"Croire que mettre hors-circuit Bayat et Veljkovic va suffire pour retrouver un foot clean est illusoire"

12/10/18 à 14:30 - Mise à jour à 14:34

Source: Sportmagazine

Pour Thomas Bricmont, notre journaliste spécialiste du dossier de fraude, les pratiques douteuses sont partout.

"Croire que mettre hors-circuit Bayat et Veljkovic va suffire pour retrouver un foot clean est illusoire"

Mogi Bayat. © BELGAIMAGE

Avez-vous été surpris par les révélations faites ces derniers jours ?

Non, ça n'a rien de surprenant. Beaucoup de gens étaient au courant de l'existence de pratiques douteuses. Dans le milieu, tout le monde en parle mais il faut des preuves pour pouvoir l'écrire. La presse a néanmoins sa part de responsabilités, elle ne s'est jamais réellement impliquée dans ce genre de dossier. Ce qui m'a toujours dérangé, c'est que l'on retrouve systématiquement les mêmes dirigeants qui travaillent avec les mêmes agents. Ils ramènent des joueurs aux qualités discutables et touchent d'énormes commissions. Quel est l'intérêt pour les clubs de fonctionner de la sorte ? Avant l'arrêt Bosman, les dirigeants avaient le pouvoir dans le foot. Depuis lors, ce sont les joueurs et, surtout, les agents qui l'ont pris. Tout ça ne date pas d'hier, le football est gangrené depuis des années.

Qu'en est-il des arbitres impliqués dans cette affaire et des falsifications de matches ?

Concernant les matches truqués, il m'est arrivé d'avoir des doutes sur des matches. Des doutes entretenus par des témoignages. Mais de là à avoir des preuves, c'est tout autre chose. Par contre, il est évident que si un agent possède plusieurs joueurs dans deux clubs qui s'opposent, ça renforce les suspicions.

Cette histoire est-elle l'occasion de remettre de l'ordre dans le foot belge ?

Je l'espère mais croire que mettre hors-circuit Mogi Bayat et Dejan Veljkovic va suffire pour retrouver un foot clean est illusoire. Des commissions aux montants gigantesques qui ne répondent pas à la norme des 7-10%, ça arrive dans tous les clubs. Il y a des pratiques douteuses partout. D'autres agents sont dans le même schéma et les dirigeants sont également responsables. Il faut bien se rendre compte que l'on parle d'un système où tout est permis. Cela va sans doute néanmoins se calmer. On peut l'espérer.

Retrouvez un large dossier sur l'affaire de fraude qui touche le football belge dans votre Sport/Foot Magazine de mercredi prochain

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