Au crépuscule d'une époque où Kim Clijsters et Justine Hénin faisaient la loi sur les courts, le costume de numéro un mondiale avait fini par se fixer, pendant plus d'un an, sur les épaules de Caroline Wozniacki. Alors incapable de remporter un tournoi du Grand Chelem, la Danoise était à la fois l'incarnation d'un tennis féminin en quête de patronne, et le bouc émissaire idéal de ceux qui aiment dénoncer l'absurdité des méthodes de classement de la balle jaune. Rois sans couronne bien installés sur le trône de la hiérarchie mondiale, les Diables ont-ils cet étonnant parallèle à l'esprit en montant sur la pelouse du Parken Stadium, sur les terres de la tenniswoman ? Difficile d'imaginer leur esprit accaparé par quelqu'un d'autre que Christian Eriksen, omniprésent dans les tribunes et les coeurs danois.

Un coup d'oeil approfondi vers le décrié classement FIFA invite pourtant à prendre la juste mesure des hommes de Kasper Hjulmand, loin d'être entrés dans le top 10 par hasard. En cet après-midi de juin, le classement qui ment le plus est celui du groupe. Il raconte une défaite locale, l'une des deux seules à domicile depuis 2016, face à la Finlande en ouverture de la compétition. L'autre accroc des Vikings sur leurs terres, c'était à l'automne dernier face aux Belges. Sur les trois défaites subies par le Danemark entre le Mondial et le coup d'envoi de l'EURO, deux portent la marque du Diable

Déjà privé de Kevin De Bruyne et Eden Hazard, Roberto Martinez avait alors confié l'espace entre les lignes à Dries Mertens et Yannick Carrasco, et les clés de la défense à Jason Denayer. Après un gros pressing initial des locaux, qui avait presque offert l'ouverture du score à un Kasper Dolberg venu chasser les pieds de Simon Mignolet, le Lyonnais des Diables avait profité du premier corner de la rencontre pour éteindre un Danemark aux jambes en dynamite. Les histoires se ressemblent, mais oublient de se répéter. Parce que les tribunes sont cette fois peuplées de 23.000 locaux en mission, et que la première intervention de Jason Denayer fait trembler les filets du mauvais côté (1-0).

LES FAILLES NATIONALES

Installés dans un 3-4-2-1 qui fait office de miroir avec le système belge, les Danois installent des duels à tous les coins du terrain. Et les gagnent tous, ou presque. Le premier quart d'heure est bouclé avec 72% de duels gagnés par les hôtes du jour, et cinq tirs à un en leur faveur. La Belgique ne respire qu'après dix minutes, quand le ballon s'arrête pour rendre hommage à Eriksen. Le Danemark emmène le Diable dans la salle de torture, et appuie sur toutes ses plaies à la fois.

Privée d'Hazard et De Bruyne pour faire sortir le ballon, la Belgique cherche forcément Romelu Lukaku, mais sa solitude est un cadeau pour un Simon Kjaer insurmontable au corps-à-corps. Mertens n'apparaît jamais, Carrasco est soigneusement enfermé et quittera la pelouse sans le moindre dribble réussi, et les rares respirations qui se font par les flancs ne sont qu'une prise d'air rapide avant de replonger la tête sous l'eau. Au cours des dix premières minutes, la Belgique rate plus d'une passe sur cinq. C'est le revers de la médaille de la précision diabolique du plan de jeu belge: tout le monde a fini par le connaître par coeur, à travailler de mieux en mieux la fermeture de ses routes de prédilection, plaçant des barrages que seul le talent peut contourner. Et pendant les trois premiers quarts d'heure, le talent est sur le banc. La Belgique donne alors l'impression de jouer dans un épisode de Scooby-Doo, trouvant un imposant monstre rouge derrière chaque porte ouverte vers le camp adverse. Il faudra attendre la 35e minute pour que Thomas Meunier touche le premier ballon belge dans le rectangle adverse. À ce moment-là, les Danois sont déjà entrés seize fois dans la surface de Thibaut Courtois.

