblait donc à un win-win. J'apportais mon expertise du haut niveau au club et je retrouvais une place dans un groupe ambitieux et surtout un rôle privilégié auprès d'Emilio Ferrera, un coach hyper professionnel et dont j'apprends beaucoup. À 35 ans, je prends ça comme une bénédiction de m'enrichir de son savoir. Ses entraînements sont passionnants, ça me grandit beaucoup en tant qu'homme et en tant que futur entraîneur. 4. Dans le vestiaire des Métallos, on en est forcément à se projeter sur ce match de barrage contre le 17e de Pro League. La montée en D1A, le club y pense déjà? Emilio est justement très fort pour ça. Il a tout fait pour que ça ne pollue pas trop vite nos pensées. Il fait un travail mental extraordinaire avec les jeunes joueurs. Beaucoup n'ont jamais connu la D1, découvrent à peine le professionnalisme. Pour eux, c'est important de ne pas faire tout un monde de cette rencontre de barrage. Tout en ne refusant pas l'obstacle. L'idée, c'est d'inculquer à ce groupe très jeune une mentalité de gagnant, mais de le faire progressivement. Sans brûler les étapes. 5. Arrivés tous deux de D1B l'an dernier, OHL et le Beerschot ont prouvé cette saison qu'il n'y avait pas forcément besoin de chambouler de manière conséquente son noyau pour rivaliser avec les meilleurs un cran plus haut. Tu penses que l'équipe de Seraing actuelle aurait sa place en D1A? Honnêtement, non. Leurs noyaux étaient beaucoup plus conséquents et bien mieux balancés. Normal, on parle là d'équipes dont la montée était un objectif clair et annoncé. Ici, à Seraing, l'appétit est venu en mangeant, mais le club sait qu'il va devoir transférer si jamais il accroche la promotion en fin de saison, parce que l'équipe manque cruellement de joueurs d'expérience.