Avant le coup d'envoi au Gaverbeek, Marc Coucke a fourni la scène du week-end quand, flanqué par Michael Verschueren et le responsable des stewards, il est allé parler à quelques centaines de supporters mécontents. Il aurait promis de renforcer l'équipe en janvier.
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Avant le coup d'envoi au Gaverbeek, Marc Coucke a fourni la scène du week-end quand, flanqué par Michael Verschueren et le responsable des stewards, il est allé parler à quelques centaines de supporters mécontents. Il aurait promis de renforcer l'équipe en janvier. C'était la première action publique de Coucke depuis l'invitation lancée le 3 octobre aux présidents de tous les clubs de supporters, via Twitter. D'aucuns auront pensé : mieux vaut tard que jamais. Le silence de la direction a autant énervé les supporters durs que le jeu développé. Herman Van Holsbeeck s'y prenait plus intelligemment : en période de crise, il tenait une conférence de presse et s'offrait en cible. Il gagnait ainsi du temps tout en donnant l'impression qu'il était de bonne volonté. Les supporters ont mal pris le refus de Luc Devroe d'assumer la responsabilité de ses transferts. Le dur verdict des fans qui ont accompagné l'équipe à Waregem ? Beaucoup de transferts, peu de qualité. Devroe traînait déjà une étiquette - son passé au Club Bruges - et son crédit n'était donc pas illimité. Les mauvais résultats - la victoire à Waregem n'était que la deuxième en neuf matches - n'ont fait que renforcer l'aversion des supporters envers Devroe. Ça a entraîné des actions telles que le boycott du coup d'envoi, en guise de protestation contre les quinze transferts entrants. " Une minute de retard par transfert raté ", a-t-on entendu au stade Arc-en-ciel. Les meneurs n'ont pas tenu compte de la jeunesse de Didillon, Dimata, Bakkali, Cobbaut et même Sanneh, que les conditions ont empêché d'exploiter leur marge de progression. Il n'empêche que les problèmes sont plus considérables qu'on ne le pensait initialement. Le noyau est déséquilibré - Didillon a peu de concurrence, il n'y a pas de doublure à Santini et Dimata - mais ce qui fait le plus défaut aux Bruxellois, ce sont des joueurs dotés du facteur X. Prenez Ivan Santini : le Croate va encore trouver le chemin des filets cette saison mais il n'est pas raffiné et n'est pas capable de forcer une action lui-même. Il n'est pas non plus logique qu'on demande subitement à Trebel de faire le jeu, délivrer des assists et marquer. Trebel obtiendrait un meilleur rendement comme plaque tournante derrière un joueur créatif. Et que dire des arrières Saief, Amuzu, Najar et Saelemaekers ? En soi, ils sont tous de bons footballeurs, mais ils sont absents du rectangle et de ses parages. Depuis que Vanhaezebrouck entraîne Anderlecht, ils ont disputé 4.852 minutes, l'équivalent de 53 matches, mais n'ont inscrit que deux buts. Le plus grand dénominateur commun de la défense est son manque de vitesse, de mobilité et de bagage footballistique. Devroe n'a jamais manifesté son soutien public à Vanhaezebrouck depuis le début de la crise mais les deux hommes sont toujours en bons termes. La semaine dernière, on a aperçu Devroe à quelques reprises dans le bureau de Vanhaezebrouck. Est-il donc surprenant que dimanche, après le coup de sifflet final, l'entraîneur ait pris la défense de Devroe ? " Je suis toujours resté serein. Je ne me laisse pas entraîner par l'agitation ", a commenté Vanhaezebrouck. " La manière dont on attaque des gens, parmi lesquels Luc Devroe, est scandaleuse. Oui, pour moi, c'est inacceptable. Dans la société actuelle, on peut démolir des gens très facilement. J'appartiens à une génération plus respectueuse. Je ne veux déclarer la guerre à personne mais nous devons réagir d'une autre façon. " Le groupe a envoyé le premier signal. Voir tous les joueurs courir vers le banc après le but de Bakkali était presque émouvant. C'était son premier goal pour les Mauves. À l'issue du match, Vanhaezebrouck a fait allusion à une mystérieuse théorie de complot visant à déstabiliser Anderlecht. C'était bien vu : chercher un ennemi commun est le meilleur moyen de souder ses troupes. Comme Anderlecht l'a découvert, le Flandrien peut aller très loin dans son raisonnement quand il est sous pression. " Nous sommes poursuivis, on tire sur nous de toutes parts mais ce groupe est uni sur le terrain. Nous savons que nous devons nous en tirer seuls. Cette joie affichée lors du but est un avertissement au monde : nous ne sommes pas morts. " Trebel et Cie ont prouvé qu'ils n'étaient pas las de leur entraîneur. Les collaborateurs proches de l'équipe n'ont encore jamais entendu un joueur critiquer Vanhaezebrouck. Ils n'ont pas oublié que l'entraîneur les a soutenus, même après une mauvaise prestation. Il leur reproche un manque de leadership mais c'est un détail. Vanhaezebrouck peut également compter sur un staff loyal, qui le soutient sans condition. HVH est très apprécié dans le vestiaire. Il a une grande gueule - du moins est-ce l'impression qu'il donne - mais il est très humain à l'égard de ses joueurs. Récemment encore avec Francis Ciske Amuzu. L'adolescent n'aime pas les interviews - sa timidité lui joue des tours. C'est Vanhaezebrouck qui l'a convaincu de bavarder avec la presse avant le match de coupe contre l'Union. " Tu vas y arriver, je vais parler. " Il a ainsi rassuré Amuzu. Vanhaezebrouck a été très soulagé par sa victoire à Zulte. Pourtant, il n'a absolument pas changé ces dernières semaines. Il a sans doute râlé davantage quand quelque chose n'était pas réglé comme il le voulait mais jamais il n'a perdu son emprise sur le noyau. Il a analysé les données GPS dans leurs moindres détails, il a observé le comportement de ses joueurs à l'entraînement et a insisté sur la discipline collective. Avec Hein Vanhaezebrouck ,Anthony Vanden Borre n'aurait pas déraillé - remember la chaise que l'ancien Diable Rouge a envoyée à la tête de Geert Emmerechts dans le vestiaire-, pas plus que Milan Jovanovic et Dieumerci Mbokani ne seraient systématiquement arrivés en retard à l'entraînement. Même en pleine crise, Vanhaezebrouck a continué à visionner les espoirs. Il y a deux semaines, il a assisté à un match de coupe des espoirs alors que seulement deux de ses joueurs étaient repris. Il se réfugie souvent dans un coin du premier étage à Neerpede pour regarder seul le match. Ces dix dernières années, aucun entraîneur des Mauves ne s'est autant engagé en faveur des jeunes. Le Flandrien a des ennemis à Neerpede. Il sait que ses idées se heurtent parfois aux habitudes. Un collaborateur proche décrit la situation en ces termes : Hein est un leader. Un homme doté d'un caractère fort. Il ne se laisse pas influencer et il préfère commettre ses propres erreurs.