L'intensité exceptionnelle d'un Danemark survolté par les circonstances et le marquoir se prolonge jusqu'aux phases de possession. Joakim Maehle percute comme un latéral brésilien, Pierre-Emile Hojbjerg rappelle pourquoi Pep Guardiola était tombé amoureux de lui quand il n'était qu'un adolescent au Bayern, et Mikkel Damsgaard se faufile entre les lignes. À la mi-temps, le meneur de poche de la Sampdoria a réussi quatre dribbles, autant que toute la Belgique.

Il ne manque que les buts à ce récital d'intensité et d'audace. Les Diables plient sans se briser, malgré un Jan Vertonghen qui semble diminué, et recule tellement qu'on dirait qu'il veut s'asseoir en tribune, effrayé par la vitesse de Martin Braithwaite. Le capitaine entraine Denayer et Leander Dendoncker dans son sillage et, comme les attaquants belges ne désespèrent pas de retrouver le ballon, ils finissent par placer Youri Tielemans au milieu d'une autoroute où les bolides danois passent trop vite pour tenter de gérer la circulation. Partagée entre deux plans, la Belgique n'en choisit aucun des deux, et finit ses trois quarts d'heure de plongée dans l'eau tiède sur une nouvelle course menaçante mais finalement sans conséquence de Braithwaite.

L'HEURE DES AVENGERS

Balayé en première période par le plan de Kasper Hjulmand, Roberto Martinez réagit en un temps et deux mouvements. Dries Mertens quitte une pelouse sur laquelle il ne semble jamais être monté, et Kevin De Bruyne s'installe au coeur du jeu, entre le milieu et la défense danoise, sans avoir d'autre place indiquée que celle que le ballon réclame. Surtout, il se place hors de portée de Simon Kjaer, dont Martinez éloigne également Lukaku pour le mettre un peu plus à droite, dans la zone d'un Jannik Vestergaard qui semble être la pièce la moins robuste de l'édifice danois. Surtout, le défenseur de Southampton est celui qui ose le moins accompagner son adversaire dans ses décrochages. À charge de Big Rom' d'afficher cette faiblesse que Mertens n'a pas pu révéler.

Si le premier tir de la seconde période est encore de couleur locale, la Belgique s'éveille à droite. D'abord quand Tielemans alerte Meunier dans le dos de la défense, puis quand une approximation de Vestergaard permet à Lukaku d'appuyer sur le champignon. Trop éloigné d'un 9 diabolique sorti de ses griffes, Kjaer ne peut que constater les dégâts: un bulldozer avec un moteur de F1, qui finit son oeuvre par un ballon glissé en retrait à KDB. La suite bascule dans l'irrationnel. Là où tout le monde voit les filets, De Bruyne voit un chemin. Celui vers Thorgan Hazard, alerté d'un ballon en coton au bout d'un contrôle qui envoie deux défenseurs et tout le Danemark au tapis (1-1).

Comme pour remettre une couche de hiérarchie, Martinez envoie Eden Hazard et Axel Witsel compléter ses Avengers à l'heure de jeu. Dès son premier ballon, le numéro 10 ingurgite la pression danoise et recrache la possession dans les pieds de son frère. La démonstration d'aisance relâche le pressing danois, et Toby Alderweireld en profite pour sortir la longue-vue. Alerté dans le dos de Vestergaard, Lukaku passe du point de corner au coin de la surface avec des pieds de ballerine sous des épaules de catcheur. Quatre touches et autant de passes plus tard, Kevin De Bruyne fait claquer la balle du gauche, avec la fluidité d'un imparable revers long de ligne (1-2).

LA MAITRISE ET LA MAGIE

La Belgique s'est invitée au fond des filets, mais toujours pas au coeur du jeu. Les Diables finiront par gagner un match qu'ils n'ont jamais maîtrisé, au bout d'un dernier quart d'heure de souffrance. Car si Kjaer sauve dans un tacle plein de classe et de désespoir un ballon caressé par Eden Hazard dans la course de Lukaku, le reste du sprint final se joue sur le côté gauche de la défense belge, transformé en boulevard par un Thorgan Hazard épuisé et un Jan Vertonghen anormalement fébrile. Sentant l'odeur du sang, Hjulmand envoie Skov Olsen jouer les requins dans la zone du cadet des Hazard, et il faudra la classe de Courtois, le flair d'Alderweireld et l'équerre du but belge pour éviter une égalisation logique sur les cinq dernières opportunités locales.

Le Diable s'impose au bout d'une dernière perte de balle de Tielemans pas convertie par Braithwaite, qui aura tiré plus de fois au but que toute la Belgique (sept tirs pour lui, six pour les Diables). Logique, dans une deuxième période qui aura vu les Danois toucher plus de ballons dans le petit rectangle diabolique que les Belges dans la grande surface adverse. Les symptômes chiffrés d'un match sans maîtrise, balayé par l'intensité locale (31 ballons récupérés dans le camp belge) et lors duquel, face aux bourrasques incessantes, le seul mérite des hommes de Roberto Martinez aura été de ne jamais s'envoler.

Si les hauteurs exceptionnelles atteintes par la prestation danoise ne doivent pas être négligées dans l'équation finale, la Belgique s'est exposée comme rarement depuis que le Catalan est aux rênes des Diables, même quand tous ses ténors étaient sur la pelouse. Parce que Martinez avait de sacrés lapins à sortir de son chapeau, deux tours de magie ont suffi pour transformer la déroute en trois points. Pour la suite, il faudra malgré tout penser à réinstaller des péages sur la route vers les gants de Courtois. Parce que dans le noyau belge, les faiseurs de miracles pensent plus au but adverse qu'au leur.

Par Guillaume Gautier

Au crépuscule d'une époque où Kim Clijsters et Justine Hénin faisaient la loi sur les courts, le costume de numéro un mondiale avait fini par se fixer, pendant plus d'un an, sur les épaules de Caroline Wozniacki. Alors incapable de remporter un tournoi du Grand Chelem, la Danoise était à la fois l'incarnation d'un tennis féminin en quête de patronne, et le bouc émissaire idéal de ceux qui aiment dénoncer l'absurdité des méthodes de classement de la balle jaune. Rois sans couronne bien installés sur le trône de la hiérarchie mondiale, les Diables ont-ils cet étonnant parallèle à l'esprit en montant sur la pelouse du Parken Stadium, sur les terres de la tenniswoman ? Difficile d'imaginer leur esprit accaparé par quelqu'un d'autre que Christian Eriksen, omniprésent dans les tribunes et les coeurs danois.Un coup d'oeil approfondi vers le décrié classement FIFA invite pourtant à prendre la juste mesure des hommes de Kasper Hjulmand, loin d'être entrés dans le top 10 par hasard. En cet après-midi de juin, le classement qui ment le plus est celui du groupe. Il raconte une défaite locale, l'une des deux seules à domicile depuis 2016, face à la Finlande en ouverture de la compétition. L'autre accroc des Vikings sur leurs terres, c'était à l'automne dernier face aux Belges. Sur les trois défaites subies par le Danemark entre le Mondial et le coup d'envoi de l'EURO, deux portent la marque du DiableDéjà privé de Kevin De Bruyne et Eden Hazard, Roberto Martinez avait alors confié l'espace entre les lignes à Dries Mertens et Yannick Carrasco, et les clés de la défense à Jason Denayer. Après un gros pressing initial des locaux, qui avait presque offert l'ouverture du score à un Kasper Dolberg venu chasser les pieds de Simon Mignolet, le Lyonnais des Diables avait profité du premier corner de la rencontre pour éteindre un Danemark aux jambes en dynamite. Les histoires se ressemblent, mais oublient de se répéter. Parce que les tribunes sont cette fois peuplées de 23.000 locaux en mission, et que la première intervention de Jason Denayer fait trembler les filets du mauvais côté (1-0).Installés dans un 3-4-2-1 qui fait office de miroir avec le système belge, les Danois installent des duels à tous les coins du terrain. Et les gagnent tous, ou presque. Le premier quart d'heure est bouclé avec 72% de duels gagnés par les hôtes du jour, et cinq tirs à un en leur faveur. La Belgique ne respire qu'après dix minutes, quand le ballon s'arrête pour rendre hommage à Eriksen. Le Danemark emmène le Diable dans la salle de torture, et appuie sur toutes ses plaies à la fois.Privée d'Hazard et De Bruyne pour faire sortir le ballon, la Belgique cherche forcément Romelu Lukaku, mais sa solitude est un cadeau pour un Simon Kjaer insurmontable au corps-à-corps. Mertens n'apparaît jamais, Carrasco est soigneusement enfermé et quittera la pelouse sans le moindre dribble réussi, et les rares respirations qui se font par les flancs ne sont qu'une prise d'air rapide avant de replonger la tête sous l'eau. Au cours des dix premières minutes, la Belgique rate plus d'une passe sur cinq. C'est le revers de la médaille de la précision diabolique du plan de jeu belge: tout le monde a fini par le connaître par coeur, à travailler de mieux en mieux la fermeture de ses routes de prédilection, plaçant des barrages que seul le talent peut contourner. Et pendant les trois premiers quarts d'heure, le talent est sur le banc. La Belgique donne alors l'impression de jouer dans un épisode de Scooby-Doo, trouvant un imposant monstre rouge derrière chaque porte ouverte vers le camp adverse. Il faudra attendre la 35e minute pour que Thomas Meunier touche le premier ballon belge dans le rectangle adverse. À ce moment-là, les Danois sont déjà entrés seize fois dans la surface de Thibaut Courtois.L'intensité exceptionnelle d'un Danemark survolté par les circonstances et le marquoir se prolonge jusqu'aux phases de possession. Joakim Maehle percute comme un latéral brésilien, Pierre-Emile Hojbjerg rappelle pourquoi Pep Guardiola était tombé amoureux de lui quand il n'était qu'un adolescent au Bayern, et Mikkel Damsgaard se faufile entre les lignes. À la mi-temps, le meneur de poche de la Sampdoria a réussi quatre dribbles, autant que toute la Belgique. Il ne manque que les buts à ce récital d'intensité et d'audace. Les Diables plient sans se briser, malgré un Jan Vertonghen qui semble diminué, et recule tellement qu'on dirait qu'il veut s'asseoir en tribune, effrayé par la vitesse de Martin Braithwaite. Le capitaine entraine Denayer et Leander Dendoncker dans son sillage et, comme les attaquants belges ne désespèrent pas de retrouver le ballon, ils finissent par placer Youri Tielemans au milieu d'une autoroute où les bolides danois passent trop vite pour tenter de gérer la circulation. Partagée entre deux plans, la Belgique n'en choisit aucun des deux, et finit ses trois quarts d'heure de plongée dans l'eau tiède sur une nouvelle course menaçante mais finalement sans conséquence de Braithwaite.Balayé en première période par le plan de Kasper Hjulmand, Roberto Martinez réagit en un temps et deux mouvements. Dries Mertens quitte une pelouse sur laquelle il ne semble jamais être monté, et Kevin De Bruyne s'installe au coeur du jeu, entre le milieu et la défense danoise, sans avoir d'autre place indiquée que celle que le ballon réclame. Surtout, il se place hors de portée de Simon Kjaer, dont Martinez éloigne également Lukaku pour le mettre un peu plus à droite, dans la zone d'un Jannik Vestergaard qui semble être la pièce la moins robuste de l'édifice danois. Surtout, le défenseur de Southampton est celui qui ose le moins accompagner son adversaire dans ses décrochages. À charge de Big Rom' d'afficher cette faiblesse que Mertens n'a pas pu révéler.Si le premier tir de la seconde période est encore de couleur locale, la Belgique s'éveille à droite. D'abord quand Tielemans alerte Meunier dans le dos de la défense, puis quand une approximation de Vestergaard permet à Lukaku d'appuyer sur le champignon. Trop éloigné d'un 9 diabolique sorti de ses griffes, Kjaer ne peut que constater les dégâts: un bulldozer avec un moteur de F1, qui finit son oeuvre par un ballon glissé en retrait à KDB. La suite bascule dans l'irrationnel. Là où tout le monde voit les filets, De Bruyne voit un chemin. Celui vers Thorgan Hazard, alerté d'un ballon en coton au bout d'un contrôle qui envoie deux défenseurs et tout le Danemark au tapis (1-1).Comme pour remettre une couche de hiérarchie, Martinez envoie Eden Hazard et Axel Witsel compléter ses Avengers à l'heure de jeu. Dès son premier ballon, le numéro 10 ingurgite la pression danoise et recrache la possession dans les pieds de son frère. La démonstration d'aisance relâche le pressing danois, et Toby Alderweireld en profite pour sortir la longue-vue. Alerté dans le dos de Vestergaard, Lukaku passe du point de corner au coin de la surface avec des pieds de ballerine sous des épaules de catcheur. Quatre touches et autant de passes plus tard, Kevin De Bruyne fait claquer la balle du gauche, avec la fluidité d'un imparable revers long de ligne (1-2).La Belgique s'est invitée au fond des filets, mais toujours pas au coeur du jeu. Les Diables finiront par gagner un match qu'ils n'ont jamais maîtrisé, au bout d'un dernier quart d'heure de souffrance. Car si Kjaer sauve dans un tacle plein de classe et de désespoir un ballon caressé par Eden Hazard dans la course de Lukaku, le reste du sprint final se joue sur le côté gauche de la défense belge, transformé en boulevard par un Thorgan Hazard épuisé et un Jan Vertonghen anormalement fébrile. Sentant l'odeur du sang, Hjulmand envoie Skov Olsen jouer les requins dans la zone du cadet des Hazard, et il faudra la classe de Courtois, le flair d'Alderweireld et l'équerre du but belge pour éviter une égalisation logique sur les cinq dernières opportunités locales.Le Diable s'impose au bout d'une dernière perte de balle de Tielemans pas convertie par Braithwaite, qui aura tiré plus de fois au but que toute la Belgique (sept tirs pour lui, six pour les Diables). Logique, dans une deuxième période qui aura vu les Danois toucher plus de ballons dans le petit rectangle diabolique que les Belges dans la grande surface adverse. Les symptômes chiffrés d'un match sans maîtrise, balayé par l'intensité locale (31 ballons récupérés dans le camp belge) et lors duquel, face aux bourrasques incessantes, le seul mérite des hommes de Roberto Martinez aura été de ne jamais s'envoler.Si les hauteurs exceptionnelles atteintes par la prestation danoise ne doivent pas être négligées dans l'équation finale, la Belgique s'est exposée comme rarement depuis que le Catalan est aux rênes des Diables, même quand tous ses ténors étaient sur la pelouse. Parce que Martinez avait de sacrés lapins à sortir de son chapeau, deux tours de magie ont suffi pour transformer la déroute en trois points. Pour la suite, il faudra malgré tout penser à réinstaller des péages sur la route vers les gants de Courtois. Parce que dans le noyau belge, les faiseurs de miracles pensent plus au but adverse qu'au leur.Par Guillaume Gautier